Récit de la randonnée Col de Ségra – HCE Azur - Sortie 12 le 8 février 2026
Rien ne commence jamais tout à fait comme prévu avec l’antenne HCE d’Azur. Et cette randonnée n’a pas dérogé à la règle.
Avant même de poser un pied sur les sentiers, notre convoi connaît quelques péripéties : un accident de la circulation nous retarde, suivi d’une crevaison qui met notre patience à l’épreuve. Mais qu’importe. Le temps s’étire, les sourires restent, et lorsque enfin nous pouvons partir, c’est avec une énergie décuplée.
Trois joëlettes s’alignent alors comme sur une ligne de départ. Trois bolides. Une Ferrari, une McLaren et une Matra, pilotées respectivement par Joce, April et Julien. La course peut commencer — une course pas comme les autres : un trek collectif, joyeux et engagé à travers la montagne.
Le départ se fait depuis le col de Ségra, à 947 mètres d’altitude, au-dessus de Saint-Agnès, sur un plateau de la commune de Peille. Un point charnière entre plusieurs vallées : l’arrière-pays niçois, Menton, Sospel. Au loin, le col de Turini, encore enneigé, nous rappelle que l’hiver n’a pas dit son dernier mot. Nous sommes dans un lieu à la fois stratégique et profondément panoramique.
Les paysages s’ouvrent largement : garrigues, forêts, reliefs doux et sauvages. Une nature authentique, marquée par le pastoralisme d’autrefois. Quelques vaches croisent notre route, leurs cloches tintent doucement. Le calme est profond, apaisant. Ici, le temps ralentit.
Nous faisons le tour du mont Méras (1 245 m), passons par le col du Farguet, puis poursuivons jusqu’à la Baisse du Pape (1 024 m). Le parcours est étonnamment roulant, une large piste qui permet d’avancer sereinement et de profiter pleinement des panoramas. Une rareté… et un vrai plaisir.
Arrivés là, place au pique-nique, fidèle à la tradition HCE : convivial, chaleureux, ponctué de rires et de discussions animées. C’est aussi là que surgit un premier moment fort en sensations. Jérôme, un peu trop généreux sur le freinage, provoque un arrêt brusque. Julien se retrouve projeté vers l’avant, heureusement stoppé net par sa ceinture de sécurité. Plus de peur que de mal. Même à l’arrêt, les joëlettes savent surprendre.
Juste après le pique-nique, nous prenons un moment particulier. Une photo en pensée, décorée de petits cœurs, pour Caro, qui n’est pas avec nous aujourd’hui. Elle est absente physiquement, mais bien présente dans nos cœurs. On pense fort à elle ????.
Le ciel reste très nuageux, mais la pluie nous épargne. Rassurés, nous entamons tranquillement le chemin du retour. C’est alors que Guillaume, avec un sens certain de la pédagogie… et un léger biais assumé, propose deux options :
– un chemin direct pour rejoindre les voitures,
– ou un chemin d’exploration.
Le choix semble évident. Et pourtant…
Robin, emporté par son enthousiasme, tranche sans hésiter. Ce sera l’exploration. Sa tasse en métal accrochée au sac à dos, prêt à en découdre tel un grand aventurier, il entraîne tout le monde avec lui.
Changement de mode immédiat : passage en 4x4. Ça grimpe. Le terrain est gras, humide, gorgé d’eau après les pluies des jours précédents. Le convoi s’organise : Nicole, pour sa toute première randonnée, Yvette, Jérôme, Henri, Laureen, Lison et Anne, unis pour emmener Joce dans un joyeux charivari. Plus que du 4x4, c’est du 8x8.
Contre toute attente, nous progressons. Et même avec style. Yvette nous offre une figure mémorable : un dérapage totalement incontrôlé, les deux jambes à l’horizontale derrière la joëlette — une performance aussi spectaculaire qu’élégante. Un peu plus loin, Yoann et Eloïse plongent courageusement leurs baskets dans la boue pour éviter la chute d’une joëlette. Solidarité maximale.
Les sensations continuent. Julien, complice avec Samy, s’amuse à jouer à saute brebis (lol) sur les portions techniques. Les bosses s’enchaînent, et Julien trouve une solution aussi simple qu’efficace : amortir l’amortisseur avec son fessier. Méthode validée, traces laissées.
Le chemin forestier finit par s’adoucir. Et pour conclure, une dernière surprise : une carcasse de voiture bleue, abandonnée là, au milieu de nulle part. Mystère total. Comment est-elle arrivée ici ? Chacun y va de sa théorie.
La randonnée se termine comme elle a commencé : dans la joie, la bonne humeur, les embrassades et les félicitations. Heureux d’avoir partagé ces paysages puissants, ces panoramas inattendus, cette nature brute et vivante — et surtout ce moment collectif, fait d’efforts, de rires et de complicité.








