Equinoxe de Breil - Fanghetto

5 octobre Antenne d’Azur

Rentrée de classe pour l’antenne HCE d’Azur en ce week-end d’équinoxe.

Retrouvailles en bord de route le temps d’un café pour certains, covoiturage pour d’autres et organisation du dispositif automobile. Dépôt de véhicules au point d’arrivée afin de pouvoir rallier celui de départ avec les conducteurs qui auront laissé les-leurs à Breil-sur-Roya. Il y a bel et bien un parfum d’été dans l’air, même s’il touche à sa fin. Celles et ceux qui ont participé à un séjour dans les mois précédents échangent leurs souvenirs, ravis de déjà regoûter aux joies de la joëlette.

Dépliage desdites joëlettes sous les yeux intrigués de la cohorte de nouveaux. Introduction érudite de la part de Guillaume qui leur explique les principes de base du maniement de cette astucieuse invention pendant que les habitués prennent des nouvelles les uns des autres ; histoire d’amorcer ces fameuses discussions HCE qui s’étendent le long du chemin, chapitrées par la valse des déplacements aux différents postes de la horde.

À l’avant, on est en charge de la direction. À l’arrière on gère l’équilibre. On met du monde dans les cordes quand ça grimpe, des gens en parade quand on s’expose et ensuite on se débrouille donc il est important de bien communiquer. Une belle montée et quelques passages ludico-techniques valent mieux que tous les discours, ou plutôt ils leur donnent du sens, alors en route.

Démarrage en douceur, idéal pour se faire la main puis, rapidement, nous attaquons les sentiers et épousons les courbes de la Roya qui serpente en contrebas. April et Julien sont bien installés au-dessus de leur roue presque motrice, même si l’une des deux semble pâtir d’un léger problème de gonflage.

À surveiller. Le sentier s’écarte de la route et s’enfonce dans les méandres de la roche. Les gouttes de sueurs commencent à sérieusement perler sur les fronts des accompagnateurs. « Marche. Là. 1, 2, 3 ». L’odeur du thym se mélange à celle du ciste ou du romarin. Les aiguilles des genêts épineux nous maintiennent sur le sentier. Le mont Tron et la Roche Fourquin nous surveillent de leurs yeux de pierre. La rivière nous guide. La vue est plongeante, la terre sèche et les cœurs joyeux. Bon, la roue de la joëlette de Julien est bel et bien à plat par contre. On a beau essayer de la regonfler, le subterfuge ne nous offre qu’un peu de répit dont nous nous contenterons. On en a vu d’autres.

Conciliabule de premier ordre quand nous recroisons une piste. Est-ce qu’on s’arrête là pour manger, en plein soleil, ou est-ce qu’on pousse encore une heure jusqu’au hameau de Libre pour trouver de l’ombre ? Il est déjà 12h et la beauté des sentiers en balcon a sa contrepartie, elle espace les lieux capables de nous d’accueillir confortablement. Argument décisif : après Libre il n’y a plus que la descente. Technique, en partie, mais descente quand même. Va pour une heure de rab’ avant de manger, ça n’en rendra le pique-nique que plus savoureux, à condition toutefois de ne pas l’avoir oublié dans la voiture…

On grignote, on s’hydrate et on repart. C’est toujours aussi beau et toujours aussi ludique... Climax technique avec le franchissement d’un petit escalier dont la légende voudrait que Guillaume soit venu le construire lui-même lors du repérage, pour plus de réjouissances. On rentre les sacoches de joëlettes, on se retourne dans les brancards avant, on respire bien fort en s’accrochant discrètement aux accoudoirs pour April et Julien et, sans trop savoir comment, on se retrouve de l’autre côté plus tôt qu’on ne l’aurait cru.

Une pause déjeuner bien méritée à l’ombre des oliviers. Les sourires éclairent les visages, les yeux pétillent, la vie est belle. Je suis de ceux qui pensent que la difficulté de l’effort a des vertus unificatrices, qu’elle donne du relief et de la consistance à ces instants suspendus.

Parce que si nous voulions simplement aller dans des endroits faciles d’accès, il nous faudrait alors retirer le préfixe de l’adjectif qui caractérise ces sorties littéralement extraordinaires.

Après le partage des traditionnels carrés de chocolat, place à la redescente. Échange de passagers sur les joëlettes, pour augmenter les intervalles entre deux gonflages de pneus. À écouter le chant de la roue, on se croirait rescapés d’une véritable épopée. Extradition de l’ensemble de la troupe lorsque nous passons la limite du territoire français pour fouler le sol italien. HCE d’Azur n’a pas de frontière. À l’arrivée, les conducteurs retournent chercher leurs véhicules à Breil pendant que les autres retracent la journée.

En plus du parfum d’été, il y a de la joie dans l’air et ce, même avant les délicieuses glaces que Samy et Julien nous offrent. Merci à eux et à Opale, la vache bienfaitrice. Merci à Guillaume pour ce bel itinéraire d’ouverture.

Afin que l’initiation des nouvelles recrues soit complète, Handi-Cap invasion s’octroie l’usufruit de l’intégralité du petit parking de Fanghetto. Entre deux bouchées de glace au miel, à la vanille, à la fraise, au caramel et j’en passe, on se délecte une dernière dois de ces sourires assouvis et de cette lueur qui traverse les regards. Ces éclats de lumière que nous emporterons avec nous et qui justifient les efforts accomplis. Comment ne pas avoir envie de revenir quand tout semble si évident ?

Fabrice Trouillard