Pierra Menta du 01 au 08 juillet 2017

Proposition de script pour un film autour des thèmes de la montagne, de la randonnée en joëlette et de l’amitié transgénérationnelle. Scénario inspiré de faits réels.

Proposition de titre

- Dramatisant : Voyage au bout du caillou

- Lyrique : Les chemins de l’espérance

- Inspiré : Retour à la montagne

- Marseillais : On a roulé sur la Pierra Menta

Synopsis

Début juillet, dans les Alpes françaises, une petite vingtaine de forcenés décident d’écumer les chemins du massif du Beaufortain avec pour seul bagage, une mule récalcitrante, une camionnette surchargée, une demi-tonne de bouffe et beaucoup de bières et de saucissons. Pour pimenter le tout, ils ne se connaissent pas ou peu et quatre d’entre eux se déplacent en joëlette* du fait de leur handicap.

Sept jours durant, ils vont affronter la montagne et tous ses dangers (chutes de marmottes, attaque de vaches, indigestion au Beaufort etc.). Soudés par ces multiples épreuves, les protagonistes se rapprocheront tout au long des sept jours et finiront par former une véritable équipe.




*Joëlette : instrument de torture inventé par un accompagnateur en montagne fou. Nécessite au minimum 2 tortionnaires pour un tortionné. Particulièrement novateur, il a pour fonction de moudre l’ensemble des muscles et des articulations de l’équipage sans distinction aucune entre les tortionnaires et tortionné.

Dans certaines régions reculées comme les Alpes Françaises, il est accessoirement utilisé pour transporter des personnes handicapées à mobilité réduite sur tout type de chemin, y compris les plus repoussants.

Rôles :

- Le héros : Meuhnon – mulet charismatique au caractère bien trempé. Figure de proue de l’équipe, il montre l’exemple en bombant fièrement le poitrail quand la pente se redresse ou qu’on lui augmente sa charge. Il est doté d’un 6e sens qui lui permet de se carapater à Zanzibar dès qu’il sent une entourloupe (généralement un chargement plus lourd, une montée plus sévère ou un tour en camion).


- La Taulière : Frédérique => elle ne tire pas de joëlette, elle tire le groupe ! Qui plus est avec un baby dans son ventre.

- Duo comique 1 : Libert / Thierry => l’entraîneur de badminton et le fan parisien ! PSG / LOSC en replay au quotidien

- Duo comique 2 : Jean le sculpteur / Meuhnon => pris dans une
relation passionnelle de type « je t’aime moi non plus », ce duo improbable évoluera tout au long de la semaine jusqu’à trouver l’équilibre

- Le trio fresher : Camille, Lise, Arthur, de l’université de Lyon, motivé par leur prof Thierry. Jauge d’énergie à 200% et éclats de rire en cascade.

- L’artiste : Evelyne => elle fait prendre la pose aux montagnes le temps de les croquer

- Le guru : Vincent => il utilise des techniques d’étirements sophistiqués capable d’endormir les foules

- Madame Pêchu : Monique => ce n’est pas très grand, mais ça remue !

- Le discret : Christian => aussi modeste qu’efficace, il se distingue par un breuvage aux bourgeons de sapins pas mal du tout

- Madame Lumineuse : Karine => « Putain c’est beau ! »

- L’officiel : Quentin => d’aucuns murmurent qu’il aurait été envoyé par le conseil d’administration de l’asso pour contrôler le nombre de saucissons ; ils vont pas être déçus…

- L’as du volant : Fangio Cricri, alias Christine, détentrice du record de nombre de chutes évitées sur joëlette

- Le fou du volant : Fangio Toine, alias Antoine, détenteur du record de nombre de cascades sur joëlette

- Le couple niais : Vincent & Inès

- Le local flegmatique : Fabien => il est envoyé en première ligne quand il faut approcher des chiens de berger qui ne parlent que le patois savoyard

- Le garde-manger l’intendant : René => un puit sans fond de nourriture solide et liquide (et de gentillesse)

Intentions de plans :
- Jour 1 : la mise à l’épreuve – montée à l’annexe du refuge de la Coire, au-dessus du village de Granier dans le froid, la pluie et la famine.


- Jour 2 : le baptême du caillou – belle balade au col des Génisses, au-dessus du Cormet d’Arêches avec vue sur tout le Cirque de St Guérin. Première confrontation avec les petits sentiers caillouteux, premières courbatures. Faute de frein fonctionnel, une des joëlettes double des VTT dans la descente.





- Jour 3 : la razzia – en manque de nourriture, l’équipe décide de mener un raid sur une fromagerie de Beaufort en contrebas. Repus, elle réintègre ses pénates après une sieste et une baignade bouseuse au Lac des Fées.


- Jour 4 : l’exode - nous quittons le Cormet d’Arêches pour changer de vallée et remontons vers le refuge de la Balme. Bivouac 5*


- Jour 5 : le jour de la punition – la montée impossible jusqu’au refuge de Presset. Très belle vue sur la Pierra Menta dont on profite plus ou moins en fonction des passages. Tout le monde finit la journée bien rincé. La soupe au refuge est appréciée.


Jour 6 : le jour de la rédemption. Descente de l’année jusqu’à Laval. En fait, ça ressemble plutôt à ça.


- Jour 7 : happy end, tout le monde repart le sourire aux lèvres !
Au vu de la haute tenue de ce scénario chargé en émotions comme un porte container ouzbek, au regard surtout du casting exceptionnel annoncé, la société de production Meuhnon & Cie souhaiterait se voir accorder par la présente une avance sur fourrage et cacahouète pour le prochain film.

Dans l’attente d’une réponse que l’on espère positive, toute l’équipe de tournage vous adresse ses plus sincères remerciements pour lui avoir permis de vivre ces beaux moments

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Val Maïra - 19 au 26 août 2017

Retrouvailles à Maljasset au bord de la rivière et dès le premier repas se dévoile une troupe internationale à l’humour décapant. En effet, on vient du grand-duché de Luxembourg, du Royaume de Belgique, du Comté de Uzès mais encore du petit duché d’Anjou, de Chartreuse, du Japon ou d’Espagne. Les présentations seront donc polyglottes, notamment en jeugueu, langue inventée par la famille de Catherine.

Après une première journée plutôt tranquille, on profite des premiers bains dans la rivière et surtout du premier feu de camp avec Antoine le guitariste et sa chorale composée tour à tour de Serge, Olivier, Elodie, Catherine et Yvette.

Lundi la journée avait plutôt bien commencé avec des tartines grillées au feu de camp par Luc, Charlot décide de nous faire une blague à tous. Il profite d’un moment d’inattention pour commencer la randonnée sans nous pour aller retrouver un groupe d’ânes plus haut. Gilles et Clara monteront presque jusqu’au col en petites foulées pour le récupérer. Le soir même Charlot retrouve avec joie ses congénères et toute la troupe s’installe sous la bâche bivouac au piquet tordu installé par Luc avec une technique surprenante (pas de photo c’est bien dommage).


Le mardi, Luc lance un concours : l’objectif étant d’en savoir le plus possible sur tout le monde. Les paris sont lancés, les questions fusent même si un favori se détache nettement… La montée au col se fait non sans efforts malgré les renforts de randonneurs rencontrés sur le chemin.



Au déjeuner, Charlot encore tout triste d’avoir dû quitter ses copains se fait attaquer par une horde de vaches. Au camping on retrouve Nadia qui a finalement adoré le long transfert en camion qu’elle redoutait un peu (beaucoup) ainsi que Christophe et Manon des amis de Luc qui nous accompagneront le lendemain. Notons que Christophe a découvert HCE dans un article de Femme Actuelle et l’a ensuite fait découvrir à Luc…

Blague de mercredi : « A quoi voit-on que le petit lu a sommeil ? Parce que Lu baille (Ubaye) » Merci Florent ! Cette journée pleine d’humour commencera par la visite du village de Chiappera puis départ pour une longue montée sur la piste militaire.

Une fois arrivés au bivouac, Catherine et Gilles se lancent dans un cours de Yoga pendant qu’Antoine nous prépare un feu à base de bouse de vache et que sous la bâche bivouac s’improvise un concours de bruit d’animaux. Une chute mémorable de la tente WC entraine au sol Serge et Hugo enlacés et riant aux éclats.

Un troupeau de chevaux sauvages passera un moment à observer Charlot et notre campement, puis un bref orage nous forcera à tous nous rassembler sous la bâche bivouac. Mais comme dit Hugo, « la pluie c’est bon pour les plantes » alors on relativise. Luc innove et crée le premier lit en hauteur vu en bivouac. Chantal se pavane sur son lit de bivouac.

Le jeudi sera une journée riche en émotion alors on attaque tôt et on se lève en même temps que le soleil. On n’oublie pas néanmoins de déclarer Florent vainqueur du concours et l’écoute faire la biographie de chacun.

La montée est raide mais on l’oublie grâce aux charades et autres blagues. Mais les passages techniques se profilent, on débâte Charlot et on fait passer les joëlettes une à une.



En attendant son tour, on écoute Élodie chanter.

Un long déjeuner aurait été mérité mais la météo en a décidé autrement et la pluie nous force à repartir rapidement. On attaque la très longue descente en direction de Larche. Le frein de la joëlette d’Aurélie lâche pile pendant la tempête de grêle, Antoine et Luc protégés par une bâche, tenue par Olivier, tentent de réparer au plus vite car Aurélie et Élodie attendent sous la grêle, même si au vu de leur rire, ça n’a pas l’air de les déranger plus que ça.



Chacun aura sa technique pour se protéger de la grêle, mais tout au long de la descente, on verra des capes de pluie sur le sol avec seulement des pieds qui dépassent.

Les conditions climatiques et l’escalade du matin auront eu raison de Christelle. Florent accepte avec joie de marcher un peu, sa joëlette, surnommée « joëlette SAMU » fera donc les allers-retours entre Christelle et lui. La dernière équipe partie chercher Christelle, qui aura tout donné pour son premier séjour, finira à la frontale. Heureusement super Nadia nous attend avec un repas tout chaud.

Vendredi on récupère. Ce sera bain dans la rivière, massage, coiffure et chant. On part seulement en fin d’après-midi pour un feu de camp au bord de l’eau. On sort le Molki, le frisbee. Même Charlot vient se mettre autour du feu avec nous. Nadia nous concocte un super Biryani (attention à ne pas confondre avec un vulgaire riz, ça risquerait de l’offenser). On chante, on discute, puis vient le moment d’un tour de table chargé d’émotion. On rentre dans la nuit au camping pour une courte nuit avant la séparation du lendemain.


Alors comme dit Yvette, qui pense à tout avant tout le monde : « Merci à vous les JJ*, à Nadia parfaite intendante, Luc qui assure en toutes circonstances, Chantal la timide, Aurélie qui n’a peur de rien, Christelle l’apprentie alpiniste, Catherine passionnée HCE, Laurence accro du pilotage (de joëlette), la belle Élodie, Solène pro de la joëlette, Clara et sa queue de cheval au vent quand elle court, Alix la jolie poupée souriante et attentive, Florent l’encyclopédie vivante, Hugo et ses grands sourires, Bernard aux pieds montagnards, Michel de bon conseil, Gilles discret et efficace, Serge, Jean-Luc et Édouard les 3 copains souriants et disponibles, Olivier le costaud sensible et Antoine le guitariste »

JJ : Joyeux joëlettistes

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Vercors Sud - 5 au 12 août 2017

Samedi
Retrouvailles à la gare de Valence TGV pour la majorité des troupes qui bientôt font route vers Pont en Royans et Choranche (alt 260 m).

Le séjour se passe dans les gorges de la Bourne et le plateau d’Ambel, le menu est alléchant dans le relief et sa diversité…

Dans un emplacement réservé du camping municipal équipé de sanitaires honorables mais limités, les marabouts sont vite montés sous le regard ébahi des mitoyens Allemands, Belges, Italiens et Hollandais... Ils sont surpris aussi par nos amis randonneurs sur leurs véhicules à roulettes... et à quatre pattes. Charlot est au centre de la curiosité naissante des co-campeurs.

Le pot d’arrivée traditionnel conforte les participants dans leur détermination de passer une semaine sportive… et l’identification individuelle au cours du tour de table de présentation confirme les connaissances antérieures faites sur d’autres séjours.

Une belle famille de quatre est applaudie, comme notre AEM Yannick et l’intendante Édith. Ainsi que Jonathan, Émilie, Pauline et Bruno qui vont être bien entourés, tout comme Hervé en recherche d’équilibre.

Un abri en dur, bien aéré avec tables et bancs nous est réservé près des tentes et il sera bien utile… !

Très vite on va entrer dans le vif du sujet, car la journée d’initiation aura lieu dès le lendemain en départ vers le bivouac, la météo future ne se prêtant pas à une totale sérénité…

Dimanche
Ainsi donc dès le matin, transfert vers le col de Romeyer. Les véhicules sont laissés à un terminal de ski de fond. On va cheminer sur le GR du pays des Coulmes, au dessus de la vallée sinueuse, dans une hétraie vallonnée propice à l’initiation de la joëlette pour les quelques novices, vite rassurés.

Déjeuner pique-nique ensoleillé au lieu-dit « le four » puis prolongation de l’initiation en sous-bois dans un paysage caillouteux de lapias et de roche sédimentaires riches en fossiles, jusqu’à l’abri de la Goulandière dominant le paysage avec le grand Veymont à l’horizon au midi, au milieu de ruines d’une ferme détruite en 1944, en cours de réhabilitation.





La nuit nous réserve un joli ciel étoilé, mais le réveil est frais et le petit déjeuner chaud est bienvenu…

Lundi
L‘air est pur, il fait chaud, le ciel clair va se couvrir de nuages alors que nous descendons au ras de la falaise de Presles, dans un sentier à fort dénivelé (D- 600 m en 2.5 km…) dans les arbres et éboulis, où la virtuosité naissante des pilotes est mise à l ‘épreuve… Tout comme la technique expresse de débâtage -rebâtage de Charlot dans les passages étroits entre roche et troncs… car les sacoches d’intendances et de couchage sont larges, le nouveau bât, pratique et bien accepté, demande cependant un peu de biceps...






Joli baptême du feu applaudi dès le retour à l’entrée au camping de Choranche vers 19h, belle journée riche en émotions… !

Un opulent dîner de pâtes avec fromages multiples et compotes de fruits termine la soirée, alors que Yannick expose le programme du lendemain… la météo prévoyant de la pluie, il envisage de monter en joëlettes à la grotte de Choranche... On va se coucher alors que les nuages s’amoncellent, demain est un autre jour…

Mais avant, une nuit d’anthologie nous attend... vers 4h30 et pendant une demi-heure, un orage diluvien réveille et regroupe les dormeurs de plein air, ou ceux aux tentes percées, sous les marabouts, alors que plusieurs actifs en slips élégants, recreusent les rigoles périphériques des abris, vidangent les poches d’eau des toiles distendues…

Mardi
Après une belle nuit aquatique avec sons et lumières… le réveil est un peu tardif, la matinée relax en séchage et essorages divers alors que la pluie fine et durable accompagne nos jeux intellectuels sous l’abri providentiel jusqu’à l’heure du briefing du déjeuner... Car Yannick s’adapte, et avec un humour opportuniste, profitant d’une éclaircie annoncée cet après midi, il propose d’aller visiter le Musée de l’Eau à Pont en Royans, après un transfert de 6 km en voitures…
Belle exposition avec tableaux pédagogiques, films, vidéos, rappel climatiques, géographiques, physiologiques, politiques, de cette molécule banale, H2O, et si précieuse…
On passera une petite heure en salle de conférence près du bar à eau (mais oui, on boit aussi de l ‘eau ...) à déguster, accrochés aux lèvres carminées d’une ronde animatrice exubérante décrivant avec poésie et réalisme les eaux dures, humides, sèches, salées, pétillantes, gazeuses, minérales ... naturelles ou non, au milieu de 2000 échantillons incolores mais non sans saveurs à découvrir…

A la sortie, pour rejoindre le parking, les rives aménagées de la Bourne nous permettent grâce au bitume enfin plat, de courir en joëlette sur une piste d‘athlétisme annexée au camping local…


Les troupes font face avec humour et fatalisme aux caprices du ciel, il pleuvine au camping alors que Yannick révise les bolides et change les plaquettes de frein en vue du lendemain.

Mercredi
Lever précoce (6 h) car il est prévu de monter a la grotte de Choranche où une visite est programmée pour 12h40… Pour s‘y rendre, il n’y a que 5 km dont 2 à plat , mais aussi 600m de D+ par un joli raidillon sur 2,5 km… Au départ à 8 h 30 du camping, la troupe va cheminer vers le sentier abrupt où, dans la joie des relais d’équipages doublés sur les joëlettes, et du portage intermédiaire des sacs, le convoi intrépide va progresser, de la sueur et des rires... sous le soleil matinal retrouvé…

On ne mettra que 3 heures pour arriver à la grotte… après un bel effort collectif et quelques émotions de nos passagers réjouis de l’ascension dans les rochers et broussailles avant le rejoindre le plat bitume du parking déjà envahi de voitures et camping-cars de touristes.





Un bref pique-nique avant d’entrer pour une heure dans la fraîcheur des lieux… et on va rouler à plat entre stala « ctites » et « mites » le long du cours d’eau souterrain, admirant au passage l’eau claire infiltrée à travers un plafond épais de 300 m de roches calcaires… !


Une belle salle de 18 m de haut et 60 m de diamètre inaugure la déambulation avec les joëlettes autour du lac illuminé, un guide amateur éclairé fan de spéléologie, explique la formation des voiles et baguettes de stalactites fistuleuses spécifiques de l’endroit...
Puis un arrêt écologique devant un aquarium hébergeant des Protées, apparentés aux tritons et salamandres. Originaire des grottes karstiques de Slovénie, parentes géologiques de celles du Vercors, ce rare et curieux animal cavernicole est hébergé expérimentalement pour étudier son mode de vie ralenti et son évolution.

Après le retour à l‘air libre, sous le soleil, et une halte pique-nique à la cascade du Tuf, c’est sur le chemin du retour, dans une désormais familière descente périlleuse décontractée dans les roulements de cailloux, que la passagère Émilie a réjoui ses pilotes avec un rap rafraichissant de circonstance « secouez-moi, secouez moi »… !

L’arrivée vers 17h30 au camping se fait en apothéose de marathoniens descendeurs de l’extrême… Et beaucoup avaient de l’énergie à dépenser pour aller encore se baigner dans le frais torrent au bas du camping, avant les douches et toilettes rituelles.

Débriefing et programme des jours suivants, alors qu’un belle charlotte aux fraises termine le diner… On va quitter le camping et migrer vers le refuge d’ Ambel, à 50 km au sud, la météo est incertaine, mais on sera en abri en dur, à 1220 m d’altitude quand même…

Jeudi
Légère pluie cette nuit et lever vers 7h pour une matinée riche en manutention... le départ prévu pour 10h, mais avant il faut plier le camp, marabouts, tentes individuelles, joëlettes et sacs, tout doit rentrer dans le camion et les voitures, même Charlot est docile et ponctuel pour l’embarquement…

Nous quittons les voisins belges et hollandais eux aussi éprouvés par les eaux du ciel avec des (in)fortunes diverses… Direction St Jean en Royans, puis le col de la Bataille et le parking de la Gardiol par une belle route encaissée et sinueuse qui nous monte mille mètres plus haut, dans les nuages…

Car la brume et le frais sont au rendez-vous… Une éclaircie providentielle nous permettra d’aller pique-niquer à un point de vue proche, sur une terrasse au dessus de Bouvante le haut.

Pause relaxante, avec dans le ciel des vautours, en face du vallon au ras des sapins et des rochers une harde de chamois paisibles et bien visibles, la bonne humeur et la torpeur digestive n’empêche pas les amateurs d’énigmes à proposer quelques facéties mathématiques…

Mais il est l’heure de gagner le gite d’Ambel, à une petite heure de marche près d’un segment du GR 53, ce qui est fait sans difficultés car c’est un faux plat montant sur une piste carrossable, le refuge (prévu pour 17 places…) est orienté au sud-est avec une arrivée d’eau dans un abreuvoir extérieur et un enclos pour écarter ovins et bovins qui paissent librement en ces lieux.

Un installation rapide dans la salle commune, ainsi que dans une remise sous le rez de chaussée, et un dortoir sous les combles (par échelle de meunier verticale…) et nous voilà repartis sous le soleil et quelques nuages vers le pas d’Ambel (1397 m) et la croix métallique qui le surplombe.







Un troupeau de 500 moutons, avec patous et berger sympathique font l’animation sonore alors que nous contemplons le vaste panorama du plateau vers le sud et le Crêt de la Dame (1506 m) dont l’accès est prévu demain, mais le vent réfrigérant abrège notre contemplation car le thermomètre indique entre 6 et 8 °…

Dîner à la chandelle et lampe frontale, puis couchage avec acrobaties pour les toilettes sèches (WC à l’extérieur...), Jonathan et sa coquille, Émilie et ses aides, la douce Pauline paisiblement lovée sur le bas-flanc collectif, Bruno pas si souple avec son humour monosyllabique, quelques manutentions collectives musclées et joyeuses dans la pénombre de cette improbable chambrée qui va enfin trouver, tard... le repos vespéral. Il y a de belles étoiles dans le ciel vers minuit, mais la météo n’est pas sympathique pour demain…

Vendredi
Réveil tardif à l’aube, car par les fenêtres ce n’est que purée blafarde et humide, bruine, pluie intermittente, vent frais (froid...) rien d’alléchant pour mettre le nez dehors, aucune visibilité à plus de trente mètres... même Charlot a fait des tentatives pour dormir à l’intérieur de la remise ou une dizaine de dormeurs récupéraient sans (trop) de ronflements…




Étant dans les nuages, on ne verra pas le soleil ce matin, un rare et furtif disque lumineux vers 11h alors que le berger et son aide passent nous voir… ils répartissent leurs brebis selon la météo et la présence parfois hargneuse des génisses sur le même territoire. On parle du loup, bien sûr, car il est de passage et s’implante, et la problématique écolo-économico-administrative ne laisse pas indifférents ces gardiens, paisibles et philosophes, de la vie pastorale en montagne.

Après une matinée de jeux divers et variés, pliages kirigami-origami, il est convenu de sortir à la moindre accalmie cet après midi... Édith l’intendante fait des prouesses sur un seul butagaz dans la pièce principale regroupant couchage, jeux, cuisine, séchage dans le bruit et les vapeurs d’une collectivité réduite au confinement par le climat..


Deux randonneurs extérieurs nous ont supporté cette nuit, et ce soir arrivera un jeune ménage avec enfant, ce sera une sympathique cohabitation…

Un créneau météo à 14h nous fait sortir les joëlettes, pilotes et accompagnants pour deux heures sur le GR 54 vers le refuge du Tubanet, histoire de prendre l’air et de se libérer d’un pesant enfermement... On n’ira pas à la tête de la Dame et notre bienvenu tour d’hier soir n’en prend que plus de valeur.

Pas de pluie, du vent et des sous-bois éclaircis alternant avec les pâtures parfois défoncées par les sangliers, c’est dans ce secteur qu’ à l’automne montent de (trop) nombreux randonneurs pour écouter le brame du cerf (on est à 30 minutes du parking…) qui a abondamment recolonisé le secteur, et notre berger pense que le loup, mieux qu’au Mac-Do, a le choix entre les cervidés et ses moutons… !

Retour au refuge alors que la pluie reprend... mais, pour nous, ce sera le temps du tour de table de clôture, autour d’un apéro revigorant et chaleureux…

Le climat n’a pas trop altéré les objectifs avec l’adaptation aux circonstances (merci Yannick !) le moral des troupes est au fond de la gamelle, (merci Édith !), les accompagnateurs, actifs ou non, ont fait tourner la machine HCE avec bonheur et efficacité... Béa, Claire, Sylvie, Julie, Jean-Pierre, l’autre Édith, Benoit, Isabelle, Malika, Alexis, Hervé, Marc, Vincent, Julien, Didier, Louis… On a apprécié les variantes culturelles, les raidillons assassins de mollets surchauffés, rappelé la fable amérindienne d’entraide du Colibri…

Samedi
L’opulent dîner d’hier soir (purée saucisses, multi fromages et crème mont-blanc) n’empêche pas un lever très matinal, car il y a des trains à prendre à la gare de Valence-TGV, et « on n’est pas rendu » ...

Dès 7h30, on quitte le refuge pour retrouver le parking où arrivent les parents de Pauline, (merci pour les kilos de nougats… !) C’est l’heure de refaire le chargement du camion, la répartition dans les voitures pour descendre mille mètres plus bas, dans la plaine, avec les horaires, les embouteillages du WE, le soleil retrouvé, et aussi le temps des adieux...

On est à l’heure, à 9h30 sur le parking de la gare et le hall TGV... On confie nos amis à roulettes aux gilets rouges de la SNCF, pour prendre les trains de retour… et l’on s’éparpille avec émotion, vers Quimper, Toulouse, Paris, Tours, Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble…

La sympathique diaspora HCE se retrouvera fin novembre à l’AG… !!!

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Sous les falaises des Fiz - 12 au 19 août 2017


Bon. On s’y met, à ce compte-rendu ? Si tu veux, je prends la parole.

Ouais, c’est encore une fois Mainon qui parle. J’en profite pour donner un petit message : je sais que comme j’évolue dans le bon sens, certains aimeraient qu’on m’appelle désormais Maioui. Sauf que j’ai été appelé Mainon depuis tout petit, que ce prénom est celui qu’utilisait ma première proprio, ainsi que Marie-Pierre, qui m’a dressé au port du bât. Pour mieux me souvenir d’elles et de leurs bons soins, et aussi parce que chez vous je crois bien qu’on ne change pas le prénom au fil des comportements, j’aimerais bien continuer à m’appeler Mainon. C’est joli, Mainon, non ? Ça fait tout doux à mes oreilles. Et j’aime bien me retourner quand on m’appelle ainsi.

Je sais bien qu’au début, je vous en ai fait voir de toutes les couleurs. Et que du coup, certains m’en veulent. Beaucoup même. Ils voudraient m’envoyer à la boucherie. Si, si, c’est vrai, je les ai entendus plusieurs fois.

Alors je vais vous dire comment je me suis comporté cette semaine. Je ne suis peut-être pas très objectif mais comme je ne sais pas taper à l’ordinateur, j’ai une secrétaire. Et celle-ci, quand j’exagère, elle sait bien me remettre en place, j’vous jure !

C’est elle qui est venue me chercher à Albertville. Mathieu m’avait trouvé parfait (oui, oui, Mathieu, celui qui m’aurait bien égorgé l’an dernier ! ) mais comme je venais de me taper 2h de camion et que la route n’était pas terminée, je n’ai pas voulu lui dire bonjour par la fenêtre.
Elle a pas trop mal conduit, me prévenant pour les virages.

Arrivés au camping, j’ai pu descendre enfin. Là, j’étais très content : je lui ai fait un beau brennissement (note de la correctrice : terme non validé par les dictionnaires officiels mais comme un âne braie et qu’un cheval hennit, un mulet doit bien pouvoir brennir !) puis je l’ai suivie avec plaisir dans mon parc. Pas de batterie : je suis tellement content d’être avec vous que maintenant je respecte bien le fil.

J’ai vu ensuite arriver Cécile.

Elle, je lui fais la gueule, mais j’ai oublié pourquoi. C’est pas grave. Je suis toujours en colère et quand elle est venue me dire bonjour, je lui ai tourné le dos. Elle va voir comment je fais avec les autres AEM, tiens !
Elle a fini par s’en aller accueillir le groupe. Je crois qu’elle est un peu triste.

Ce coup-ci, ils seront 23. J’ai bien entendu qu’au tour de table certains disaient qu’ils avaient peur de moi. C’est pas drôle à entendre mais je les comprends. Mais je suis content d’entendre aussi qu’ils ont peur du poids de leurs sacs (et moi, on en parle du poids de mon bât ! ), de la météo, d’essuyer les plâtres de ce nouveau séjour, de la difficulté, et des essais culinaires de Marie-Anne, l’intendante. Tu m’étonnes : ils vont bouffer du déshydraté tous les jours. Héhé !

Premier petit déj’. Premiers sourires. Mais quand même, c’est beaucoup trop tôt !

Dimanche, comme je boudais toujours, j’ai essayé de rentrer plus tôt au camping. Mais Cécile me connaît bien : curieux comme une chèvre, je me suis fait attraper … par un paquet de chips … Elle n’a même pas eu besoin de me tenir au licol pour me faire revenir. Par contre, elle m’a attaché ce coup-ci, et j’ai bien compris le contrat.
Comme il y avait 4 nouveaux, on a fait une petite journée d’initiation. Mais comme Maylis, Véro, Juan et Dominique assuraient grave, on a coupé droit dans le talus pour le retour. Pas de doute, c’est un séjour à la Cécile.

Lundi, on a dit adieu à la vallée des hommes et des voitures. On a laissé le camion aussi. Et là, j’ai un peu serré les fesses : 23 fous, pour 5 jours, ça fait quel poids sur mon dos ?

En fait, ce groupe a été parfait, lui aussi : chacun a porté sa gamelle, son bol, sa cuillère et son fruit chaque jour. A mon avis, j’y ai bien gagné 10kg.
Et puis, tout ce déshydraté ! C’était pour moi ! J’en ai eu la larme à l’œil (à moins que ce soit à cause du trajet avec la vitre du camion ouverte). Tous les cartons ont été portés par la jeep du gardien du refuge. Merci Lionel :-)
Du coup, lundi, mardi, et vendredi, je n’ai porté que les affaires de la journée. Et comme Marie-Anne, Cécile, et tout le groupe au diapason faisaient très attention à moi, tout était allégé au max.

Parce que quand même : j’ai beau être costaud, c’est moi qu’on charge le plus. Pas le p’tit pote Charlot. Pourtant, c’est moi qui fais le plus de séjours, qui me tape les plus difficiles, et qui suis le plus vieux (« j’ai 10 ans, je sais que c’est bien vrai, que j’ai dix ans »). J’étais quand même un peu fatigué, moi. Je me suis couché plusieurs fois bâté, cette saison. Et parfois, j’ai failli tomber de fatigue pour de vrai.

Bref, comme ils avaient l’air d’avoir envie de prendre soin de moi, j’ai décidé de prendre soin d’eux. Bah oui quoi, faut que ça aille dans les deux sens, non ?
Aujourd’hui, piste à jeep. D’habitude, je sais que Laetitia, ma secrétaire, n’aime pas trop ça. Mais ce coup-ci, c’était pas de la rigolade ...
(à part pour Salvatore, mais lui, il rigole tout le temps)


Une pente de fou, sous un beau grand soleil, on était contents de trouver un beau baquet, à midi.

J’ai bu un coup puis je suis allé me promener. Des fois, je me cachais juste derrière un gros rocher pour qu’ils aient peur que je sois parti. Hi hi. Mais je suis resté près d’eux, pour qu’ils ne m’attachent pas.
A un moment, ils se sont mis à genoux. Je trouvais ça un peu exagéré : j’avais pourtant montré ma bonne volonté. Mais je crois qu’en fait ils voulaient éviter l’effondrement de la montagne. Plutôt efficace leur méthode, tout est resté en place.

Au bâtage, j’ai rappelé à Cécile que j’étais de mauvais poil à cause d’elle. J’ai fait semblant de taper, de mordre. J’ai gagné ! Les autres sont en train de se dire qu’ils vont dire à Cécile de ne plus s’occuper de moi. Bien fait pour elle.
Sauf que paf, c’est elle qui commence avec moi la balade de l’après-midi. Alors qu’Audrey, Véro, Maylis se sont sans problème occupées de moi. Ça commence bien.

Avant d’arriver au refuge, on a croisé Jul’. Il est sympa, lui : comme la présence d’un mulet n’est pas réglementée dans la réserve, j’ai le droit de venir et de me promener comme je veux. Je vais pouvoir rester en liberté à midi et la nuit, top.

Il a expliqué pendant une heure le fonctionnement de la réserve et n’a même pas vu qu’on était que 21. Moi je le savais : je voyais Lénaïk et Myriam sur la terrasse du refuge. Même Pascal, le mari de Myriam, ne s’en était pas aperçu !

Quand on les a rejointes, j’ai moins rigolé : on m’a remis les affaires de bivouac sur le dos. Heureusement, il restait à peine 20 mn pour les chalets de Moëde. Cécile et Laetitia étaient venues le vendredi (sous la neige ! ) pour nettoyer un peu. Qu’est-ce que ça devait être ! Je suis allé y jeter un œil : ça sentait mauvais et c’était plein de poussière.


Du coup, je suis allé dormir un peu plus loin. Après avoir joué un petit moment à cache-cache autour du groupe. C’est rigolo de les faire courir après moi.
Le soir, on a encore vu plein d’étoiles filantes. Samedi soir, Yolande en avait vu une tellement longue et de si « près » qu’on avait entendu le bruit qu’elle faisait en brûlant.

Yolande, toute en distinction

Le matin, il y avait des moutons. Et là, c’est moi qui ai couru après eux. Aussi drôle que quand vous faites s’envoler les pigeons …

On s’est réveillé le 15 août. Déjà. C’est le jour du Col d’Anterne. Moi et mes copains, on est bâtés léger : nous dormirons de nouveau au chalet alors on a décidé de faire confiance et de laisser nos affaires de bivouac en bas.

Ça monte, c’est rude, tout le monde a très chaud. Mais du coup, les gens nous parlent, nous aident. Une des AEM d’HCE, Fred, dit dans un de nos films « c’est quand on en chie qu’on aime son voisin ». J’y pense souvent. Surtout là !
Ils n’avancent pas vite ces bipèdes, mais ça ne me dérange pas : quand c’est technico-ludique et avec une grosse pente, j’attends volontiers. Pour pouvoir tout monter à toute vitesse quand j’ai la place et que mon meneur m’y autorise. Maylis, une super p’tite nouvelle, a pu le constater. Chuis super fort à ce jeu là mais faut pouvoir me précéder et aller vite.

Une fois là-haut, belle vue. Je suis toujours content de pouvoir surplomber mon monde alors là je suis hyper content.

La bande décide qu’elle n’est pas assez fatiguée et hop, ils descendent au lac.
Ça vaut des points, r’marquez, de voir tout ce troupeau barboter dans l’eau glacée. Surtout Martine, avec ses brassards.

Et le Pierrot qui nous dit qu’il faut faire attention parce qu’il n’est pas très bon nageur !

Sauf que toute cette descente au lac, faut la remonter. Et avant l’orage. Aussitôt dit, aussitôt fait, la troupe remonte tout d’une traite. En pensant que la descente va être costaud aussi.
Laetitia a réservé son tour : c’est elle qui me guidera ce coup-ci. C’est vrai quoi, elle m’a encore pas vu ! A force d’être gentil avec tout le monde, elle en est punie.

Je descends donc volontiers, en premier. Arrivé dans l’herbe, je suis quand même un peu cuit. J’ai bossé dur tout l’été, moi, et je commence à vraiment le sentir. Je mange. Je laisse passer les joëlettes. Et je mange encore. Besoin de recharger mes batteries.

Au refuge d’Anterne, ils boivent tous un coup. Moi j’ai encore faim. On prévient tout le monde que je n’aime pas les caresses et je me gave d’herbe en bordure de terrasse. Puis retour aux cabanes de Moëde.
Je suis bien content de me rouler autant que je peux dans l’herbe et de voir arriver Cécile. Oui, oui, Cécile. Faut dire qu’elle sait me parler : elle m’apporte des céréales !
Pendant ce temps, Pauline, Audrey et Théo se marrent comme des bossus : ils s’occupent du trou pour les wc et s’autobaptisent experts en fosses septiques. Ces humains alors, je ne les comprendrai jamais tout à fait je crois.

Orage de fou cette nuit, mais je m’en fous : contrairement à Charlot qui s’imbibe (faites lui une cabane avec la bâche journée, il finit par en avoir de moins en moins peur), je suis étanche. Si vous ne me caressez pas, je n’aurai pas les poils du dessous mouillés.

Bon allez, encore une journée costaud. La 3°. Il est pas facile ce séjour, non ? Ce coup-ci, on va à la Chavanne de Villy. En passant par une belle tourbière, où nous retrouvons Jul’. Aujourd’hui, il nous parle des bestioles : aigle royal, vautour fauve, gypaète barbu (sa femelle aussi ?), faucons, y’a plein de piafs dans le ciel des Fiz.
Moi, je suis fatigué. En fin de matinée, j’ai eu du mal à garder le rythme qu’il faut pour ne pas me faire embarquer par mon bât. Laetitia, qui s’est fait mal au tendon, essaie de me faire faire des virages pour m’aider. Cécile m’a débâté au plus vite pour que je puisse me décontracter et faire mes roulades. C’est rigolo à voir pour vous, je sais. Et moi ça me soulage le dos. J’en fais plein en ce moment. Fin de saison difficile je crois.

Cécile reconcentre tout son petit monde pour la dernière descente. Je suis bien bâté alors je me débrouille comme un chef. Souvent, les gens s’inquiètent pour des passages. Mais je connais bien mon gabarit alors soit j’y vais, soit je m’arrête. Et quand je m’arrête, vous pouvez me laisser chercher un autre chemin : en général, comme j’aime pas quitter le groupe, je vous rejoins quand même.

Ils sont très beaux ces chalets de Villy. Je comprends pourquoi Cécile voulait nous y emmener. Elle me débâte au plus vite et hop, me flanque une clôture sous le nez ! Ce coup-ci, je suis en liberté et eux dans un parc mais quand même, je leur tourne ostensiblement le dos pour leur montrer que je boude. Non mais oh !

Heureusement, Marie-Anne, Cécile et Laetitia sont venues dormir avec moi. J’ai fait pipi juste à côté du lit de Laetitia quand elle est venue mais j’étais quand même content. Du coup, le matin, quand elles m’ont bâté, je suis resté sympa.

Ce coup-ci, la journée est cool. Enfin !

Ceci dit, elle semble cool surtout parce que les autres étaient dures. Car c’était quand même pas si simple.

Mais après le repas de midi et jusqu’au refuge, ce fut roulant. Par contre ils ont abusé : j’ai été chargé comme un double mulet pour la dernière partie de la rando. Je n’arrêtais pas de me coucher. Fatigue, douleur, je savais plus trop pourquoi mais il fallait que la journée se finisse vite. Maylis a vite pris un raccourci pour qu’on arrête d’attendre et hop, le lac de Pormenaz. Tout a vite été mis par terre, sans prendre trop le temps de discuter avec les HCEiens venus nous rendre visite, Jean-Pierre et Anne-Cécile. Je me suis roulé, mais roulé ! C’était trop bien.

Ce lac est magnifique et nous y sommes arrivés tôt. Du coup, ils se sont tous baignés. Sauf Juan, peut-être parce que c’est un des fils du Soleil.

Il paraît que les p’tits poissons, dans l’eau, mangent, mangent, mangent les petons. Moi je suis herbivore et je n’avais pas si chaud. Alors je ne les ai pas rejoints.





Une fois séchés, ils se sont mis à la cuisine. J’aimerais bien les aider mais quand j’y fourre mon nez, ils poussent de grands cris. Ça me fait rire alors j’y retourne exprès. Ou alors je fouille dans les sacs. Surtout celui de René l’copain. Je lui avais piqué son sandwich l’an dernier, au Grand Paradis. J’aime bien l’embêter parce que je crois qu’il m’en veut pas vraiment, en fait.

Je suis bien content d’être avec ce groupe de zouaves.


Je le montre en courant dans la pente, en faisant des cabrioles au milieu des sacs, en faisant des blagues. Je sais bien que je les fais rire et qu’ils n’arrivent pas à se fâcher pour de bon. En plus, j’entends bien qu’ils me trouvent beau quand je cours autour d’eux :-)
Et pis d’abord, Christian et ses potes, ils se sont bien amusés, eux aussi, je vois pas pourquoi je ne pourrais pas en faire autant.


Y’a juste Lénaïk, qui a très peur de moi. Faut dire qu’un âne d’HCE lui est passé dessus, il y a quelques années. Moi je ferai jamais ça, surtout si je suis en liberté, mais elle ne peut pas le savoir. C’est pas grave, un jour elle se rassurera.

En tous cas, Monique, elle, s’est rassurée. L’an prochain, je suis sûre qu’elle viendra me mener. Cette semaine, elle m’a tenu plusieurs fois et je suis resté très sage.

Pour la dernière journée, les pensées sont déjà ailleurs. Il faut retourner dans la vallée des hommes, des voitures et de la civilisation. On serait quand même bien tous restés là-haut.

Ce coup-ci, c’est Daniel, le chef de Jul’, qui redescend les affaires. Un grand merci à lui. Sinon j’aurai disparu corps et âme sous tout ce bazar.

Daniel, c’est le responsable des gardes de la réserve. Il travaille pour Asters. Asters, c’est l’association qui gère la réserve. Ils sont pas chouettes, tous ces gens ? Vivement qu’on les revoit l’an prochain !




Cécile et moi, on a de la chance, on va continuer de voir souvent le Mont Blanc et les joëlettes. Mais les autres, il faut qu’ils rentrent chez eux. Heureusement, on joue pour le dernier pique-nique. Moi, je voulais goûter à tout, comme les chèvres. Laetitia m’a prévenu mais j’ai continué à tenter une bêtise. Comme j’abusais, elle m’a attaché. Pas grave, je sais bien que de toute façon je serai au parc cette nuit.

Les nouveaux ont droit à leur baptême de joëlette. C’est Félix qui pilote celle de Juan. Tout le monde s’amuse à leur jeter des pommes de pin, des aiguilles, de l’eau… Celle qui en a le plus pris, c’est ma copine Cécile (oui, on s’est réconcilié finalement) : ils se sont tous défoulés sur elle sous prétexte de se venger de la difficulté du séjour. Mais ils veulent tous y revenir quand même !

En arrivant on s’est dépêché de me faire un enclos. Il fallait aussi vite monter le marabout : un orage de fou s’est abattu sur une bande de fous ! Il paraît qu’ils ont dû tenir la toile durant 30mn, tout en prenant le goûter.

Moi, j’ai eu très très, très très peur du tonnerre. Je suis parti en courant de l’abri précaire de mon arbre pour fuir. Mais j’ai encore plus peur du fil alors j’ai stoppé net. Je ne savais plus où j’habitais. J’étais terrifié. Laetitia est venue me voir mais je ne l’ai pas reconnue tout de suite. Heureusement, elle avait des céréales pour moi, ça m’a un peu réconforté. Elle m’a dit qu’elle allait dormir dans le marabout avec Cécile et Marie-Anne pour vider les poches d’eau. Ça doit être sympa car je les ai entendues rire jusqu’à 1h du mat’. Mais j’étais content de ne pas être tout seul, du coup. Les autres ont dormi dans la salle hors-sac. Heureusement qu’on a pas eu de colère du ciel durant le reste du séjour ! Il a fait très très beau jour et nuit. Séb a pu leur montrer les étoiles et c’était très chouette ça aussi.

Samedi matin, quand tout était rangé, je suis monté du premier coup dans le camion. Je voulais y aller avec Cécile, je ne l’ai même pas laissée sortir tellement je voulais lui faire plaisir. Les autres n’ont même pas vu que j’étais dans le camion tellement j’étais sage. Je suis très fier de moi. Laetitia et Cécile aussi, je crois. Je vais m’appliquer encore la semaine prochaine. Je suis fatigué mais ensuite j’aurai 10 mois pour me reposer. J’espère juste que l’an prochain ils feront encore plus attention au poids que je porte. Parce que moi, je progresse, et je veux bien rester encore 10 ans avec tout le monde, mais il va falloir faire gaffe : si j’ai mal au dos à force d’être mal bâté, ou avec trop de poids, je vais pas durer longtemps. J’ai déjà 10 ans, quand même !

Je compte sur vous tous hein ! Pensez aussi à mon copain Charlot, il est encore moins solide, lui !
Elle a raison la maman de la petite fille qui demandait pourquoi on faisait ça : « tout le monde a le droit à la montagne ». Même Charlot et moi. Non mais oh !

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Carpates roumaines du 16 au 30 juillet 2017

C’est une équipe décimée par 2 désistements tardifs qui prend l’avion à Lyon Saint Exupéry le 16 juillet. La météo des jours suivants ne sera pas clémente mais l’accueil toujours aussi exceptionnel des roumains va effacer toutes les difficultés et restera gravé dans les mémoires des participants.

A 4h du mat’ on s’carapate pour la Roumanie. Il manque 4 personnes. Oh ! bonheur Yves apparaît.
Quand aux 2 autres accompagnatrices, elles sont définitivement portées disparues !

Après un transfert par Amsterdam (il pleut) nous voila à l’aéroport de Bucarest.
Forte émotion, car Ana et Olivier sont très heureux de se retrouver.

Après un voyage en mini bus bleu (3h), nous voici à 1510 m d’altitude, au pied du massif de Bucegi. Nous serons hébergés pour 4jours au centre de formation de secours en montagne de Padina.

17 juillet : journée bitume
La météo fraîche et humide et la faiblesse des troupes vont nous faire renoncer à la montée vers l’Omul, le point culminant du massif. Nous resterons donc plusieurs jours dans le confort de Padina tout en découvrant les alentours.

Nous nous dirigeons vers le lac Bolboc pour l’initiation des nouveaux et dégrippage des anciens.

N’oublions pas les bonnes soupes, les bons petits plats, les bons desserts et la "palinka" de nos hôtes( Mircea et Doina).

18 juillet : mi bitume, mi vallons des dames

Aujourd’hui, Bernard n’a pas oublié son pique-nique ! Enfin nous quittons le bitume pour les alpages où paissent vaches, moutons, chevaux, cochons.... sans oublier les hordes de chiens "na la oi" (allez aux moutons) s’écrie Ana.
Retour au bercail les chaussures mouillées, bien entendu ! Ce n’est que le début.

19 juillet : la roue mène nulle part

Notre journée devait être féérique, montée en téléphérique, découverte des curiosités géologiques du massif telles que le sphynx, Babele (les vieilles dames), descente ludique, mais..... 1ers symptômes inquiétants pour la joëlette de Bernard qui freine en montée, bruits suspects alors 1ère opération ablation du frein à vif. Deuxième opération puis 3eme opération, la roue est définitivement bloquée. Scission du groupe car 3 joëlettes sur 4 continuent la rando et finissent sous la pluie tandis que le miracle se produit pour la 4ème car une roue roumaine"tombe du ciel". La joëlette pourra repartir le lendemain






20 juillet : une roue roumaine et 3 roumains

8h30 tout le monde est prêt et oh ! Surprise 3 roumains sportifs( Ilie, Valentin et Dan) nous prêtent mains fortes pour franchir le col de Strunga. Belle montée dans les alpages, pique-nique rapide car la pluie menace et belle traversée de foêts. Pour finir 1h30 de bitume pour arriver dans le village de Simon et découvrir les 1ères meules de foin.
Après 8h de marche et 17km, repos bien mérité dans une pension très fleurie. Diner très copieux, nous fêtons l’anniversaire d’Ilie.



21 juillet : montagnes russes en Roumanie

Belle journée avec en alternance montées et descentes, repos à volonté. Découverte de la fauche traditionnelle des foins et de la confection d’une meule. Record battu pour la durée de la sieste. Au retour réhydratation avec bières et limonades (citronnades) locales, très appréciées.


22 juillet :

Petit transfert en bus. Douces montées entre clairières et ruisseaux puis doubles cordées pour atteindre le lieu du pique-nique dans le pré d’un habitant de Magura.

Nouvelle pension chez Adriana et Georges à Magura, joli petit village où les charrettes tirées par les chevaux croisent les voitures. Le charme des collines tient à l’habitat traditionnel, bien intégré au paysage, à la nature bien entretenues par l’homme mais aussi à l’environnement de belles montagnes et en particulier de la belle crête calcaire de Piatra Craiului.



23 juillet :

Direction le col de Joaca à 1440 m d’altitude. Malgré la proposition d’Olivier de nous arrêter avant le col (le manque d’effectif se fait sentir), nous avalons les 440 m de dénivelé grâce aux doubles cordées. Pique-nique rapide vu la météo menaçante. Dommage car nous sommes au pied de Piatra Craiului. Cueillette d’herbes aromatiques pour la tisane du soir.




24 juillet :

Handi Cap Evasion, c’est aussi.....un touriste (Christian) qui nous aide, même sous la pluie,de Magura jusqu’au refuge de Curmatura. Chapeau !

Longue traversée des gorges de Zarnesti avec orage et grêle. Il faut donc avaler le plus rapidement possibles les raidillons de la piste qui conduit au refuge de Curmatura.





Installation au refuge comme suit : une chambre pour les" femelettes" et une pour les "hommelettes".

Olivier décide de dormir sur le balcon mais l’orage (encore) l’oblige à rentrer. Pour la soirée, Ana nous propose le "jeu du refuge", éclats de rire en cascade....
Belle surprise au refuge avec un beau tableau Handi Cap Evasion fait par nos hôtes Vasile et Reta. La qualité de leur accueil sera aussi remarquable.

25 juillet :

Après le petit déjeuner et réflexion d’Olivier, nous choisissons la descente sportive à travers bois.



Nous quittons le joli petit sentier pour pique- niquer. Hélas la pluie nous oblige à lever le camp.
L’orage motive les troupes même dans la montée sévère à travers les prés. Efforts récompensés par diverses boissons.

26 juillet :

Nous quittons la pension et prenons le chemin des nains. Puis nous traversons la ville de Zarnesti pour rejoindre la pension d’Ilié.
Le cadre est exceptionnel car nous sommes cette fois-ci au pied de la crête Nord-Est de Piatra Craiului. L’accueil d’Alina et d’Ilié dans leur magnifique gîte va être remarquable.

27 juillet :

les bucherons préparent une partie du parcours. Il faut dire que nous devons renoncer à la montée vers le bivouac, prévue au programme en raison du terrain rendu glissant par la pluie.

Départ tardif à travers les prés d’ilie puis nous suivons la piste. Arrêt pique-nique au bord de la rivière et passage au monastère.




28 juillet :

Visite du sanctuaire des ours à Zarnesti. C’est un lieu de refuge pour des ours maltraités ou blessés et nous avons la chance de pouvoir observer 2 oursons qui jouent près de leur mère.
Pique-nique, puis visite de la belle ville de Brasov et de ses remparts.



29 juillet :

dernière sortie joëlette et rencontre a la clairière avec un groupe de jeunes.


la fin de la journée sera festive avec les jeunes de Zarnesti, en costume traditionnel qui nous offrent un magnifique spectacles de chants et de danses. Alina et Ilié nous font goûter aux spécialités de la cuisine roumaine.




30 juillet :

Départ matinal en mini bus pour atteindre l’aéroport de Bucarest.

Pour conclure, ce séjour nous a permis de changer notre regard sur la Roumanie, et surtout sur ses habitants qui savent conserver leurs traditions et préserver une belle nature malgré une vie quotidienne beaucoup plus difficile que chez nous. La préservation de l’ours (environ 5 000 individus en Roumanie) malgré les risques pour la population et les troupeaux est un bel exemple. Marc, notre dessinateur a d’ailleurs une idée sur la question :

Un grand merci à nos hôtes roumains qui ont tout fait pour nous faire oublier la mauvaise météo. Une mention spéciale au trio de choc : Ana, Ilié et Olivier qui nous ont permis, malgré des conditions difficiles de découvrir un beau petit coin de Roumanie.

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