La Diagonale des Baronnies

22 septembre Reportages

Journal de campagne d’un novice

Jour 1 - Samedi 5 juillet
Après le briefing d’Aurélien, je me mets à prendre quelques notes dans l’idée de contribuer à un journal collectif. Je suis aussitôt repéré et désigné rapporteur. D’accord, mais l’idée était quand même que ce soit une œuvre collective, ne comptez pas sur moi pour être ni exhaustif ni grande plume.

Aurélien a annoncé une météo sans pluie durant tout le séjour. Je lui fais confiance (nous découvrirons à plusieurs reprises plus tard qu’il ne faut pas trop lui faire confiance dans ce domaine) et passe ma première nuit à la belle étoile. Il y en aura sept.

Jour 2 - Dimanche 6 juillet
Je prends mon premier poste de pilotage avant et je découvre dès la sortie de la prairie où nous avons passé la nuit (pente de 0,025 % sur une distance de 4 mètres, dénivelé de 10 cm) que tirer une joëlette, c’est pas pour les klettes (1) .
Sur base de la fiche technique du séjour, j’avais peur de ne pas avoir ma dose. Je vais vite comprendre que ce sera le contraire !
Je me sens floué : le paysage se réduit au sol devant mes pieds, ou aux mollets de celui/celle qui me précède, ou encore à la nuque d’un passager. Nous sommes soumis à des efforts fractionnés intenses auxquels je ne suis pas préparé, pas plus que les muscles de mes mollets et de mes épaules (suis pas rugbywoman, moi !). Et enfin je n’ai pas marqué mon accord pour être houspillé par des « Allez » toutes les trois secondes. Sans compter tous les « Fais pas ci, fais pas ça, à dada prout prout cadet » adressés au débutant maladroit que je suis.

"Notre première salle de bain"

(1) klet(t), klette ou clette (n. f.) [klɛt] Fam. Personne qui manque de compétence, de savoir-faire.
(Base de données lexicographiques panfrancophone Belgique)

Jour 3 - Lundi 7 juillet
Cathy et moi disparaissons (involontairement !) dans les fourrés grâce à Charlot (l’âne) qui a surpris Vincent, notre conducteur, par derrière ! ???? Aurélien nous annonce une éventuelle baignade dans un petit lac ..... mais ça ressemble plus à un étang ou une mare mais comme dirait un lyonnais ç’est plutôt une boutasse ! Qu’importe il fait chaud et se sera la seule occasion de la semaine de se baigner !
Quelques gouttes de pluie au moment de l’apéro. Aurélien nous avait pourtant assuré que les nuages nous éviteraient.

Apéro sous bâche

Soirée bien arrosée, en musique et en chanson. César y met beaucoup de coeur.

Grosse teuf à la tombée de la nuit !

Jour 4 – Mardi 8 juillet

Grosse journée, avec nuit en bivouac au col de Verdun. Certains n’ont pas eu leur dose d’efforts physique et prolongent le soir même et le lendemain matin aux aurores avec un petit « trail ». Un autre jour, j’ai surpris les mêmes s’enfiler une série d’abdominaux dès le réveil, encore emmitouflés dans leur sac de couchage. Paraît qu’il faut de tout pour faire un monde.
Bernard et Marie-Paule essayent de nous reconnaître uniquement par le toucher. Bernard est handicapé par sa pudeur qui le retient de mettre ses mains partout, et surtout aux endroits les plus doux !

Petit jeu de reconnaissance à l’aveugle !
J’ai bien mangé : bivouac = soupe Royco (riche de plein d’ingrédient, même de l’huile de palme !) + purée mousseline. C’était bon. J’ai eu froid parce que le mistral soufflait fort et qu’il était froid. Je me suis couché tôt. J’ai bien dormi. Je me suis réveillé tard.(2)

(2) Paragraphe dédié à Aurélien, qui m’a dit que c’était le genre de compte-rendu qu’il préférait. Nostalgie des cartes postales qu’il envoyait enfant à ses parents depuis la colonie ?

Jour 5 – Mercredi 9 juillet
Programme de marche allégé pour éviter de cramer les troupes. Ca m’arrange et je ne me plains pas de la longue piste qui nous conduit au col Saint Pierre. J’en profite pour poursuivre mon initiation au pilotage arrière. Ça me demande beaucoup de concentration et je refile assez vite le relais à un accompagnateur plus doué.
On ne se trompe plus trop dans les prénoms des uns et des autres. Quoique… En fin de séjour, Oscar se faisait encore appeler César. Ou l’inverse, je ne sais plus !
Je suis épaté par la bonne humeur et l’humour de Jérôme. Et aussi par son attention aux autres, ce qui en fait m’épate chez tout le monde.

La bonne humeur et les rires sont souvent au rendez-vous, même dans les endroits les plus incongrus.

Jour 6 – Jeudi 10 juillet

Ascension solide vers le col de Branche et le sommet de la Plate. Cathy et Brigitte franchissent les dernières dizaines ou centaines de mètres par leurs propres moyens, sur leurs deux jambes. Poursuite sur un très beau chemin de crête : certains se croient dans le Seigneur des Anneaux.

Col de Branche et raidillon vers le sommet de la Platte

Sur la crête en quittant le sommet de la Platte et avant de dégringoler vers le hameau des Damias

Fin de descente raide dans la pierraille glissante. Une torture pour Bernard. Qui se retrouve plusieurs fois sur le derrière. Tout comme moi et Marie-Paule. Avant ça, lors d’une courte pause, je l’avait vu débouler à toute allure en compagnie de Willy. Le chemin était relativement large, en pente douce, sans grosses pierres. N’empêche, quelle confiance !
A l’arrivée, un vrai camping au hameau des Damias, avec de vraies douches (2 !) et de vraies toilettes (sèches :-) ).

Jour 7 – Vendredi 11 juillet
Petite demi-journée de marche avec une excursion jusqu’au village d’Eourre et jusqu’au calvaire qui le domine. Photo de groupe et sculpture vivante par Willy sur une croix qu’il jugeait peut-être trop nue et incomplète.

Après-midi libre : ouf, je peux commencer à récupérer. Et on peut enfin goûter les glaces artisanales d’Eourres (un village pas comme les autres, qui me semble bien coller avec les valeurs d’HCE !).
Apéro à la santé de Julien dont c’est presque l’anniversaire, et de Cathy, la « Bitche Lorraine », pour sa mémorable mirabelle à l’aspérule odorante.

Les maîtres-mots du séjour : glutamates, cariogène, Yunnori.

Une mention très spéciale à Marie-Paule qui nous a dopé toute la semaine avec ses cookies et ses barres de céréales survitaminées faits maison !