Carnet de voyage – Corse en joëlettes

22 septembre Reportages

Jour 1 – Premiers regards et chant corse
16h, gare de Marseille : tout le monde débarque avec ses sacs, ses sourires un peu timides et ses gros yeux curieux. C’est le moment des premières poignées de main, des « ah, c’est donc toi ! » et des regards qui essaient déjà de deviner qui sera le plus bavard, qui sera le plus costaud pour pousser la joëlette, et qui chantera le plus faux le soir autour du bivouac.
Direction le port en minibus : on se tasse, on rit, on commence à sentir que ça y est, l’aventure est lancée. Le pique-nique sur le pont du bateau ressemble déjà à un petit banquet préparé par Céline, notre intendante. La nuit file doucement… jusqu’à ce qu’à 6h du matin, un chant corse surgisse du haut-parleur. Certains ont trouvé ça magique, d’autres auraient préféré attendre le café. Mais le ton était donné : bienvenue en Corse !

Jour 2 – Cochons gourmands et canapé forestier
À peine débarqués, direction la plage pour un petit-déjeuner les pieds dans le sable. Rien que ça. C’est le temps du tour de table où chacun se présente.
Puis, transfert vers le point de départ de la randonnée. Pause pique-nique entourés de cochons corses, qui lorgnent sur notre repas mais n’ont pas la chance de goûter aux merveilles de notre intendante (et croyez-moi, ils ont raté quelque chose).

Ensuite, mise en jambes : une piste qui grimpe, qui chauffe les mollets et teste les épaules des accompagnateurs. Mais la récompense est là : premier bivouac à 1 400 mètres d’altitude, sous un abri forestier… équipé d’un canapé sorti de nulle part. Un vrai luxe ! Et premier dodo à la belle étoile, le ciel corse comme couverture.

Jour 3 – Pins, châtaignes et Evisa
Le réveil au milieu des montagnes, c’est déjà une victoire. Après une bonne nuit à la belle étoile, on attaque la descente sur le sentier du patrimoine.
Les joëlettes roulent tant bien que mal, on transpire, les handi-marchants profitent du paysage et encouragent, chacun trouve son rythme. Traversée d’immenses forêts de pins et de châtaigniers, un parfum de Corse à chaque pas. L’arrivée à Evisa est une petite fête : le camping nous attend, avec l’odeur des pins et la promesse d’un vrai repos.

Jour 4 – Gorges, éboulement et anguille-surprise
Le départ du camping commence fort : on nous annonce que le sentier des Gorges de Spelunca est… fermé par arrêté préfectoral. Un éboulement. La montagne nous teste déjà. Qu’à cela ne tienne ! On embarque tout le monde dans des véhicules pour rejoindre Ôta et retrouver la trace, version détournée.
Le chemin qui s’offre à nous est un ancien sentier muletier, chargé d’histoire et de pierres qui roulent sous les semelles. Pause pique-nique au bord de piscines naturelles, baignade pour certains, plongeon involontaire pour d’autres… et rencontre avec une anguille qui, évidemment, finit inscrite au menu du jour, ne serait-ce qu’en blague. Les rires fusent, surtout grâce au duo officiel du fou rire. Retour en sens inverse, rythme soutenu : les mollets chauffent, les épaules tirent, mais quelle journée !

Jour 5 – Calanques, virages et pomme de pin rebelle
Départ du camping de Porto, direction le village de Piana. Là, une « disparition » de joëlette est signalée… mais en fait, une partie de l’équipe avait simplement trouvé un « ravito » au bar du coin. Classique !
La route qui longe les calanques est une merveille : falaises, virages serrés, et ce fameux rocher en forme de cœur qui arrache un « wahou » collectif. Mais la star du jour reste… une pomme de pin maritime. Oui, une simple pomme de pin a réussi à bloquer une joëlette, malgré les renforts. Comme quoi, la nature sait se défendre. La journée se termine sous une éclipse de lune : spectacle garanti et presque mystique.

Jour 6 – Calvi, plage et mante religieuse artiste
Transfert en longeant la mer : la Méditerranée scintille, impossible de résister. Pause baignade improvisée : une mise à l’eau joyeuse orchestrée par l’équipe, sous les applaudissements du reste du groupe.
Arrivée à Calvi : visite de la citadelle, ruelles escarpées, soleil écrasant, et même un accompagnateur de montagne qui finit… désorienté en pleine ville. Comme quoi, même les pros peuvent perdre le nord.
Cerise sur le gâteau : rencontre avec une mante religieuse. Mais pas n’importe laquelle : une véritable artiste, qui semble poser rien que pour nous. La Corse, terre de surprises.

Jour 7 – Traversée des Agriates et batailles d’eau
On attaque le désert des Agriates. Du sable, du soleil, des joëlettes qui grincent et qui secouent. Mais au bout, une récompense qui vaut tous les efforts : une plage paradisiaque, digne d’une carte postale.

Baignade collective… et bataille aquatique improvisée : certains réussissent à en couler d’autres dans une ambiance de franche rigolade. Tout le monde rit, éclaboussé et heureux.
Le soir, surprise : c’est l’anniversaire de Céline ! Bougies, fête improvisée, et une ambiance qui réchauffe le cœur autant que le soleil de Corse.

Jour 8 – Saleccia et nuit au bord de l’eau
Matinée tranquille au camping, les pieds dans le sable, les yeux rivés sur l’horizon. Descente ensuite vers la plage de Saleccia : piste poussiéreuse, soleil de plomb, mais quelle arrivée ! Un pique-nique les pieds dans l’eau, puis une nuit magique au bord de la mer. Les vagues en berceuse, le sable en matelas.

Jour 9 – Lotus, incendie et café en terrasse
Réveil sportif : baignade matinale pour les plus courageux, encouragés depuis la serviette par les autres.
Le sentier des douaniers était prévu, mais le risque d’incendie nous oblige à revoir le programme. Pas grave : on invente une journée plage, jeux, pique-nique et même café en terrasse. Parce que oui, l’aventure, c’est aussi savoir improviser.

L’après-midi, promenade de rêve sur la plage du Lotu, eau turquoise, sable blanc : une heure et demie de pur bonheur.

Jour 10 – Le vrai sentier des douaniers
Cette fois, c’est la bonne : départ du camping, direction le fameux sentier des douaniers. Entre passages techniques et portions ludiques, chacun trouve son compte : sport pour les uns, rigolade pour les autres.

Pause baignade dans des criques splendides : eau claire, ciel bleu, un décor digne d’un film… mais sans figurants, rien que nous.

Jour 11 – Tour de table et émotions
Dernier jour. On se retrouve tous pour un grand tour de table, rempli d’émotions, de rires et parfois même de larmes discrètes. Chacun reçoit son surnom, clin d’œil à sa personnalité ou à ses exploits de la semaine :

• le maître du jeu, Salvatore 
• la force tranquille, Yann
• la pipelette, Pauline
• la sirène, Delphine 
• le philosophe, Fred
• la princesse, Sabine 
• Céline, Notre « Paul BOCUSE » d’HCE
• le fonceur, Stéphane
• l’arroseur arrosé… Valentin
et tous les autres, unis par une aventure qui restera gravée dans les cœurs : Claire, Vincent, Jacques, Éric, Charlotte, Philippe, Christian, Benoit, Florence, Manon, Pascale et Marie.

Manon