Haut Queyras du 24 juillet au 5 août

10 juillet Reportages

Jour 1 

C’est au terme d’une route sinueuse que notre équipage se forme au camping de Chanterane. Pour certains c’est une découverte, de nouvelles rencontres, pour d’autres des retrouvailles avec de précédentes compagnonnes. Les derniers aventuriers arrivés, nous pouvons enfin nous mettre à table et partager les victuailles que chacun a concoctées. Épreuve obligée, le tour des prénoms s’avère pour certaines d’une remarquable simplicité. A peine le tour fini, c’est au Queyras de se présenter. Visiblement ému par notre présence, il se met à déverser des trombes d’eau pour une première nuit bien arrosée. Une première occasion de découvrir l’aisance de notre guide lors du creusage de tranchée et de prendre soin les uns des autres. Heureusement, la pluis ne revînt pas de la semaine.

Jour 2  
Premier réveil, premier petit dej’ et surtout premiers étirements. En ce début de séjour nous ne savions pas encore à quel point ces moments pourtant anecdotiques deviendraient une source intarissable de rire et de bonne humeur. Merci Joël, merci Alexandra ! Nous faisons la connaissance de Charlot, l’âne qui nous accompagnera pendant ce voyage puis vient le tour des joëlettes. Il y a quatre nouvelles recrues dans ce séjour qui découvrent ces engins tant attendus. Le premier contact est peu rassurant mais elles prennent assez vite le pli. Il faut que ça chante à ce qu’on dit. Alors pour chauffer les cordes vocales rien de tel qu’une petite balade de rien du tout avec 200 m de dénivélé (plutôt 400 après vérification…). Des marmottes nous regardent passer et nous arrivons bientôt au village de Saint-Véran, connu pour être la plus haute commune d’Europe (2100 m d’altitude) avant de revenir au camping. Et non, au cas où vous vous poseriez la question, il n’est pas nécessaire pour une commune d’avoir un terrain de pétanque.

Jour 3  
Aujourd’hui nous quittons enfin le camping pour notre première nuit en bivouac. Nous retrouverons le camion ce soir, ce n’est pas la peine de porter nos affaires, trop facile. Et pourtant, c’est bien ce jour là qu’Émeline, Anick et Émilie inaugurèrent la première chute. Nous visitons l’église de Saint-Véran, délicieux havre de fraîcheur puis nous partons en direction du Sommet Bûcher en croisant la route du GR5. Chaque équipage se familiarise avec les joëlettes et trouve son rythme. Certains profiteront même d’une longue pause pour tester le confort des joëlettes. On comprend ainsi plus facilement la patience et les efforts dont les passagers et passagères font preuve lorsqu’ils et elles se font brinquebaler sur les cailloux. Nous arrivons enfin à un splendide spot de bivouac à côté d’une petite rivière. Après avoir bien mangé, un dernier effort et tout le monde se retrouve allongé sur une prairie tranquille à regarder la lune jouant autour du col Fromage.

Jour 4
Ce matin, nos deux AMM, Stéphane et Raphaël, sont inspirés et nous avons le droit à un florilège d’anecdotes sur les mélèzes, les moraines, les roches sédimentaires et métamorphiques et le cassenoix moucheté. Après ces explications, le chemin quitte le vallon et nous voilà à flan de montagne où un passage compliqué nous fait ralentir. Nous passons les joëlettes une par une sans problème puis vînt le tour de Charlot. Hélas, il paniqua, glissa, envoya Sharleen qui le tenait contre les cailloux et évita de justesse de l’écraser. Les quelques personnes qui assistèrent à cet épisode en gardent encore une trace. Peut-être moins indélébile que les contusions de Sharleen qui nous ont rappelé à la prudence les jours suivants. Ce que nous étions en train de partager était trop beau pour risquer d’autres bobos.

C’est aussi ce jour là que l’on immortalisa Nicolas interpretant la plus élégante manière de diriger une joëlette. Mais qu’importe le style, pourvu qu’on reste sur le chemin. A peine arrivé.e.s au campement, la logistique repas se met en place, les deux intendantes peuvent compter sur l’irremplaçable Samuel toujours sur le pont avec le sourire et sur le coup de poignet de Louis et Gabriel pour l’omelette du soir.

Jour 5
Celles et ceux qui avaient monté leur tente ce soir-là furent particulièrement mal avisés, c’était sans connaître le goût prononcé de Caroline pour les blagues de mauvais goût. En quelques minutes telle une tornade matinale, elle défit tous les arceaux dans un rayon de 2 km à la ronde. Ses tristes victimes s’en trouvèrent enfermées dans un soyeux étau tandis que d’autres se réveillèrent les pieds dans l’eau. Heureusement, les premiers rayons du soleil apaisent les esprits et le calme revient.

Nous disons au revoir à Jocelyne, qui malade se voit forcée de rentrer chez elle, puis nous partons en direction de la Cime du Mélezet. La montée est magnifique et est ponctuée de parapentes qui planent au-dessus de nous. En descente par contre, il suffit parfois que la piste devienne un peu étroite, que la vitesse soit mal maîtrisée, qu’un pied glisse, pour que des randonneurs se prennent pour des artistes de cirque. Greg, Anick, Jérome, saltimbanques et troubadours enchaînent pirouettes et triple axels mais la réception est parfaite, leur bout du nez toujours attaché. Ce jour-là la joëlette a bien passé le crash-test, elle est repartie pour bien longtemps et nous nous repartons pour la vallée du Cristillan pour rejoindre le camping des Moutets à Ceillac. Le tour des anecdotes se poursuit, Léa nous raconte des histoires de médecine plus sombres les unes que les autres à tel point que nous ne savons pas déméler le vrai du faux et miracle, Laurent accepte finalement de se prêter à l’exercice. Le tour est complet et nous pouvons nous coucher tôt en prévision du lendemain.

Jour 6
Ça y est, c’est le grand jour de l’ascension vers le lac Sainte Anne, et ça grimpe sec ! Deux personnes dans les cordes et deux sur les côtés sont nécessaires pour passer certaines pentes un peu raides. Sur les coups de midi, nous parvenons au lac Miroir, véritable spot touristique. Nous étions tellement en communion dans notre périple que nous avions presque oublié le reste du monde. Revigoré.e.s après le repas (une salade de riz n’a jamais été aussi bonne !) nous repartons pour la dernière partie de la randonnée et ce lac magnifique. Au final, les 750m de d+ furent méthodiquement avalés grâce aux pauses stratégiques, à l’aide apportée par de nombreux randonneurs et par la détermination de toutes et tous. En arrivant au camp de bivouac, nous remercions chaleureusement Charlot qui a porté de quoi festoyer. De la bonne purée et de la soupe lyophilisées, et quoi qu’en disent les fines bouches, rien ne manquait ! L’occasion de remercier une fois de plus Laurence, aux petits soins pour nous du matin au soir. Une fois la nuit tombée, l’atmosphère se rafraîchit et il devient difficile de s’éloigner du feu autour duquel nous nous agglutinons. Nous restons là, les uns contre les autres à écouter les poèmes de Paul et Greg. Malgré le froid, Émilie et Alex se sont installées dehors, pour rien au monde elles n’auraient dormi ailleurs, ce soir sur le plafond de leur chambre il y a des milliers d’étoiles, une lune brillante et au loin les pics de la Font Sancte.

Jour 7
Ce matin, le givre recouvre encore le duvet des audacieuses qui ont dormi sous les étoiles et c’est dans ce moment de faiblesse que des centaines de chèvres décident d’attaquer notre campement. Heureusement, un berger les rappelle et nous pouvons continuer notre rituel matinal, les étirements bien sûr ! Au programme pour ce dernier jour, descendre. Le souvenir des chutes précédentes nous maintient en alerte et les binômes se forment et se défont dès que le besoin s’en fait sentir. Si tout ce passe sans encombre, il faut bien reconnaître que la descente a ce goût amer de la nostalgie à venir. Une partie de nous est toujours époustouflée par la beauté du lac Sainte Anne, une autre déjà triste de bientôt devoir se quitter. Nous retrouvons Michelle qui s’est faite toute belle pour nous accueillir avec des pâtisseries locales, pile ce dont nous avions besoin pour arriver à retourner au camping. Avant que les premières personnes commencent à partir vient l’heure du bilan, de découvrir nos cacahuètes et de renifler les yeux pleins de larmes. Le bilan c’est qu’on a toutes et tous choper ce foutu virus, HCE. Ce séjour était merveilleux et restera pour tout le monde gravé au fond du coeur. Au revoir Queyras !