Diagonale Hauts-Plateaux du Vercors

22 septembre Reportages

Il y a plusieurs façons de traverser les Hauts Plateaux du Vercors : du nord au sud, de l’est à l’ouest, voire pour les plus flâneurs, pourquoi pas en zig-zag. Pour nous, ce sera « en diagonale » pour coller au thème de la Diagonale de Alpes ! Nous partirons donc du coin sud-est pour aller vers le nord-ouest ! Mais revenons un petit-peu en arrière…

Samedi 02 août  : le rendez-vous pour toute l’équipe est au camping municipal de Chatillon-en-Diois. Le casting est le suivant : en passagers joëlette nous avons : Elodie, Martine, Philippe et Sylvain. Sarah nous suivra en marchant à son rythme. Comme accompagnateurs il y a Amélie, Catherine, Clément, Clotilde, David, Denis, Flora, Jean-Pierre, Johan, Julien, Mathilde, Nathalie, Rémi et Rémi ! Le tout encadré par Stéphane et Valentin avec Lionel à l’intendance.

Tout le monde arrive à bon port sans encombre le samedi en fin d’après-midi et le campement s’installe au bord du ruisseau un peu à l’écart du reste du camping.

Dimanche 03 août : comme dans tout séjour, le premier jour est la journée d’initiation. On va dire que c’est plutôt une remise en route, car quasiment toute la troupe est expérimentée, seule Mathilde découvre la joëlette. On en profite pour réviser quelques manips et découvrir la géologie du Vercors avec le sentier de découverte (falaises de marnes, calcaires, Urgonien, Tithonien et sa fameuse corniche !).

La randonnée se poursuit par des pistes entre vignes et noyeraies à l’ombre bienvenue. Pause repas à midi pile ! On repart en direction du col de Mard ce qui nous permettrait de faire une boucle pour retourner au camping. Mais le sentier est envahi par la végétation et il parait qu’il y a eu un éboulement. Stéphane part en repérage. Impatientes, les troupes suivent sans attendre. La montée est raide et glissante dans les aiguilles de pins. Puis le verdict tombe : ça ne passe pas ! Demi-tour acrobatique en pleine pente et retour à la rivière (le Bez) par la piste pour une séance de baignade.

Valentin nous rejoint avec le dernier membre de l’équipe, eh oui il en manquait un. Vous l’avez deviné : c’est Mika notre compagnon à quatre pattes, le nouvel âne d’Handi Cap Evasion qui fait connaissance avec les joëlettes.

Lundi 04 août  : c’est le départ pour l’itinérance sur les Hauts Plateaux ; direction le premier bivouac. Les consignes étaient : petit déjeuner à 6h30, sacs faits ! Car il faut démonter le campement et faire en transfert en véhicule jusqu’au vallon de Combeau, point de départ de la randonnée.

Le temps de tout replier, le transfert et le déchargement, nous débutons la randonnée à 10h15. Mika est modérément chargé pour sa première journée (50 kg tout de même) c’est un test. Le test semble concluant car Mika se laisse bâter sans broncher et même mener par Johan (9 ans) sans problème.

Une piste herbeuse nous mène progressivement vers des alpages vallonnés, l’ambiance des hauts plateaux s’installe. Après une pause « graines » à l’abri de l’Essaure, nous continuons la montée vers la bergerie de Chamousset et ses vastes herbages.

Pause pique-nique vers 13h30. Il reste ensuite une petite heure de descente pour rejoindre le refuge (non gardé) de Chaumailloux et sa vue imprenable sur le mont Aiguille.

La source en contrebas n’est heureusement pas à sec, on peut refaire le plein d’eau. Et mieux vaut arriver tôt car il y a foule pour bivouaquer aux abords du refuge. On s’installe sur la pelouse pour profiter de la vue et de la soirée ensoleillée.

Mardi 05 août : Longue traversée en direction du col du Rousset.
Après le petit-déjeuner en terrasse face au mont Aiguille, la journée débute par un échauffement collectif, tous en cercle devant le refuge, sous le regard des marmottes et des autres randonneurs.

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Une courte montée vers un petit col et nous voici sur les hauts plateaux. C’est herbeux, vallonné et parcouru de pistes et de sentiers un peu dans tous les sens, mais plutôt bien roulant. On croise quelques randonneurs car nous sommes maintenant sur un GR.

Nous arrivons à la cabane de Pré Peyret pour un pique-nique à l’ombre d’un épicéa.

Nous repartons ensuite vers le Pas des Econdus suivi d’une bonne remontée par une piste caillouteuse pour enfin entamer la descente finale vers le chalet de Beure.

Ouf, il est près de 18h00 quand nous arrivons au lieu du campement. On décharge le camion puis le camp est rapidement monté à côté du départ des pistes de ski.

Mercredi 06 août : « petite journée » nous annonce Stéphane. On en profitera donc pour faire une première navette de voitures et ramener les voitures laissées au vallon de Combeau et à Chatillon en Diois jusqu’au col du Rousset. Donc lever 5h00 pour les chauffeurs. Ouch !

Finalement une fois la manip de voiture terminée, c’est à 10h que le départ est donné. On attaque plutôt en descente, dans la forêt d’abord par une piste parfois chaotique (est-ce bien une piste ou un lit de ruisseau ?) puis on arrive à un captage d’eau. Surprise depuis le repérage de Stéphane la piste a été refait, c’est un vrai billard… qui descend jusqu’au ruisseau Vernaison. C’est la pause de midi. Et maintenant il va falloir remonter sur le plateau.

Stéphane nous a concocté un itinéraire pittoresque qui passe dans les barres rocheuses du Rancs de Charles. On attaque la montée, gonflés à bloc. Le sentier est un magnifique « single track » en sous-bois à flanc d’une pente d’éboulis bien raide. Mais soudain, halte-là, il y a des arbres en travers ! L’équipage de la joëlette de tête avec Martine, tente bien de se faufiler au milieu des troncs et des branches qui coupent le chemin mais il faut bien se rendre à l’évidence : s’il y d’autres passages semblables on risque de rester bloqués et d’autre part l’âne ne peut pas franchir ce genre d’obstacle.

Demi-tour donc, il faut trouver un autre itinéraire. Valentin part en repérage et, guidés par ses SMS, nous rejoignons le hameau des Liotards et la piste qui remonte vers la baraque forestière des Bachassons.
Après un court raidillon, nous voici sur la route forestière de Béguère.

Il est 16h00 et la baraque de Bachassons (où Lionel nous attend avec le camion) est encore loin, il faut avancer. On monte encore jusqu’à la route forestière des Rancs, puis ça déroule, toujours en sous-bois par une large piste. Au prix de 2 heures non-stop nous rejoignons Lionel. Finalement la baraque est trop dans les herbes hautes, on campera directement sur la piste au niveau du carrefour avec la route. Il est 18h30, nous montons le camp et préparons le repas, bien crevés, 17 km de joëlette au compteur. Et dire que c’était « une petite journée » !

Jeudi 07 août : objectif deuxième bivouac à la cabane de Carette.
Il faut faire le plein d’eau car il n’y aura pas d’eau à la cabane pour le bivouac. Départ vers 9h00, d’abord par la route puis rapidement par une piste forestière. Le paysage alterne forêt et larges clairières. La piste devient herbeuse. Au lieu-dit « Bacha de l’ours » nous la quittons pour prendre un sentier plus caillouteux. S’ensuit un super raidillon avec les pierres qui roulent sous les pieds. 100 mètres de dénivelé vite avalés en se mettant à cinq ou six (!), on passe les joëlettes une par une. Finalement on rejoint le GR dans une large clairière. Ce sera la pause de midi. On se cale à l’ombre des épicéas car le soleil tape fort.

Nous repartons à travers la « plaine » de Darbounouse. Mika tire un peu la langue, il n’y a pas d’eau pour lui, le puits est à sec.

Encore un peu de montée, cette fois c’est un petit sentier qui se faufile entre des troncs et des rochers. Un peu de gymkhana est nécessaire, mais c’est moins physique que la montée du matin.

Finalement nous arrivons à la cabane de Carette il est 18h30. Les alentours immédiats de la cabane sont envahis par les hautes herbes (et la cabane est toute petite). Comme le temps est au beau fixe, on décide d’installer le bivouac dans un replat herbeux plus accueillant, un peu en contrebas du sentier.

Vendredi 08 août  : dernière ligne droite !

L’étape commence par une descente vers la « Porte Barnier » suivie d’une remontée dans un sous-bois de feuillus : la côte de la Coinchette. On croise quelques VVTistes impressionnés par notre remontée.
Pause « graines » à la baraque Guillet. Comme Mika tire la langue et semble renifler la moindre trace d’humidité, on se cotise en versant une partie de nos gourdes dans la gamelle du bivouac pour lui donner à boire. Mais ça ne lui convient pas, il ne boit rien.

La chaleur augmente et dès que l’on quitte le sous-bois c’est assommant. Heureusement la piste jusqu’au carrefour de la Sambue est souvent ombragée. Mais l’équipe est fatiguée, on prend donc au plus court par la piste menant au belvédère de Château Julien. 1,5 km de montée au soleil nous achève !

Il faut encore faire le transfert des véhicules laissés au col du Rousset. Donc repos à l’ombre pendant que les chauffeurs retournent chercher les voitures. En fin d’après-midi la chaleur est plus supportable, on part pour une courte balade jusqu’au belvédère proprement-dit, qui nous offre une vue sur tout le chemin parcouru pendant la semaine.

On dresse la table en plein milieu du parking pour un dernier souper en commun et un bivouac un peu à l’arrache dans les herbes alentour.

Merci à toute l’équipe qui a été fantastique d’efficacité, d’entraide et de bienveillance malgré les étapes longues et parfois éprouvantes.

La Diagonale des Alpes se poursuit dans le Vercors… et l’an prochain jusqu’au mont Blanc, à suivre donc...