Diagonale Haut Giffre du 15 au 22 août 2026
Le Haut-Giffre, une vallée aux belles histoires
Pour ce début de séjour du Haut-Giffre, en ce samedi 15 août, nos 4 passager.es sont en forme : Jean-Jo et Hugo, ainsi que Nathalie et Evelyne. Tout le monde fait connaissance sous le marabout qui protège le groupe de la pluie. Et oui, on sort à peine d’une canicule, ailleurs les champs sont grillés par le soleil, et nous voilà, en Haute-Savoie, sous les gouttes, entourés de prairies verdoyantes… Et fort bien accueillis avec quelques bouteilles qualifiées de "rafraîchissements"… 5 nouveaux accompagnateurs ont le regard interrogateur des premiers instants, tous fort curieux de ce qui les attend. D’autres se connaissent déjà, ont plaisir à se retrouver, ne sachant plus très bien sur quel séjour ils se sont rencontrés. D’emblée, ça rigole.
J1- Dimanche 16 août 2026
Pour ce premier jour tout le monde devrait être prêt à 7h30. On s’attendait à un départ sur les chapeaux de roues, chaussures lacées, tous bien crémés, hydratés et chapeautés.
Que nenni… Tout d’abord, 1h00 de briefing sur le maniement de la joëlette, à l’ombre des montagnes.
8h30 : nous voilà enfin « experts théoriques » en joëlette, il est temps de passer à la pratique au milieu de très beaux chemins escarpés nous menant au "Bout du Monde" (Cirque de Sixt-Fer-à-Cheval). Mais à nouveau, que nenni … La météo et les risques de coulées de boues nous empêchent d’accéder à ce site magnifique.
Nous voici donc sur les routes goudronnées puis dans les champs d’herbes diverses où nos 5 nouveaux accompagnateurs font leurs premiers pas, à l’avant ou à l’arrière d’une joëlette. Les traditions sont respectées : pause graines* et, pour le déjeuner, préparée par Yves et sortie des bidons, une délicieuse salade de pâtes fort bien assaisonnée.
Suit un nouveau départ pour une virée un peu plus difficile, mais une pluie insidieuse freine l’entrain de la troupe. Retour au campement avec projet spontané de nous diriger immédiatement vers le très beau site des Cascades du Rouget où nous trouvons enfin un parcours un peu plus aventureux, avec des marches à passer, des parades à l’accoudoir et des rivières à traverser…
*NB : les cacahuètes ça se coupe en 4 avant d’êtres servies...
Jour 2 : lundi 17 août
Réveil dans la brume et l’humidité de notre campement encastré. On prépare les capes de pluie, bien en évidence dans les sacs, et puis on s’engouffre dans les voitures qui nous mènent jusqu’au parking proche du site. De là démarrera notre ascension.
Une fois les joëlettes installées, le groupe s’élance, soudé, dans la pente raide ; ce qui durera la demi-journée.
On slalome entre les flaques d’eau, n’oubliant pas de jeter des coups d’œil aux paysages brumeux du chemin en balcon, avec la vue que l’on distingue à peine. Quelques pauses à l’abri de la végétation, pour souffler et prendre des forces-graines et ça redémarre. Mais la pluie aussi !
On avale un pique-nique express entre 2 averses, à l’abri d’un chalet privé qui nous protège légèrement. La pluie reprend, exactement au moment où nous redémarrons.
Encore 1h de marche et voilà notre splendide refuge pour la nuit : le chalet de Gers, paradis des randonneurs ! Les chaussures trempées sont ôtées sous le porche, sinon interdiction d’entrer ! On s’installe au sec, les enfants courent partout pour découvrir chaque recoin du domaine, les autres s’empressent de faire sécher leurs affaires au coin du feu. Comme d’hab, Olivier "tire les ficelles" pour étaler les duvets qui sont tout trempés : drôles de stalagmites !
La promenade au lac est remplacée par des jeux de cartes ou de dés pour certains, d’autres se vautrent sur le canapé près de la cuisinière dont la chaleur nous réconforte, d’autres encore rejoignent la grande table conviviale, il y en a pour tous les goûts.
Les plus courageux iront visiter le lac une fois les averses passées, puis le dîner se déguste autour de l’immense table fort animée, avant de retrouver son matelas douillet dans le dortoir bien chauffé.
Jour 3 : mardi 18 août
Réveil dans notre confortable chalet, près du refuge de Gers. La nuit au sec a fait son effet et semble avoir profité à tout le monde. Après le petit déj et la remise en état des lieux, départ pour une journée qui s’annonce plus costaude que celle d’hier, mais moins ardue que celle de demain.
L’effort commence rapidement avec une montée pas encore très musclée mais constante et longue. Les cordes sont en place sur toutes les joëlettes. La pause graine est bienvenue, puis l’ascension reprend. Tout à coup, dans un passage un peu plus technique, Olivier qui est dans les brancards de la voiture de tête déclare : “Bon, on arrête tout, demi-tour.”
Toute l’équipe est prise au dépourvu, surtout après les propos positifs, assurés, et encourageants prononcés la veille au soir par le guide. L’explication est donnée rapidement :
“Ce groupe n’a pas le niveau physique et technique pour mener à bien et en sécurité le programme des jours à venir”.
Le retour au chalet se fait dans la frustration. Les sacs sont posés à l’intérieur et le groupe se dirige vers le lac du refuge de Gers pour y déjeuner. Nous y mangeons à 14:45.
Olivier et Caroline se concertent puis annoncent le retour au point d’accueil des jeunes où nous avons passé les premières nuits. Tout le monde est interloqué, cela appelle des explications. Les deux guides proposent une réunion d’information de ce qu’est un séjour en montagne et profitent de l’occasion pour exposer les buts de HCE. La tension s’apaise.
Pour la suite, Olivier et Caroline ont décidé de passer une journée tranquille mercredi pendant laquelle Olivier cherchera un lieu d’hébergement et un programme pour jeudi et vendredi, journées qui, à en croire la météo, seront pluvieuses.
Yves et Vincent partent chercher la nourriture laissée au refuge et prévue pour le repas du soir, tandis que le reste du groupe descend vers le parking depuis lequel nous reprenons les voitures en direction du lieu de bivouac quitté la veille.
L’ensemble du groupe se retrouve tard, le marabout et le teepee sont montés rapidement, de même que les tables pour le dîner. Yves, notre intendant, reste étrangement mystérieux sur les consignes de préparation du repas. Et pour cause : ce sont finalement une quinzaine de pizzas chaudes (achetées) qui sortent du camion, complétées par de la noix de jambon fumé, du fromage et de la compote. Sourires.
Cette nourriture, inattendue et abondante, fait du bien à toute l’équipe, qui s’endort tard, encore troublée par la décision et les échanges de la journée.
Jour 4 : mercredi 19 août
Quelle magnifique journée ensoleillée passée aux côtés de Franck Miramand, animateur de la réserve naturelle de Sixt-Fer-à-Cheval, au cœur du plus grand cirque des Alpes !
Aussi grandiose qu’impressionnant, notre joyeuse troupe s’est aventurée dans cet immense amphithéâtre de calcaire. Entre falaises vertigineuses, cascades majestueuses et découverte de la faune locale, chaque pas nous a offert son lot d’émerveillement.
Quel bonheur d’observer, à la longue-vue, deux bouquetins perchés sur une paroi abrupte ! Et quelle surprise de découvrir le célèbre « Tyrex des Alpes », disparu il y a quelques millions d’années et… réintroduit ce 19 août !
Pour les plus courageux, la journée s’est poursuivie par un plongeon dans une eau à seulement 8 °C : de quoi bien se rafraîchir !
Enfin, la soirée a été l’occasion de dévoiler le fameux jeu Tac Tik, dans une ambiance conviviale et pleine de rires.
Encore une journée absolument incroyable, où effort, découverte, émotion et bonne humeur se sont parfaitement mêlés !
Jour 5 : jeudi 20 août
Topo d’Olivier du mercredi soir : la journée du jeudi s’annonce mal avec une météo très médiocre. Malgré ces prévisions, l’équipe se lance dans une mini expédition : 10h, nous prenons les voitures présidentielles pour rejoindre le Col de Joux Plane. De là nous partons sous une pluie fine avec nos 4 carrosses à une roue vers le col de la Bourgeoise. Là-haut, petit miracle, une éclaircie nous offre un panorama exceptionnel. Quelques nuages rebelles nous empêchent de voir Sa Majesté le Mont-Blanc mais les couleurs et la luminosité sont splendides.
Nous repartons ensuite affronter une bavante (synonyme de montée raide pour Olivier) pour ensuite pique-niquer. Cette fois-ci pas de cadeau de miss météo : nous déjeunons sous la pluie confinés sous un tarp. Micro sieste puis nous redescendons au parking après un petit tour de lac.
De retour à l’école, certains partent défier les eaux glacées du Giffre pour une toilette (avec au passage un plongeon spectaculaire de Jean-Jo) et d’autres se lancent dans un tournoi de Tak Tik sous une tension insoutenable.
Jour 6 : vendredi 21 août
Ce vendredi matin, il pleut. Nous sommes restés au chaud, dans l’école. Nous allons passer cet épisode pluvieux autour de différents jeux : "Mouton Mouton", TacTik et d’autres encore. Si la belle météo n’est pas au rendez-vous, la bonne humeur et la convivialité n’ont pas manqué.
Ce matin donc, la situation se prête tout à fait pour entendre un topo sur l’association Handi Cap Évasion. Nos deux AEM - Olivier et Caroline - ne ménagent pas leur peine pour expliquer au groupe son but et son fonctionnement : de nombreux bénévoles s’activent pour proposer des séjours en montagne adaptés aux personnes handicapées, sans négliger l’aspect sportif qui va pimenter les parcours. Les nouveaux accompagnateurs devront s’initier au maniement de la joëlette, et forts de leur expérience acquise, après quelques séjours, ils pourront composer ce curieux attelage, joyeux et performant qui feront bondir (de joie !) les passagers. Attention ! Ceinture obligatoire !
Cette expérience du renoncement à un projet a permis d’évoquer des propositions de modifications quant à la composition d’une équipe : vaste sujet !
Puis un petit temps de battement durant lequel les compétiteurs de jeux ont pu désigner "le plus grand gagnant au Tac-Tik du séjour". Cette compète-là, on ne l’avait jamais osée !
Dans l’après-midi, encore et toujours, des averses. La rivière – le Giffre – a monté en volume. Elle charrie de la boue, sa couleur a viré au gris, on dirait qu’elle est devenue grasse. La vallée est comblée par l’eau de toutes les cascades qui descend en force et gonfle ruisseaux et rivières. Certains d’entre nous sont allés faire une promenade afin de profiter du bon air frais (et humide) de la montagne.
En fin de journée, le groupe a eu la chance d’assister à une conférence proposée par le Centre Nature, en la personne de Franck, présentation érudite de la vallée autour d’une très belle maquette en volume. L’un de ses stagiaires présente ensuite un diaporama de la flore et de la faune de la région.
Retour à l’école où le ballet des rangements s’organise : rassembler les ustensiles de cuisine, veiller au rangement et au nettoyage de tout ce qui peut l’être avant la nuit.
Un dernier rituel : le "Tour de table" par ceux qui souhaitent s’exprimer. C’est presque un Tour de France, avec l’intervention de Fred et son ode à l’association. Chaque lettre génère une observation, un compliment. C’est plein d’une poésie sensible qui a séduit le groupe et tous ceux qui, alentour, ont concouru au bien-être de tous.
Demain, c’est le départ. A bientôt sur d’autres chemins.
REMERCIEMENTS
Les communes et commerçants de la vallée du Haut Giffre ont contribué au bon fonctionnement de ce séjour.
Nous remercions particulièrement :
– La Commune de Sixt-Fer à Cheval pour la mise à disposition gracieuse du campement Point Accueil Jeune du Pont de Sales ainsi que des locaux de l’école les jours d’intempéries.
– La commune de Morillon pour la mise à disposition gracieuse de son chalet au Lac de Gers.
– La boulangerie BIOPAIN à Sixt, la Brasserie du Giffre à Verchaix et Nicolas, maraîcher à Samoëns pour leurs dons alimentaires généreux.






























