Vanoise. Tour de la Grande Casse 2020

Rubrique: Reportages 24 août 2020

Un âne blessé en arrêt maladie pour la semaine. Une météo prévue floc ! floc ! Une équipe…ben ! on sait pas, plein de nouveaux ignares en joëlette. Une bande de clowns et de charlots. Bref ce séjour s’annonçait plein de chausses trappes !

Huit coussins indiens pour 4 rois mages, fous du volant, sur les startings blocs, prêts à s’envoler en roue libre vers les sommets !

Quoi de mieux qu’un apéro pour faire un trou dans la glace ?
« Tu viens d’où ? – Moi au p’tit déj je bois, du chouchen -T’as déjà fait des séjours ?- Tu aimes le couscous sans viande ? - Moi je chausse du 37. - Il est superbe ton camion Coco tagué – Vin de noix ou p’tit rosé ? – Tipi ou marabout ? - … »


Trois Eric, deux Marion, deux Sylvie. Aie !Aie !Aie ! On mélange tout et ça ira bien.

Tu entends l’accordéon ? Et les fifres ? Guillaume et Enzo, père, fils et sains d’esprit ont déjà branché la musique !


Une belle rencontre :
« Coucou, moi c’est Matthieu. Je suis très content, j’ai vu votre camion HCE. Je vous connais depuis longtemps mais c’est la première fois que je vous rencontre. Quel bel hasard ! Au boulot je construisais des vélos de champions. Ensuite, jusqu’à minuit, je concevais des joëlettes. Pas possible de continuer trop longtemps cette double vie. Je viens de quitter l’usine à vélos pour créer ma petite entreprise de conception de joëlettes et autres mécaniques adaptées en tous genre…
Super ! j’irai te voir un de ces jours à Nevers.
J’ai jamais fait de joëlette en montagne, je peux venir avec vous demain ?

Vive celle, … ou celui, qui a inventé l’eau froide ! Un bain matinal dans le torrent ? De l’énergie pour la journée.

« Où sont mes chaussures ? »... A l’évidence Margaux les a oubliées dans le véhicule parti hier soir à Pralognan. Par chance JP a de la famille à 200m du camping. Avec 6 enfants et 25 petits-enfants, y’a forcément une paire de 37 dans l’armoire à godasses. Elles te vont comme un gant Margaux !

Lorsqu’un petit cliquetis se fait retentir, tout est équilibré, surtout la joëlette.
Sylvie B. : équipe à pédales.
Thérèse : équipe des épilobes.
Valérie : équipe des semeuses.
Eric : sa faiblesse : le vide, sa force : sa troisième jambe.
Benji, le croqueur d’étoiles, montagnard impatient, levé aux aurores est prêt avant tout le monde. Bâtons à la main et gros sac sur le dos une heure avant de partir !

JP prend bien des notes, je le surveille.
Ca y est ça démarre. Une petite parade dans le camping, c’est HCE qui s’échauffe à HCE !

Les porteurs de l’équipe Thérèse viennent de démarrer. Ils ont enfin compris qu’il y avait une roue sous la joëlette et qu’il ne sert à rien de la soulever.

On passe aux choses sérieuses. L’échauffement est terminé. Il est 10h00 et temps de passer à la glace. Alors expédition au musée des glaciers, l’Espace Glacialis de Champagny. Tout ! Tout ! Tout ! nous saurons tout sur les glaciers… et leurs habitants.

Grande Motte, Grande Casse, Grand Bec, Grande Ruine, Grand Pré, Grande Glière, Grande Sassière et même Grand Paradis, nous nous sentons si petits au cœur de tous ces grands !

Ça y est on quitte Champagny le haut ! C’est tranquille. C’est plat. Super pour les nouveaux…presque déjà anciens. Ça monte un peu, ça redescend. Benjamin est en tête pendant que les joëlettes s’étalent. Bifurcation : on prend par le bas jusqu’à la première pausinette. Chez Enzo froide et JP givré, l’envie de se baigner se fait sentir mais la raison l’emporte sur le courant trop fort. JP mouille sa chemise puis la sèche sur le rocher. Enzo le circassien escalade l’autre rocher.
La salade de midi à peine sortie est vite remballée : Raf notre sauveteur précise que ce n’est qu’une pause graines ; la salade, faut attendre de la mériter !
Eric la marmotte tombe dans l’herbe, rigole et tout va bien. C’est reparti, la chemise encore mouillée.

Pause méridienne. C’est cool. Ça discute. On ne se connait pas encore bien. Tant mieux !
Enzo et JP se pressent de finir pour aller nager. Les pierres empilées les unes sur les autres,.. et sur l’eau, en franglais « stone stacking », sont les prémisses de l’équilibre parfait de notre troupe. L’indulgence des gardes est nécessaire : il est interdit de déplacer pierres et autres matériaux naturels dans un parc national, fusse pour du grand art !



Le chef nous appelle, faut y aller. La journée n’est pas terminée !

Tiens ! Benji n’est pas là ? Il a pris le chemin du haut. Pas de panique ! Il nous rejoindra plus haut.

Dans les premiers lacets, Elodie noue ses lacets mais sa semelle gauche se fait sournoisement la malle. Serflex et cordelettes de parapente la musèleront pour quelques kilomètres avant d’acheter des chaussures neuves demain à Tignes.

Bientôt le refuge de la Glière. Pour briser l’ennui de la piste, Raf le sauveteur nous propose un raccourci cabossé. Acceptation générale ! Avait-on vraiment le choix ? Ce test de difficulté est passé avec succès et sueurs chaudes… surtout pour ceux qui brûlent leur trop d’énergie dans des allers retours.

Soirée au refuge de la Glière. Détente, repos sur l’herbe, baignade et bain de boue au-dessus du refuge : le lac a laissé place à un stade de foot traversé par un torrent. Ce soir soupe au fromage et pâtes à rien car on croyais que le fromage c’était pour la soupe. Tous ensembles aux jeux de cartes et de magie. Le « The Mind », un jeu qui fait peur vu de l’extérieur !

Au milieu de la nuit Enzo le circassien se retrouve en travers sur les pieds des autres dormeurs. Sacré somme-en-bulle cet Enzo ! Il en perd son blanc chapeau, souvenir du Canada. Snif !!! Deux heures plus tard une chapelle miraculeuse lui offre un nouveau blanc chapeau oublié un jour par un autre étourdi. Chic !!!

Levés tôt, partis tôt !

On a gagné ! On a gagné ! HCE, lauréat d’un appel à projet du Parc de la Vanoise tire le gros lot : quatre jours d’accompagnement géo-glaçio-bota-flora-éco-environnemental par sept gardes et techniciennes -ciens du Parc ; et quatre jours de tournage d’un film par Denis. Ce thriller glaçant sera dans la sélection officielle du « Festival des vannes » 2021. Préparez vos jupettes longues et vos smokings verts et bleus pour monter les joëlettes sur le podium.

Les marmottes sont à l’heure. Marche tranquille vers la fromagerie d’alpage de Yolanda et Manu, beau et fort fermier. Tout ! Tout ! Tout ! nous saurons tout sur le Beaufort, pendant que les cochons, fifi riri et loulou se dorent au soleil. Nous salivons tous mais résistons à la tentation ! Benjamin, le croqueur d’étoiles, s’est coincé la mâchoire en croquant dans une meule. On a envie de creuser les fromages par en-dessous incognito. Les cochons font leur cirque ! Le petit spectacle des tirebouchonnés est bien apprécié.

Il n’est pas laid ce col du Palet. Ahah ! trop facile !!!

Aie Aie Aie ! Y-a des barres- de-cubes-de-béton-cages-à-toutous tout en bas ? Ils n’ont pas de chance les tignards. On y restera pas longtemps parce que « Mon dieu que la montagne est belle ! ».

La descente est dré dans le pentu. Elle est à l’aise Thérèse.

La pluie de 15h41 est ponctuelle et est pour nous, tignards d’une nuit.
On n’a pas fini la descente et on est tous mouillé. On monte le marabout, bout d’ficelle bout d’ficelle…
Lydinette à la fourchette dirige le concerto de casseroles en fa bémol vaut mi !
Les pieds dans la gadoue. On se remplit le bidou. Marre de la mare à boue !
Au dessert, il reste encore du souffle à Sylvie B et Jean-Claude B pour éteindre les bougies. Cent trente ans à eux deux, et toujours vaillants ! Nés le même jour, mariés le même jour et avec nous le même jour, c’est incroyable !
Fuyons le lac du marabout. On va se coucher, un peu serrés, tête bêche, les pieds dans le nez, sous le plancher d’arrivée du télécabine. Il pleut, il grêlonne, il éclaire, il tonne…


Au petit matin, on n’est pas trempé. Petit échauffement, pour se sentir plus flex.

Au petit déjeuner, tartines de confiture de rumex cueilli au séjour Val Montjoie 2019. Bing : cent trente-cinq euros la cueillette ! Ben, personne m’avait dit qu’on était dans une réserve !
Merci à la STGM, Société des Téléphérique de la Grande Motte, et à ceux qui dans la montée en 4x4, à 2 pieds ou 2 mains nous ont bien aidés en avançant 3 joëlettes et leurs passager en haut de la 1ère côte.
Arrivés au col, on a bien mangé. Enzo et JP, toujours givrés, font les manchots sur le névé.

En redescendant, Margaux, infatigable, pose son sac pour une balade au lac à cent mètre !
Descente du col de la Leisse avec un passage bien caillouteux. On se pose tous pour une pause !
Dix minutes jusqu’au refuge, prenons notre temps.
Enzo initie Raf le sauveteur à l’art des nœuds.
Nous sommes affalés sur l’herbe tendre à l’endroit où jadis se dressait un barrage EDF.
Oups ! Les coquins d’avant nous ont bu toutes les bières du refuge ? Heureusement y’a une fontaine à pression d’eau.

A 6 heures ce matin, Lydie, notre intendante, réquisitionne à pas de loup Gérard, Éric et Marion pour une mission pas impossible : redescente à Tignes, conduite du camion à Pralognan, remplissage à ras bord des 4 sacs à dos avec de quoi nourrir une bande d’affamés, portage jusqu’au refuge de la Vanoise, puis inch allah ! nous retrouver au refuge d’Entre Deux Eaux.


Pour les autres, réveil tranquille. La nuit a séché nos vêtements. Le soleil lèche avec gourmandise la glace aux parfums des sommets.
Tous au 1er balcon pour le spectacle des 3 rotations de l’hélico. En une demi-seconde le vent se lève et la bière descend… trop tard pour nous ! Quel spectacle, quelle force, quelle rapidité ! On en est tous décoiffés ! En 15 secondes c’est plié.

Après avoir embrassé nos amis d’un soir, la descente est bien reposante.
Pause botanique. Pas de chance ça ressemble mais ce n’est pas du génépi.
Arrivés devant le petit pont de bois, Thérèse pâlit à sa vue. Elle le traverse à pieds !
Aujourd’hui est un jour bien calme avec plus de pauses que de marche.

On arrive enfin au refuge d’Entre Deux Eaux. On joue pour passer une heure. Idem après le repas avec Raf qui nous offre un spectacle de mime incroyable ! Enzo et JP se lavent dans le bassin du refuge. Cette fois il est un peu plus large et les hanches passent mieux !

Ce matin Enzo n’est pas dans son lit, on le cherche partout ! A la place on trouve un clown ! Tant pis, ça fera l’affaire. On repart avec ce clown qui râle mais il est musclé. Un bouchon rouge sur le nez, il respire fort par la bouche. Il glisse, il tombe et il trébuche ! Quelle catastrophe !

Montée de bravoure avec en tête la joëlette des filles déchainées et leurs cris de guerre : « c’est à bâbord, qu’on chante… les plus forts ! » et les autres en écho 2 lacets plus bas : « c’est à tribord, qu’on chante…. les plus forts ! ». Andante crescendo ! Normal ça monte.

Pause du souvenir au bunker. Etait-il français, allemand, italien ? Un indice : l’entrée est surmontée d’une croix de Savoie.

Thérèse s’est mis une écharde dans la main. On cherche un chirurgien ! La chance, le clown est chirurgien et hop ! en trois coups de cuillère à pot c’est enlevé !
Merci aux jeunes Emilio et Tiago, de l’antenne de la Loire, égarés en famille en Vanoise, de nous avoir aidés sur la fin du col de la Vanoise ! "Qu’aurait-on fait sans Tiago ! " AhAh ! Trop facile Enzo !






Au refuge, c’est bal folk ! Puis Margaux, Enzo, JP et Benji vont faire des longueurs dans le lac au-dessous du glacier de la Grande Casse. Magique, inexplicable, époustouflant !

Le lendemain, jour de fin, qu’on espère jour sans fin. En hommage à Enzo… Molinari, sous le « Grand Bleu » du ciel, nous plongeons en apnée jusqu’à Pralognan. Pas de requins dans ces grands fonds mais des bouses de vaches et des tyroliennes.
On reprend notre respiration pour l’apéro clap de fin et chaque larme nous dit qu’elle reviendra bientôt
parce que, parce que … et même plus !
On s’installe peu à peu dans le camping en retombant peine à peine sur terre, la tête toujours dans les étoiles filantes !

SOMMAIRE :

Une équipe déchaînée, parfois déjantée,
Un AEM qui rassure,
Une intendante qui assure,
Du bien manger et du bien boire,
Un cadre de montagne exceptionnel,
Un accompagnement attentionné du Parc de la Vanoise,
Un joli film de Denis bientôt sur HCE-YouTube,
Des baignades quotidiennes pour les amateurs de sensations froides ou glacées,
Des accompagnateurs actifs à la joëlette, à l’accordéon, aux fifres, …
Des chants et des danses très folkloriques,
Du cirque, de la magie, des jeux, un clown,
De l’art nature… « land art » en franglais, empilé sur des cailloux,
Des livres d’or de refuges abondamment noircis de nos traces…
… avec phautes d’autographes volontaires ou excusées,
What else … et quoi d’autre ?




Vous l’aurez compris, ce séjour nous a tous Enchantés ! Ensorcelés ! Transcendés ! Envoûtés ! Émus ! Amusés ! Étonnés ! ...A à chacun son émotion !

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