Cap Corse du 03 au 14 juin 2026

22 septembre Reportages

L’équipe se retrouve en gare de Marseille Saint Charles. Comme d’habitude, nous venons des quatre coins de la France et certains ont fait des énormes trajets !
Henri manque à l’appel. On le cherche partout dans le hall, sur le parvis… On apprend qu’il s’est trompé de jour au moment critique du départ ! Dominique et Denis restent sur place pour le récupérer le lendemain et faire la traversée avec 24h de retard… Les imprévus sont déjà au rendez-vous.
Embarcation sur le majestueux ferry rouge, discussions, rires et sourires. L’équipe apprend à se connaître sur le pont. La côte défile. Le soleil rouge embrasse la mer.

Jour 2 : Débarquement en Corse
Arrivés à Bastia, nous rejoignons Mato, Sahel et Olive qui nous attendent non loin de Saint Florent. Au programme aujourd’hui, baignade dans la mer chaude et transfert jusqu’à notre lieu de campement à Albo, où nous resterons 3 nuits à la suite. Une première virée en joëlette de deux heures autour du camp permet à chacun de reprendre ses marques.

Le camp à la marina d’Albo c’est : le bruit des vagues au loin, le croassement des grenouilles, l’odeur des tamaris et du maquis, nos rires qui fusent à travers l’espace, la poussière qui noircie nos affaires…
Jour 3 : Olcani - Albo
Lever 6h30 bon pied bon œil ! Ce coup-ci, on y va vraiment ! Transfert en camion sur la commune d’Olcani puis descente avec superbe vue sur la mer turquoise jusqu’à une petite chapelle sous Nonza. Pas un jour ne s’écoulera sans que nous voyions l’immensité salée ! Retour à la marina d’Albo en longeant une plage de galets belle et infame (la roue de la joëlette s’enfonce désespérément).

Jour 4 : Olmeta - Nonza
Transfert camion jusqu’au village d’Olmeta. Puis chemin technique jusqu’à Nonza. Nous visitons la Tour Génoise et les touristes nous applaudissent quand nous y arrivons (après une cinquantaine de marches). Puis glaces et baignade en eau douce !

Jour 5 : U Cuventu – Monte Zuccarellu
Ce matin, on lève le camp car ce soir « bivouac » ! Super petit déjeuner en bord de mer. Puis transfert jusqu’au gîte de Sénèque, près du Col de Santa Lucia. Nous remontons les joëlettes, chargeons les passagers et GO ! Nous évoluons dans une chênaie verte criblée de murs en pierres sèches. Il y en a absolument partout. Une montée raide au soleil nous conduit jusqu’à notre lieu de camping sauvage, lieu-dit Monte Zuccarellu, à 673m d’altitude. La camion HCE est là. Nous voyons la mer des deux côtés. La soirée se déroule dans une ambiance irréelle face à un paysage somptueusement magnifique.

Jour 6 : Monte Zuccarellu – Camping Isoluttu
Descente extrêmement technique jusqu’au dispensaire U Cuventu où nous avions laissé les camions. Repas de midi au Golfe Alisu puis baignade bien méritée. Nous rejoignons le camping d’Isoluttu via un superbe chemin à flanc de falaise. Enfin une vraie douche à l’horizon !

Jour 7 : Grotta Alle Piane et Centuri
Transfert jusqu’au magnifique village de Cannelle. Visite des anciennes bergeries troglodytes Grotta Alle Piane, perdues au milieu d’un maquis peu accueillant, à se demander si les brebis n’ont pas une bouche alien pour consommer ces végétaux. Nous mangeons, protégés de la chaleur à Cannelle près d’une petite chapelle avec un bassin. L’après-midi est consacré à la visite du port de Centuri et à une dégustation de glaces.

Jour 8 : Col de la Serra – Paillotte d’Obe
Rangement du camp et transfert jusqu’au Col de la Serra. Séance photos près du moulin de Mattei avec un vent à décorner les bœufs. Puis descente en joëlette jusqu’au village de Tollare. Le chemin côtier nous mène jusqu’à Barcaggio, où une soirée un peu festive est prévue à la paillotte d’Obe.

Jour 9 : Barcaggio - Macinaggio
De bon matin, après la soirée un peu agitée : « On part dans 5 min ! », crie Aurélien. 10 min plus tard : « On part dans 5 min », crie Aurélien. 15 min plus tard « On part dans 5 min », crie Aurélien. Bon, on finit par partir à un moment. Montée raide dans le maquis. On récupère le sentier des douaniers. Le paysage s’ouvre sur des reliefs moins accidentés. Repas à une jolie chapelle, grosse grosse sieste puis direction le camping de Macinaggio. Une vraie douche à l’horizon ! Et une île flottante maison délicieuse pour l’anniversaire de Dominique… Merci à Grégoire !

Jour 10 : Olivio – Terrain de Marilyne
Transfert jusqu’au village d’Olivio où le soleil tape déjà fort. Petit parcours jusqu’à l’ancien couvent de Saint François puis descente sympathique jusqu’à la plage de Macinaggio. Baignade et boutiques occuperont notre après-midi. Le soir, nous dormons sur le terrain d’une amie à Olive, Marilyne. Un petit coin de paradis près d’une rivière.

Jour 11 : Plage de Pietracorbara et embarquement
Dernier jour en Corse ! Rangement du campement. Inventaire des malles d’intendance. Rangement des camions. Bref. Transfert véhicule puis parcours varié et sympa le long d’une rivière. Nous mangeons sur la plage de Pietracorbara. Dernière baignade puis départ vers Bastia où Stéphane nous attend pour récupérer les camions qui restent en Corse pour le prochain séjour. Nous faisons nos "au revoir" à Sahel, Olive et Denis.
Et c’est parti pour le retour sur le continent ! Un magnifique coucher de soleil avec saut de dauphins en prime, met un point final grandiose à notre dernière soirée ensemble. Le lendemain, la troupe se sépare petit à petit à la gare.

Témoignage de Sabine, handicapée marchante non voyante :
Sabine a complètement perdu la vue. Elle ne perçoit pas les variations de lumière entre le jour et la nuit. Nous lui laissons ici la parole pour raconter avec ses mots les souvenirs qu’elle garde du séjour.
« Pour moi le séjour en Corse c’est le chant des oiseaux qui annonce le lever du soleil. Le bruit des casseroles m’indique que c’est le moment de me lever. Le petit déjeuner me chatouille les narines avec les odeurs de café et de chocolat chaud.
Quand on se met à marcher, mes pieds scannent le terrain : est-ce mou ? Dur ? Accidenté ? Mes autres sens m’aident aussi à appréhender mon environnement. Est-ce que la végétation me touche ? Il y a-t-il de l’ombre ? Une paroi ou une haie sur le côté ? Quels sont les bruits de fond ?
Sur les chemins, les odeurs d’immortelle, de myrte et de romarin m’entourent. Je sais que je suis en Corse, dans le maquis !
Mon ventre gargouille, c’est l’heure du repas ou du goûter non ?
Je reconnais les gens à leur voix ou à leur rire. Chacun a sa propre caractéristique. Surtout le rire de Grégoire, la voie rauque de Manon ou celle sautillante de Laura.
La fraîcheur annonce la fin de journée, ainsi que le chant des grillons et du Petit Duc. Les ronflements m’indiquent que tout le monde dort.
Et s’il y a trop de vent, mes sens sont saturés, la journée est moins agréable ! »

Témoignage de Christine, passagère joëlette, 70 ans :
« Bien sympa. J’ai été contente de découvrir le Cap Corse. J’en ai bien profité. Les moustiques m’ont laissé tranquille, par contre on a trouvé des chenilles écrasées dans le duvet ! C’était bien d’avoir pu dormir à la belle étoile toutes les nuits, et de bien dormir. »

Pour conclure, on peut dire que la vie, c’est comme la joëlette. On cherche notre point d’équilibre en permanence. Et le moindre gravier ou changement de pente nous déstabilise. Tout l’art réside alors à, non pas retrouver l’équilibre, mais explorer ce qui nous sort de notre zone de confort. Pour mieux se connaître. Pour mieux s’ouvrir au monde et aux autres. Apprendre à se faire confiance et à lâcher prise. Une force est naît de notre groupe. Une bulle d’amour et d’amitié qui donne des ailes. Qui donne une force tellement grande. Qui nous dépasse et nous emporte. Et ce qui est formidable, c’est que cette tornade d’émotions et d’énergie, nous pouvons le transmettre autour de nous. A nos proches. Donner. Recevoir. Se construire en lien avec les autres et la nature. Se construire en croyant à nos rêves et en permettant à d’autres d’atteindre les leurs.