Val Maïra, ça ira !

22 septembre Reportages

Compte-rendu à 8 mains (Adèle, Marie, Marius, Gautier, Anita, Eliott, Enzo, Célia)

Jour 1
Le long de l’ Ubaye

Nous commençons le séjour par une journée d’initiation, fidèles à la tradition.
Nous voilà partis le long de la rivière Ubaye !
Bucolique vallon encaissé que l’on borde rive droite à l’aller, rive gauche au retour.

L’eau de la rivière, patiemment filtrée par Mère Nature, est d’une pureté à faire pâlir les générations futures. Quel luxe de s ’y rafraîchir ! Casse-croûte bien apprécié au cœur de cette oasis hors du commun.

Stéphan omet le chocolat, se donnant une marge de progression pour la suite ;)
Un retour technico ludique nous met en jambes pour la suite du séjour.

Sur les menus conseils de Marius et Enzo, l’initiation se décline également sur le thème de la callisthénie (du grec ancien : « kalos », « corps », et « sthenos », qui renvoie à la force). Bref, utiliser le poids de son propre corps pour renforcer ses capacités physiques et esthétiques. Tout un art !

L’après-midi s’achève par une séance d’étirement animée par maître Vincent et la soirée par une échappée musicale animée par DJ Marie.

Jour 2

Bivouac 3 étoiles

2416 m d’altitude
"Les genévriers vont nous rendre vivant !" nous annonce Willy.

Ça grimpe ! Première pause à la carrière de marbre où nous découvrons la serpentine, remarquable roche présente dans moins de 150 endroits dans le monde ! Certain.es décident néanmoins d’alourdir leur sac à dos déjà bien remplis pour le bivouac.

Nous prenons le chemin des muletiers, des zig et des zag dans une jolie forêt de mélèzes.
On prend vite de l’ altitude, et les équipages doivent se coordonner dans les virages, les personnes à la corde jouant aux essuie-glaces. Pique-nique sur une petite épaule au soleil, deux tarpes permettant de profiter de la vue sans cuir ! Le chocolat n’a pas été oublié et donne du courage pour la suite de la montée au pied du pic Pierre-André.

On atteint le lieu du bivouac : verte prairie traversée par un petit ruisseau, grand luxe !

Les tarpes sont vite montées pour prévenir d ’une éventuelle averse qui n’arrivera pas. Mais cela permet d’essayer différentes techniques : une bâche, /deux bâches ?un pan/ deux pans ?...
Manu nous offre une échappée philosophique sur l’amour, condamnant tous les aventuriers d’un jour qui brisent les cœurs. Elle se permet de modifier la dernière parole du célèbre morceau " j’ ai encore rêvé d’elle" par " tu resteras "(au lieu de " tu seras là" )

Nous restons bouche bée devant l’espace toilette : 3 trous mystérieux, alignés, un petit, un moyen, un grand. Quel est le message sous-jacent ? Les différents diamètres et profondeur nous laissent perplexes tandis que le fou rire nous tient.
La soirée se partage entre couchage rapide, jeux et spectacle de magie !

Jour 3

Viva Italia !

Nous avons échappé à la pluie ! Charlot a trouvé du renfort cette nuit : 4 ânes sont sur le camp. Un cri de coq termine de réveiller toute l’équipe. Mais d’où peut-il bien venir ?
S’en suis une montée en zigzag jusqu’au col Marie. Au sommet une mystérieuse boîte aux lettres nous attend. Des mots, citations, hommages, et de nombreuses histoires nous font remonter quelques larmes et rires.
Par exemple ce mot : " je pense que je vais décéder tellement j’ai marché, et si c’est pas le cas, prenez-vous en à mon papa et à ma maman parce que j’étais pas totalement d’accord pour cette périlleuss aventure. Point positif : j’ai fait caca dans la montagne et je me sens libre dorénavant."
À méditer ;)

Après une longue descente, un petit torrent nous attend pour le pique-nique. Après une sieste, nous redescendons par une descente infernale.

Arrivés au camping, la pluie s’invite mais l’envie d’une glace à l’ italienne et d’une bière nous donne la force de bouger ! Malheureusement ce seront des classes industrielles ;(

De retour, branle bas de combat , tout le monde s’active ! La cuisine se construit, le marabout se monte, et les toilettes se creusent, les accompagnateurs topotent.

Petite séquence émotion pour Anita qui ne supporte pas le froid de la rivière du Val Maïra. Repas à la frontale qui s’ achève par une soirée endiablée.

Jour 4
Val Maïra quand tu nous tiens

Les liens entre l’équipe se resserrent. Il faut dire que tout roule : chacun prend des initiatives et y met du sien sans attendre.
Cela permet de se reposer quand on en a besoin pour mieux reprendre de plus belle ! On démarre par une bataille d’eau à la fontaine de Chappera, tout le monde y passe !

Échappée d’ Enzo :
Rencontre secrète avec Paolo, un origamiste de Rome qui travaille avec des enfants en situation de handicap psychique, en vue d ’ un spectacle le 15 septembre. Aux portes d’une longue journée, on nous ouvre le passage d’un pont-levis automatique : lagon glacé, quelques lacets. Une source qui donne sans compter. Une source qui nous content les récits du passé. Pour une vache qui perd sa place, il est normal de protester.
Le clou du spectacle : les animaux, spectateurs de ce numéro de clown, ne rient plus. Ils rentrent chez eux. Le cirque fera bientôt faillite, et nous nous trouverons un petit boulot de balayeur de rue.

Jour 5
Entre pluie et étoiles

Trois belles montées de 650 m de dénivelé positif.

Repas écourté par l’orage.
Superbe descente sous un léger rideau de grêle et de pluie.

Zig-zag entre les patous.
1000 m de dénivelé négatif.
Installation du camp dans un endroit magnifique au bord de la rivière.
Belle soirée en perspective !
Ah ! La gravité terrestre ! C’est ainsi que, pas à pas, on se rapproche des étoiles.

Jour 6
"Baladounette" avant bouquet final

Grasse mat’ ce matin ! 8h petit déj. Il y avait de la brioche, c’était la fête ! Matinée qui a mis du temps à démarrer : on avait perdu Charlot, il ne voulait plus travailler..... Plus de Charlot ni d’eau ! Bref, départ à 10h51 pour une petite journée "de base". Finalement, au bout de 200 m de route, énorme, gigantesque montée dans la forêt..... Les mollets chauffent pour une petite journée. On arrive à 13h sur un fond de vallée, où nous nous posons sur le lit d’une rivière asséchée. Beau paysage mais les nuages avancent et grondent. Une, puis deux, puis trois gouttes se mettent à tomber mais ça n’ empêche pas Enzo et son papa de nous faire une jolie prestation de flûte !

Trop émouvant pour Émilie et un peu fatiguant pour ceux qui tenaient les bâtons en guise de piquet de bâche.... Pas de sieste pour aujourd’hui. On repart au pas de course. 15 minutes de descente pour la joelette de Mat Mat ;)

En courant sous la pluie, on arrive très vite au campement. Ce soir c’est barbecue et en préparant le bois, à 17h17, Didier casse une pelle et à 17h28 une seconde....
Toutes ces péripéties annoncent une belle dernière soirée, alternant entre pluie et soleil !

Pensée philosophique de Gautier :
"Aller dans la lumière par la montagne.
Le chemin et les forêts m’apportent de l’espoir.
Le soleil nous donne la joie, l’amour et l’amitié.
Je sens votre force.
Je vais rentrer le cœur plein de lumière et l’âme en paix."

Le mot d Adèle sur chacun des membres de l’équipe :

Enzo qui sent de plus en plus qu’il est dans ses lieux, à l’ aise comme dans ses couleurs de vêtements.

Christophe reconnaît tout ce qui pousse autour de lui et prend le temps de raconter.

Marie-Cécile, douce aux genoux bleus qu’elle rit de râper dans la descente dont elle sait qu’elle ne veut en louper une miette. Elle nous regarde avec beaucoup de douceur.

Romain, qui trouve avec justesse sa place auprès de chacun, puits de connaissances sagement retenues et jamais étalées , employées avec l’attention de l’autre et dans l’écoute. Son premier séjour est si réussi : savoir se placer sans se mettre au centre, quelle qualité pour le guide HCE en devenir !

Adeline qui sourit quand elle sait que toute épreuve se termine et qu’elle aussi a trouvé sa place.

Célia qui virevolte, lumineuse, dont on ne saura jamais l’âge, qui sera toujours la même dans 20 ans.

Bertrand qui précise toujours ce que les autres oublient de préciser (la météo par exemple), même dans les montées.

Gautier qui rit, crie, pleure comme il respire dans un corps surpuissant dont la vulnérabilité touche les cimes, par delà les montagnes.

Marie qui est partout, qu’on aimerait tous avoir dans sa famille. S’est-elle arrêtée cette semaine ?

Stephan, grâce à qui sans doute personne (ou presque) n’ aura été malade car il y aura veillé !

Camille, petite maman révolutionnaire (un peu), qui fonce et dont l’horizon s’annonce engagé. Gare à ceux qui voudront lui barrer le chemin !

Marius qui danse, regarde tout ce qu’il peut, s’abreuve car il veut avoir tout vécu, et distribue de la douceur en massant les cous qu’ il trouve sur son chemin.

Willy, qui a donné un élan de sérénité à ce séjour, de telle sorte que chacun.e, peut-être pour la première fois en séjour HCE, se soit senti au moins une fois en "vraies" vacances.

Didier, qui est en train de revoir ses références féministes (et ses blagues douteuses).

Emilie qui, on l’imagine bien, nous a tous transformés en personnages de BD atypiques.

Vincent, qui devient philosophe avec l’âge.

Jean-Jo nous a mitraillés toute la semaine discrètement, et peut-être même qu’il nous a surpris dans nos moments les plus secrets ?

Anita, dont j’ai écrasé le pouce, à la voix fluette, la petite jeune pleine de force qui, on est prévenu, changera le monde (et n’attendra pas qu’on soit prêt pour ça).

Mat Mat, supporter incroyable qui tire les accompagnateurs.

Manu, qui prend soin des autres et hésite peut-être dix fois avant de réclamer quelque chose : elle a beaucoup de choses à dire quand on prend le temps , chaque phrase est leçon de vie.

Eliott, la pile électrique qu’on voit déjà prendre la relève.

Merci à tous d’avoir été vous-même, de vous être montrés, et merci surtout aux passagers de vous être laissés faire, peut-être avec ce qu’il y a de plus précieux aujourd’hui : la patience . Vous nous apprenez à ralentir.

Et pour "boucler la boucle" :

Adèle, fraîche et radieuse même en bivouac, soigne sa chevelure comme elle soigne nos maux, avec délicatesse et spontanéité.

Fine observatrice, elle aura décelé en quelques minutes nos traits de personnalité les plus enfouis. Pour mieux les sublimer, en photo ou en mots, de manière toujours bienveillante, jamais enfermante.

Parmi les retours du tour de table :

Manu, qui était à son 20e séjour, dit que la dynamique de groupe a été top. "On a besoin de sentir vos efforts et que ce soit considéré comme un partage entre vous et nous. "

Camille n’imagine pas un été sans faire un séjour. "L’essayer, c’est dans la boîte !"

Enzo regrette de ne pas avoir eu plus de temps avec chacun des passagers. Il est heureux d’avoir connu une eau assez claire, aussi pure que celle qu’on a trouvé en Ubaye et qu’on ne voudrait pas voir disparaître.

Pour tous, le séjour est passé trop vite. Chacun va rentrer chez lui et reprendre ses habitudes.

À nous d’insuffler les valeurs du séjour dans notre quotidien, de les porter haut !

Pour les AEM, c’est aussi une aventure unique, exceptionnelle, une parenthèse, une niche dans leur métier.