Autour des marais de Longpré-les-Corps-Saints, samedi 27 septembre 2025

23 octobre Antenne de Picardie

Samedi 27 septembre 2025, le rendez-vous était fixé à 9h30 à la Maison des Marais de Longpré-les-Corps-Saints pour une bonne journée de randonnée en joëlette.

L’organisation de notre petite troupe aurait fait rougir une agence de voyages.
D’abord le lieu : un magnifique espace naturel principalement constitué de marais dans la vallée de la Somme, idéalement situé entre Abbeville et Amiens. Un véritable petit paradis à la croisée des chemins, à 30 min d’Amiens, 1h50 de Lille, du Havre et d’un village de l’Aisne, 1h30 depuis l’Oise. Et ça tombe bien, parce que nous avions de téméraires accompagnateurs provenant de tous ces lieux.

Ensuite, la météo : après deux heures à rouler (depuis la Normandie) parmi les nappes de brouillard, nous commencions à redouter une randonnée dans la purée de poix ! C’est sans compter la présence de deux jeunes retraitées locales, Laurence et Nadine, qui habitent… Poix-de-Picardie. Le comble… Et finalement, rien de tout cela. Nous laissâmes les dernières notes de blancheur derrière nous, à moins de 2km du lieu de rendez-vous, où un timide soleil de début d’automne nous attendait sagement.

Enfin, l’équipage : de vrais petits anges rayonnants et de très bonne humeur ! Grands débutants à la joëlette ou adeptes de longue date, il y en avait pour tout le monde.

Après avoir sorti les deux joëlettes lauréates de ce jour de la petite voiture de Marie-Poppins… euh Marie-Cécile, il fallut les remonter de A à Z. C’étaient des joëlettes d’ancienne génération. Autant dire qu’on partait avec un boulet au pied. Malgré tout, le génie de Céline, Louise et Marie-Cécile, venu à bout des innombrables goupilles en tous sens, a permis de mettre tout ce bazar sur pieds… euh sur roues.

Ni une, ni deux, nous voilà partis sur la petite route longeant la voie ferrée, avec nos deux passagères joëlettes Yolande et Marie-Michelle. C’est Viviane qui faisait le GPS. La joëlette de Yolande a pris la poudre d’escampette !

À l’arrière, c’était le cafouillage pour régler les brancards à la bonne hauteur. Nous avions trois options : soit les brancards étaient à la bonne hauteur derrière, mais trop hauts pour l’accompagnateur à l’avant, soit ils étaient à la bonne hauteur pour l’accompagnateur à l’avant mais trop hauts pour celui de derrière, ou alors ils étaient à peu près bien pour les deux accompagnateurs, mais c’est Marie-Michelle qui penchait dangereusement en avant. Finalement, c’est celui de devant qui a dû s’adapter !

Nous avons emprunté la rue de l’Ancienne Gare, longeant l’Eauette, un petit ruisseau dans un sous-bois. Les couleurs étaient superbes, avec les rayons du soleil qui perçaient entre les arbres environnants. Nous avons pu admirer quelques canards qui barbotaient dans l’eau. Il n’y avait pas un bruit, hormis le bruissement des feuilles et notre brouhaha bien joyeux.

Nous ralliâmes alors une piste longeant la Somme. Le soleil commençant à bien grimper, nous commencions à avoir chaud. Régulièrement, un groupe de vélos nous contournait avant de disparaître au loin.

Au détour d’un massif forestier sur notre gauche apparut un grand étang, sur lequel de nombreux canards barbotaient paisiblement. Un peu trop d’ailleurs. Ils étaient particulièrement sages, ces canards. Si bien que nous nous arrêtâmes pour nous assurer qu’ils étaient bien vivants… Il était difficile d’être certain avec la distance depuis laquelle nous les observions. Mais il nous a fallu nous résoudre à admettre la triste réalité. Hormis trois ou quatre canards qui piaillaient dans une cage au bord de l’étang, tous n’étaient que de simples statuettes flottant au gré du vent. Ils sont appelés des appelants. Cette région est connue pour la chasse aux canards, dans les marais ou en baie de Somme.

Après une rapide bifurcation vers le sentier « Les Dix », notre petite troupe d’aventuriers longea quelques cannes à pêche qui ne risquaient pas d’attraper grand-chose avant un petit bout de temps du fait de notre discussion animée. Un premier croisement sur la droite nous fit arrêter. Mais grâce à Super Viviane, la pause n’a été que de courte durée. Sans plus attendre, Marie-Cécile a pris les devants dans le chemin « Les Prés du Chapitre », disparaissant bientôt derrière le virage. Ils sont quand même franchement étranges ces noms de chemins.

La deuxième joëlette a enfin rattrapé les fuyards à l’intersection suivante. C’est-à-dire qu’ils étaient éreintés ! Sans plus attendre, deux ou trois sacs de graines ou de gâteaux circulèrent. Les bonnes occasions de manger ne se refusant pas, nous avons jeté l’ancre et béquillé nos passagers.

Les sachets fruits rouges, ce n’est pas la tasse de thé de Marie-Cécile. Finalement, le sachet caramel a fait plusieurs tasses. Mais quand on parvient à la 12ème infusion, l’eau est moins trouble. C’est alors que deux femmes se promenaient avec leurs chevaux, et firent escale dans notre havre de paix, sous l’arbre. Marie-Cécile s’est retrouvée à tenir les rênes d’un des chevaux pendant que Yolande, depuis sa joëlette, pouvait caresser l’autre. Très chouette moment !

Viviane ne tarda pas à nous laisser entendre que le pique-nique nous filerait sous le nez si l’on ne se remettait pas en route rapidement. Oh non ! Vite vite vite !! Nous suivions notre guide en direction du Paradis, avant de prendre un ponton en bois sur la gauche et d’avancer entre la végétation haute. Nous revoilà partis sur les chapeaux de roues, prenant quand même le temps de s’arrêter sur le petit pont suivant pour tenter de lancer Marie-Michelle par-dessus bord. Cependant, la voix de la raison l’a emporté sur notre fougue. En trois minutes, nous passâmes d’un environnement marécageux et verdoyant à la route « Chau. du Catelet ». Nous tournâmes à droite, puis à la prochaine à gauche, sur une piste de petits cailloux blancs. Et après… eh bien après… j’étais complètement perdu. J’ai suivi le groupe.

Nous avons longé le chemin « Le Village », et un peu plus loin, la Somme est apparue devant nous. Une table de pique-nique en bois nous attendait au bord de l’étang, à deux pas du chemin. La pause était bien agréable. Toutefois, le soleil choisit cet instant pour disparaître sous un voile de nuages gris clair. Le petit pull n’était pas de trop ! Le repas était ornementé de discussions animées en tous sens. Il fallut attendre Nathan, bon dernier à finir sa platée. Les gâteaux confectionnés par Marie-Michelle, Jean-Michel et Viviane étaient très bons pour le dessert.

Nous voilà repartis sur le chemin de halage pour le chapitre deux. Céline était ravie de retrouver les écluses qu’elle avait longées au cours d’une randonnée précédente, et ainsi agrémenter de celui-ci son panel de parcours de randonnées pour de nouvelles aventures. Au bord du pont de la rue du 8 Mai, elle s’interrogea sur le nom d’une plante aromatique. C’est Jacqueline et Marie-Cécile qui ont pu satisfaire sa curiosité en véritables puits de connaissances.

Nous avançâmes toujours avec conviction dans la rue de la Chasse à Vaches, où une voiture de chasseur nous dépassa. Laurence nota que l’homme semblait plus avachi dans son canapé à siroter sa bière que de conduire son véhicule.
Alors que Jacqueline se voyait déjà installer ses valises dans le joli camping de La Peupleraie, nous contournions la centrale hydroélectrique avant de reprendre le chemin de halage.

Le temps passe vite quand on s’amuse. Bientôt, nous empruntions un petit single entre les arbres sur notre droite. Nous avons bien rigolé devant les joëlettes à canards, simples brouettes avec une structure grillagée, véritables vestiges de nombreuses utilisations dues à la chasse régulière. Continuant sur le chemin, nous étions pris en étau entre l’étang des Provisions et le Grand Marais. Les moustiques environnants nous rappelèrent que trop bien que nous longions un marais. Mais ce ne fut que de courte durée. Le chemin aboutit à deux pas de l’arbre où nous avions vu les chevaux, le matin même.

Nous reconnûmes les lieux, à notre grand soulagement. Viviane ne nous avait pas perdus, nous pourrions rentrer chez nous sains et saufs. Nous couvrîmes les quelques encablures restantes pour rejoindre le parking.

Marie-Michelle et Jean-Michel prirent la route pour assister à leur concert. Le reste de la troupe fit une petite escale à la Maison des Marais, où des fauteuils conçus de palettes recyclées nous attendaient à l’intérieur. Par chance, la Maison des Marais n’était ouverte que jusqu’au lendemain, et la dame de l’accueil nous permit de faire rentrer la joëlette de Yolande à l’intérieur. Nous profitions des derniers instants partagés ensemble, avant que chacun ne reprenne sa propre route.

Cette aventure n’a duré qu’une journée, mais sa richesse en valait bien dix ! Merci à toute la troupe pour ces bons moments et à bientôt pour de nouvelles aventures :D