Vanoise, Petit Mont Blanc du 04 au 11 août 2018

Rubrique: Reportages 15 août 2018

Séjour Vanoise ou ... une semaine propice à la cohésion
Nous sommes le 4 août. Veille de la fête au village de Champagny en Vanoise. Mais jour de fête au camping Le Canada de cette même commune : c’est le début du séjour Vanoise, et il augure d’une bien belle semaine ...

Certains se connaissent, d’autres non. Voici déjà un pèle mêle de prénoms : Kat, Olivier, Christine, David, Amélie, Salvatore, Laurène, Mickaël, Laetitia, Clément, Elodie, Nathan, Karine, Matthieu, Nathalie, Octave, Christine, Charlot, Edith, Antoine, Dominique, et Cyril.

On débute par le commencement : l’apéro. Ya des incontournables. Puis le repas, mais après la corvée d’patates. Matthieu nous présente ensuite le séjour, le programme, les festivités, et ses craintes. Bref, lui, c’est l’Accompagnateur en Montagne, quoi !

Nuit tranquille, un poil arrosée. Nous nous armons de courage de grand matin pour l’objectif de la matinée : la visite de Glacialis, l’unique musée des Alpes sur le thème des ... glaciers, vous l’aurez compris ! C’est parti. Pour 10 mn de joëlettes, histoire de mettre les nouveaux dans le bain progressivement.

Les maquettes en relief aident Isabelle à se repérer. Elle trouve également la poule de Savoie, et c’est pas rien.

Après le cours théorique, vient la mise en application : encore 1h de route puis c’est le repas. Et le séjour peut commencer. Sur le thème du "Qui échappera à l’orage ? ".
Sur le chemin du refuge, nous apercevons les différents éléments liés aux glaciers : les rochers rabotés, le fond de vallée en U, les sommets arrondis, les moraines ... Quoi de mieux pour fixer la mémoire des termes techniques ?
Comment on dit, déjà, quand un glacier se déforme sous son poids mais ne reprend pas sa place ensuite ?



Charlot est fatigué : une partie du bat est semée, pour qu’il puisse parvenir au refuge. Nous partions pour 3 jours, avec 21 personnes. C’est lourd.

Pour s’échapper du parc, il va déjà mieux. Tant pis pour lui, il sera attaché.
Nous mangeons à l’étroit, mais au chaud. Et au sec : dehors, l’orage est là.

Le lendemain, autre refuge. Nous observons au passage le lac asséché des Glières, qui s’est vidé il y a 200 ans cette année.
Puis mangeons au bord d’un lac, pas asséché celui-ci. Riri et Fifi en profitent ... 15 ans pour Octave, 16 pour Nathan, ils ont l’énergie de la jeunesse, ces p’tits !




Ils trouvent même le moyen d’initier Loulou, 18 ans, au ski-chaussure. Pas simple à pratiquer, mais très rigolo à observer ! Même Charlot en est ravi.


Encore une fois, nous battons l’orage de vitesse. Et Charlot est ragaillardi par l’arrivée de 3 copains. Au point qu’il faut, là encore, l’attacher ...

La fin de la boucle nous ramène au Canada. On en voit du pays hein ? Les sentiers sont plus étroits, les p’tits nouveaux découvrent le côté technique du pilotage. Elodie s’éclate dans ses passages. Elle est faite pour les séjours, c’est sûr ! Col de la Grassaz, hop, ça passe ! Certains manifestent, on se demande bien pourquoi …





La fin de la journée est moins réjouissante : le marabout s’est effondré sous le poids de l’eau. Les p’tits, plein d’enthousiasme, tentent de réparer tout ça, en vain.
Qu’à cela ne tienne : l’ossature servira de fil à linge !

3 jours - 3 jours. C’est la structure de ce séjour Vanoise 2018.
Au milieu ? Un transfert. Nous traversons Courchevel. Sa démesure, son béton, ses travaux qui mangent la montagne. Rude, le contraste !

Mais vite, nous nous élevons. Trop vite ? Il fait chaud, il fait lourd. La piste à jeep se déroule, dans toute sa longueur. Les souffles sont courts, le verbe rare.
Ce coup-ci, nous apprécions de perdre la course : la pluie rafraîchit et rince tout ce sel.
Un van garé sur le côté. Une chapelle. Une ferme. Une grosse côte. Un lac. Un refuge impeccable, fermé car son gardien est décédé il y a 3 ans dans une avalanche. Dommage. On monte encore. La pente s’accentue et le sentier devient monotrace. C’est rude. La pluie cesse pour que nous puissions apprécier une pente encore plus raide, plus technique, avec 2 joëlettes plantées dedans :-)

Les âmes vaillantes montent à la rescousse, pendant que les cuites béquillent.
Il faudra monter en deux temps. Isabelle est au bras d’Edith, remplisseuse d’estomacs, loin dans le fond. Quant à Charlot ... Nulle trace. De Cyril non plus, d’ailleurs.

Au col, il faut encore descendre, en restant concentrés. Puis un dernier coup de c. ... et on y est enfin. Les gardiens nous accueillent, un peu sur la réserve : nous les impressionnons a priori.

Pas de Charlot. Tout en récupérant, on se dit qu’il faudrait peut-être aller voir. Nathan, le chamoitagnard, est allé jeter un œil.

Finalement, le clan des 7 part à sa recherche. 6 gars pour porter éventuellement le bestiau, une femme pour les céréales qui font du bien.

Vous vous souvenez du van, au début de la montée qui tue ? Je vous fais un dessin ?
Mortelle, cette seconde montée. Mais il fait moins chaud, et moins nuageux : on en profite quand même pour admirer le paysage.

Le groupe est soudé : le repas est tout de même prêt relativement tôt et l’huile est dans les rouages. La fatigue est là, certes, mais chacun met son mouchoir dessus et plaque un sourire, esquisse une blague, aide son voisin. C’est bien, cette sérénité. C’est ce qu’on recherche, finalement, quand on s’inscrit sur un séjour, non ?


Comme si tout était organisé, le lendemain sera un jour off : 1h30 de joëlette à peine, précédée d’une petite séance de yoga pour déverrouiller les épaules et hop, la pluie s’invite. Pas grave, il est prévu de dormir dans le même refuge le soir. On s’inscrit à divers ateliers : sieste, repos, lecture, jeux de cartes (les perdants gagnent la vaisselle), massages (cours puis pratique, royal ! ) ... la journée aurait pu être longue, mais pas là. Pas avec ce groupe. On en regretterait presque l’arrivée du soir.


Ce qui est fou, c’est qu’on est déjà vendredi, le lendemain. Comment est-ce possible ? Amélie amène une hypothèse : "Ce n’est pas une question de relief si tout semple tout à coup bien plat... Que de belles rencontres, de moments forts, de partage, de rires, (euh de bières et autres breuvages du randonneur convivial aussi !), de beauté, de beauté évidente qui éclaire la Vie". C’est l’effet que ça nous fait, quand nous retrouvons notre chez nous. Le blues post-séjour. Car jeudi soir, nous étions quasi tous conscients que cette semaine était d’ores et déjà au top.

Mais vendredi, c’était aussi ... Jour de sommet ! Et quel sommet ! Le Petit Mont Blanc. Rien que ça.

On retrouve les pistes à jeep, bien sûr, ne changeons pas une technique qui gagne. A la ferme (celle entre la chapelle et la côte qui tue, vous vous souvenez ? ), nous bifurquons vers le défi. Il est là-haut. Il est blanc. De gypse et de nuages. Il va et vient. Mais il est là.

Nous montons groupés. Parce que c’est important. C’est LE sommet. Un dernier col avant l’ascension finale. On change prudemment les équipes, les pilotes : il faut être concentré pour ces lacets, c’est maintenant qu’il faut savoir laisser la main.
Certains posent leurs sacs, d’autres leurs cerveaux. Il faut monter, il FAUT faire le sommet.
Charlot nous attend, puisque c’est un aller-retour. Edith retourne au camion. Elle fera le transfert et les courses pour le repas du soir. Le gaz, par exemple, ça peut être utile non ?

Et c’est parti. Les jambes sont lourdes. Les techniques testées. Rentrer dans les brancards, tourner, parler, souffler, s’écouter. Rattraper, parader (de "faire la parade", hein, on ne défile pas ! ), se laisser aider.

Et puis d’un coup, alors qu’on a encore la tête dans les brancards, on y est ! 1 puis 2 puis 3 et 4 joëlettes. Salvatore, Elodie, Nathalie, Karine. On est tous autour de vous. On est tous avec vous. On est tous ENSEMBLE. Qui d’entre nous, les valides, aurait fait ce sommet, s’il n’y avait pas eu les joëlettes ? Pas moi en tous cas. Et l’émotion, comme rarement, me prend à la gorge. C’est beau ce que nous avons fait. Ce coup-ci, les observateurs ont raison. Ce coup-ci, tout le monde est allé chercher au fond de soi pour réussir. Ensemble. Et ça, ça se vit. Pleinement. Ça se savoure. Bon OK, ça permet aussi de récupérer !




Puis il faut descendre. Encore cette course à l’orage. Il commence à faire faim, en plus. La pratique technique est vite avalée. Nous sommes maintenant aguerris. Et Matthieu nous a prévenus : devant nous, 1000m de D-. C’est pas rien. Ça casse les jambes. Ça use la concentration. Surtout en fin de semaine.

Nous sommes prêts. Nous ne plaisantons pas. Nous restons concentrés, attentifs. Les parades sont là. Les pilotes qui se savent frais et dispo (bon, autant qu’on peut l’être hein !) sont aux manettes. Et en effet, ça roule.

Mais ...

C’est sans compter la météo ... Il a beaucoup plu. Beaucoup. Le terrain est fragile.
Un pied sous le talus, la terre qui cède ...

La suite en images ...







Laurène termine avec un genou en vrac, ligaments croisés. Elle a tout de même vanté HCE dans l’hélicoptère puis à l’hôpital. Et peut-être recruté un médecin pour l’an prochain.
Pour nous remettre du baume au coeur et nous changer les idées, la Patrouille de France se dévoue. Des lignes, blanches, bleues,rouges, certes, mais aussi :

Nous la retrouvons vendredi soir. Nous avions aussi retrouvé Edith. Avec une roue crevée. Chacun ses galères. Pas de courses. Pas de gaz. Des pizzas, donc.

Le tour de table, déplacé à samedi matin, est chargé en émotions : parce que ce séjour s’annonçait déjà exceptionnel. Et parce qu’il s’est confirmé, au cours de l’accident : - une blessée qui sourit et qui plaisante alors qu’elle s’est auparavant évanouie de douleur et qu’elle estimait la note de celle-ci à ... 8/10 ...
- un petit jeune, 16 ans, Nathan, qui gère de main de maître l’urgence : habiller, réchauffer, sortir une couverture de survie,
- deux autres petits jeunes, Octave et Clément, qui ne comptent pas leurs efforts, ni leurs sourires, un vrai bonheur,
- une cohésion évidente quand on sait que chacun a agi dans le calme, a pris les bonnes décisions et a su patienter,
- des passagers impressionnés mais tournés vers les pilotes, s’inquiétant pour eux,
- un âne patient grâce à sa meneuse,
- un AEM, Matthieu, qui sait donner des consignes simples, claires, efficaces. Joyeux et impliqué, passionné de glaciers et sachant le partager, pro et pétri d’humanité.
- une intendante présente, qui a su nous régaler, toute en discrétion et en efficacité,
- des petits hommes en bleus venus enlever notre Laurène, tout en professionnalisme (et en hélicoptère)

Alors oui, ça se finit mal, difficile de dire autre chose. Mais cet accident, c’est aussi un groupe qui se soude durablement. C’est aussi se souvenir qu’il y a des gens solides dans ce monde, des gens sains. Et sans cet accident, l’aurions-nous vu à ce point ?

Tous, nous souhaitons que Laurène se rétablisse du mieux possible. Elle vise un séjour l’an prochain, et c’est tout ce qu’on lui souhaite dites donc !

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