Panorama sur la Cerdagne du 18 au 25 août

Après une belle série de séjours dans le Massif Central et les Alpes, difficile de ne pas aller randonner dans les Pyrénées même si cela représente un important déplacement pour notre véhicule. Pas facile d’enchaîner une semaine dans le massif des Ecrins, le retour au bercail pour l’âne Charlot et un long déplacement sur des axes routiers avec de nombreux bouchons. Pas de doute : les Pyrénées, cela se mérite !

Samedi 18 août
Au camping du Pla de Barrès, près de Font-Romeu dans les Pyrénées, les membres de la joyeuse équipe Handi Cap Evasion arrivent peu à peu. Il est 16h30, le ciel est bleu, le soleil brille et la troupe prend ses quartiers entre découvertes de nouvelles têtes et retrouvailles. A 18h, tout le monde est là … enfin presque : il manque Stéphane (le guide), Nora, Claire, Alain et le camion !! Ce sera donc apéro et dîner avec les moyens du bord :

-  Pas de verre pour le cubi ?
-  On n’a qu’à remplir la bouteille vide et se la passer !
-  Pas d’assiette pour le taboulé ?
-  Regarde comme ce couvercle de camembert ressemble à une écuelle !
Le ton est donné, à HCE, il n’y a jamais de problèmes, il n’y a que des solutions !
A 21h30, enfin, les voici, les voilà, le séjour peut officiellement commencer ! Comme il fait déjà bien sombre et que la nuit promet d’être claire, le premier campement se fera donc à la belle étoile.

Dimanche 17 août
Café, thé et chocolat réchauffent les aventuriers encore un peu groggy en cette heure matinale. Mais le soleil monte et il est temps de faire connaissance dans les règles avec le traditionnel tour de table.

Petit speech de Stéphane, montage des joëlettes, explications, démonstration et c’est parti pour la première journée de randonnée.
Au programme : balade le long de la rivière de la Têt dans ce que l’on appelle le « petit Canada » pour rejoindre le plateau de la Calme.

Le sentier forestier suit les bords de la rivière et constitue un terrain de jeu idéal, roulant mais avec quelques racines et cailloux, pour apprendre ou revoir le maniement de la joëlette. Le paysage s’ouvre soudain sur un plateau herbeux permettant de découvrir les massifs environnants. La balade se poursuit entre épicéas et pins à crochets sous l’œil vigilant des vaches qui se demandent bien à quelles bêtes étranges elles ont à faire. Une jolie montée dans les pierres permet de bien clôturer cette première journée.





**** Le Quizz de Stéphane ! ****
Question à 500€ : « Qu’est-ce qui différencie un épicéa d’un pin à crochets ? »
 La forme des pommes de pin, cône pour l’épicéa, crocheté pour le pin à crochets.

Bernadette aux fourneaux, un délice pour tantôt (Nouveau dicton HCE)
Nouvelle nuit à la belle étoile

Lundi 18 août
Au programme : une belle, grosse, bonne journée (sic Stéphane) avec traversée du plateau de la Calme et un peu de « free-ride » pour descendre à Dorres (sic Stéphane toujours).

C’est donc avec ces indications prometteuses que la troupe s’élance gaiement sur les sentiers en ce deuxième jour. Après un passage par la station Pyrénées 2000 des Airelles, la randonnée se poursuit sur le plateau dégagé avec une vue magnifique sur le Carlit, point culminant des Pyrénées Orientales (2921m). Un paysage de prairies sauvages et de collines se dessine tout autour. Les aventuriers HCE traversent la plaine salués par le son des cloches des chevaux en liberté, leur pelage miel brillant au soleil. « On se croirait en Mongolie ! » s’exclame Célia.



Absorbée par ces paysages de rêve, la troupe a pris un peu de retard sur le programme. Qu’à cela ne tienne, Stéphane improvise donc un nouveau parcours, Dorres, ce sera pour le lendemain. Accompagnateurs et passagers traversent haut la main le « free-ride » promis dans les herbes hautes du plateau pour rejoindre le camp de base et Bernadette.
Nuit à la belle étoile avec vue sur les orages dans la vallée espagnole.

*** Le Quizz de Stéphane ! ***
Question à 700€ : « Pourquoi cette couleur rouge sur les sommets au loin ? »
 C’est l’oxyde de fer qui donne sa couleur à la roche.

Mardi 19 août
Au programme : rejoindre Dorres et ses sources chaudes via le barrage d’Angoustrine.
Et aujourd’hui, bonne nouvelle, la troupe reçoit du renfort : bienvenue à Lynda !!
Tout est plat en cette matinée, ce qui permet à Lynda de prendre rapidement la main avec la conduite de joëlette. Le sentier herbeux suit un drôle de pipeline, ce qui donne évidemment lieu à une nouvelle session du Super Quizz.

*** Le Quizz de Stéphane ! ***
Question à 1000€ : « Que transporte cet énorme tuyau ? »
 De l’eau pour faire de l’électricité.



Au barrage d’Angoustrine, c’est l’occasion de s’offrir une baignade bien fraîche dans les cuvettes naturelles de la rivière. Après 4 jours sans douche, peu importe la température de l’eau, tout le monde se trempe allègrement !
Mais il faut hélas bientôt repartir pour rejoindre le point pique-nique. Le sentier s’avère être passablement boueux et en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « joëlette » tout le monde se est redécoré. C’était bien la peine de se laver ! De la boue, de la boue et encore de la gadoue ! Il paraît que c’est bon pour la peau remarque, quelqu’un sait si ça marche aussi sur les roues de joëlettes ?




Après un déjeuner revigorant et une visite de la petite chapelle avoisinante, la troupe repart sur les sentiers. La pluie s’invite au séjour à l’arrivée à Dorres, tout le monde se réfugie au bar, il faut bien se protéger n’est-il pas ?

Pour ce soir, il est temps de monter le marabout.

Mercredi 20 août
Au programme : trempette dans les sources chaudes puis direction Llivia pour une après-midi de visite du centre touristique.

Avec les bains en perspective, le rangement du camp n’a jamais été aussi rapide ! Si bien qu’à 9h tapante la joyeuse équipe est à l’heure pour l’ouverture des bains romains. Il s’agit de piscines aménagées près d’une source naturelle d’eau sulfureuse réputée pour avoir des vertus bienfaitrices.


Après 1h30 de détente, il est temps de se remettre en route. Le soleil cogne fort dans la vallée tandis que les joëlettes traversent champs et prairies jusqu’à atteindre Llivia en début d’après-midi. Cette enclave espagnole, retraite des riches Barcelonais, semble hors du temps. Murs de pierres taillées, allées sinueuses, hautes portes de bois sculpté, la ville est décidément pleine de surprises, la dernière étant un joli petit escalier pour atteindre le lieu du déjeuner ! Tout le monde s’y met et voilà les quatre joëlettes bien vite arrivées au sommet.






L’averse précipite le départ, et c’est dans un brouhaha de capes de pluie bariolées que tout le monde se réfugie au café pour un chocolat chaud réconfortant.

Après un petit transfert, la troupe s’installe près du refuge non gardé des Corones (1861m). La soirée débute avec une cueillette fructueuse de champignons. Dominique fait ensuite une démonstration de fakir pour une veillée particulièrement haute en couleurs : levée à 4 doigts, chants, canons et tirades mémorables.

Jeudi 21 août
Au programme : grosse journée en perspective avec 700m de dénivelé positif pour monter sur les crêtes puis 600m de dénivelé négatif pour redescendre au pied de la station, et tout ça avant les orages prévus pour 16h !

La randonnée débute par une longue montée soutenue via une route très fréquentée par les amateurs de champignons. Quelques heures plus tard, la troupe atteint la borne 504 qui marque le départ du sentier longeant la crête. C’est en compagnie des troupeaux de chevaux en liberté dans les plaines vallonnées que les joëlettes poursuivent leur voyage pyrénéen. Que de paysages fantastiques !



Au déjeuner, il est temps de prendre une photo de groupe avec l’étendard de l’aventure : « HCE, 30 ans, 30 sommets ». La météo et les aléas de la randonnée n’ont pas permis l’ascension du Puigmal mais l’aventure aura été belle, ce sera pour une prochaine fois ! Les côtes n’ont pas manqué, la troupe est arrivée en haut des crêtes et les paysages furent au rendez-vous. C’est ainsi que tout le monde repart avec le sentiment d’avoir ajouté une petite pierre à l’édifice.

La descente s’effectue tranquillement en suivant les pistes de ski de la station abandonnée du Puigmal.

*** Le Quizz de Stéphane ! ***
Question à 1500€ : Depuis combien de temps la station est-elle abandonnée ?
 Depuis 5 ans !

Pour les deux dernières nuits, tout le monde logera chez Stéphane, au gîte Disi Sioul. C’est le grand luxe : une terrasse avec vue sur les montagnes, des douches et un toit pour ceux qui veulent.

Vendredi 22 août
Au programme : pour ce dernier jour de randonnée, l’objectif est de partir de la gare de Las Cabanasses puis de descendre jusqu’à la gare de Fontpédrouse. La remontée s’effectuera via l’attraction locale : le petit train jaune.

Le sentier forestier, quoique magnifique, donne du fil à retordre aux aventuriers HCE. Mais après une semaine d’entrainement ce ne sont pas quelques racines et cailloux mal intentionnés qui vont les arrêter ! C’est ainsi que la dernière journée se déroule sans anicroche sous le soleil pyrénéen. Sous l’œil bienveillant du massif du Carlit, les joëlettes glissent le long du chemin tandis que les aventuriers profitent de ces derniers moments pour se baigner dans une fontaine ! Quelques accompagnateurs téméraires s’essayent même à la condition de passagers joëlette.

*** Le Quizz de Stéphane ! ***
Question à 2000€ : A quoi servaient les plateformes dans la forêt ?
 A faire du charbon !





La remontée s’effectue donc par le petit train jaune. Attraction de la vallée de la Têt et des Pyrénées catalanes, le « Canari » côtoie le vide pour relier Villefranche de Conflent à Latour de Carol. Ligne ferroviaire régulière la plus haute du monde, elle culmine à 1500m. La troupe HCE au complet profite de la vue imprenable sur la vallée, récompense bien méritée après une semaine de randonnée haute en couleurs !




Le séjour se termine en musique chez Stéphane, un moment hors du temps qui perdurera longtemps dans les mémoires.
A bientôt pour de nouvelles aventures !

PS : Maxime demande où il doit retirer ses gains du super quizz ?!

Extraits du tour de table de fin de séjour :

« On a bien marché. J’ai pu aider à la joëlette, à la corde mais aussi aux brancards, c’était super. » Pierre

« Il y avait une bonne énergie. Cela fait du bien de voir toutes ces têtes, tous ces âges. » Monique

« Merci. Le séjour était bien organisé, je n’ai même pas remarqué les changements de programme. Merci Bernadette pour la cuisine. Et c’était impressionnant de voir la cohésion de dans la difficulté. » Nora

« Chaque jour un lien se créait entre nous tous, c’était très fort. Merci Stéphane, merci à tous pour votre bonne humeur. » Mathilde

« J’apprécie toujours autant les séjours, le groupe était très sympa. » Brigitte

« Content du séjour et merci tout le monde. » Gilles

« Merci Stéphane de nous avoir fait découvrir ce bel endroit. On se souviendra des chemins caillouteux. » Guy

« Super séjour, dur physiquement mais de super moments, du partage et des échanges. » Claire

« J’ai adoré la nourriture, beaucoup de choses fraîches. Le groupe était sympa, convivial, il a super bien fonctionné. » Didier

« Content des rencontres et des retrouvailles. » François

« Très contente. Je suis stupéfaite de la richesse des personnalités rencontrées. Les séjours HCE revitalisent, avec du sang frais et ce mélange de 20 à 70ans. » Bernadette

« Merci à tous. Contente des rencontres, des moments magiques partagés. A bientôt. » Béline

« Ravi. Etonné de là où on est passé en joëlette grâce à un esprit collectif, de l’écoute, de l’entraide. Ce n’était pas juste une randonnée. Merci. » Noé

« Content. Quand on arrive on voit les têtes et on se demande comment ça va se passer. Et finalement une osmose se crée, qui grandit à chaque moment difficile. Cela me rajeunit, je reviendrai. » Dominique

« Bravo à tout le monde. Merci sinon on ne ferait rien sans vous. Vous avez très bien tiré ! Bravo à l’équipe franco-suisse ! » Claire

« Bon petit séjour HCE comme je les aime. Les passagers étaient très autonomes ce qui a laissé beaucoup de temps pour échanger, c’était très appréciable. Très belle osmose. Bonne énergie pour repartir au taf lundi ! » Maxime

« Cette semaine je me suis amusé. Il y a eu des chants, des activités. Merci à Bernadette d’avoir géré les repas en fonction de chacun. Merci à Stéphane pour le séjour. HCE me fait oublier les soucis du quotidien. Il n’y a que cette association qui mélange tout. Cela fait du bien à tout le monde. On se soutient. » Alain

« Très bonne ambiance. Merci Gilles pour tes blagues, Brigitte pour ta bonne humeur, Stéphane pour ton amour communicatif de ta région et Bernadette pour tes légumes en folie ! » Célia

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Balcons de la Meije du 11 au 18 août 2018

Cette fois, nous voici en Oisans, paradis des randonneurs et des alpinistes, plus précisément dans le massif des Ecrins.
Une semaine qui s’annonce pleine d’aléas avec un changement d’accompagnateur montagne, des désistements en série dans l’équipe quelques jours avant le départ, une météo capricieuse, un marabout qui manque à l’appel pour abriter l’équipe... Mais avec HCE, il y a toujours des solutions comme vous allez le voir avec le récit de Pierre-Marie.

1er jour
Et c’est parti pour mon 1er séjour HCE ! Matinée chargée entre la énième vérification du sac à dos, la préparation des pains d’épices pour partager avec l’équipe et celle du pique-nique pour ce midi… On stresse un peu mais bon on est surtout super excité à l’idée de rencontrer enfin tout le monde ! Avec une partie de l’équipe, nous nous retrouvons à la Gare de Grenoble avec notre guide Jean-Paul. Ce dernier est au volant d’une HCE-mobile chargée comme il se doit entre les affaires du bivouac, le marabout et notre brave destrier, Charlot. Ensemble, nous partons en direction du camping municipal de Villar-d’Arêne, notre camp de base pour le séjour. Arrivés sur place, on installe le campement, avec une vue magnifique sur la Meije et le Grand Galibier puis dès que notre intendant Willy nous rejoint, on prépare le repas et on lance notre premier apéro avec le traditionnel tour de table pour apprendre à se connaître.


2ème jour
Programme du jour : randonnée d’initiation à la joëlette. Jean-Paul nous fait un petit topo dessus et notamment sur la gestion de l’équilibre ainsi que la coordination entre les pilotes avant et arrière. Pour résumer : si on travaille bien, on travaille moins ! Nous installons nos passagers dans les joëlettes et partons sous un soleil radieux ! Nous partons sur un chemin roulant avec une vue magnifique sur la Meije. Depuis Villar-d’Arêne, notre objectif est de monter jusqu’à l’Aiguillon puis de revenir en passant par le Lac du Pontet.

Après avoir fait un bon bout de notre ascension, nous nous arrêtons à une bifurcation pour faire une pause-graine, première d’une longue série ! Nous repartons pour l’Aiguillon et attaquons une belle montée dans un champ, si belle que nous décidons d’y aller 2 joëlettes à la fois ! Les cuisses travaillent bien, les respirations sont profondes, on arrive en haut et on repart en bas chercher les 2 autres joëlettes. Beau travail d’équipe !







Arrivés en haut de cette montée (pour la deuxième fois, donc), le repas arrive à point nommé. Après le repas, montée plutôt courte mais intense pour aller en haut de l’Aiguillon. Nous redescendons ensuite jusqu’au Lac du Pontet par un chemin très intéressant : étroit, des lacets et quelques pierres nous permettent de travailler nos virages et manœuvres.


Au Lac du Pontet, nous ne résistons pas à l’appel de l’eau. La baignade est assez fraîche mais particulièrement revigorante ! Nous redescendons ensuite au camping. Pendant le dîner, Jean-Paul nous briefe sur l’organisation des 3 jours d’itinérance à venir. La météo s’annonce capricieuse dans l’après-midi, il faudra partir tôt (donc se lever tôt) pour éviter la pluie.

3ème jour
Après un réveil aux alentours de 6h, nous préparons et installons le petit-déjeuner à l’extérieur avec quelques âmes éveillées. Le temps que le reste de l’équipe arrive, les gouttes commencent à tomber. Les prévisions étaient peut-être un peu trop enthousiastes, nous sommes pris de court ! Les tables rentrées dans le marabout, nous profiterons de notre petit-déjeuner au sec. Après le petit-déjeuner, nous préparons néanmoins notre sac pour un départ éventuel en fin de matinée, à confirmer...

Quelques minutes plus tard, le verdict tombe : décollage en début d’après-midi, en espérant que la météo sera plus clémente. Sous le marabout, nous sortons donc les jeux de société et c’est parti pour la récréation ! La matinée se conclut par une promenade jusqu’au petit lac voisin. Après le repas, nous partons en voiture pour Le Chazelet, qui sera notre point de départ.

L’objectif de la journée est d’atteindre les Chalets de la Grande Buffe en longeant le Torrent du Ga afin d’y installer notre bivouac. Une surprise nous attend sur place... mais rien n’a fuité pour l’instant ! Après une courte montée, nous partons sur des lacets très roulants. Le contraste entre les bords du torrent, très rocailleux, et les prairies environnantes, très vertes, est sublime.






Nous arrivons au lieu escompté et la surprise est de taille : deux superbes yourtes nous attendent ! Nous aurons même accès à un four pour réaliser notre croziflette, re-baptisée « yourtiflette » pour l’occasion ! Les yourtes sont d’autant plus appréciées que la pluie reprend de plus belle ! Quand elle se calme, un arc-en-ciel nous redonne du baume au cœur. Guillaume et Sarah nous offrent alors un concert de fifre qui sera suivi de quelques chants avec Jean-Marie.






4ème jour
Ce matin, petit-déjeuner au soleil avec une très belle vue sur la Meije. Profitons-en, la météo s’annonce plus mitigée pour la suite. Nous partons ensuite en direction du Gros-Têt et, dès le début, ça grimpe (et sous un crachin absolument délicieux) !

Nous faisons une étape à La Cabanote, en peu en contrebas de notre objectif. Nous déposons quelques affaires et attaquons la montée pour atteindre le lieu du repas, donnant sur le Gros-Têt. La pente est raide : ce sera donc 2 joëlettes à la fois. Cependant, nous annulons les quelques kilomètres restants pour le sommet du Gros-Têt afin d’arriver plus tôt au lieu du bivouac et ainsi éviter la pluie pour l’installation.





Après le repas, nous prenons une photo de groupe avec la banderole HCE et une vue sur les Grandes Rousses. Nous redescendons ensuite pour récupérer nos affaires. Arrivés en bas, petite pause, artistique même pour Arthur qui revisite l’art mégalithique. C’est au son des fifres de Guillaume et Sarah avec « Bella Ciao » que nous repartons en direction du lieu du bivouac, proche du refuge des Moustiers sur le Plateau d’Emparis.



Nous déambulons donc sur les très beaux lacets du GR54 dans le marais du Rif Fort, où nous recroisons notre hôte de la veille, accompagné cette fois-ci de ses moutons. Arrivés à destination, nous nous attelons à l’installation du bivouac. L’air est frais, différentes stratégies sont mises en œuvre pour nous réchauffer : une soupe des plus bienvenues puis quelques danses bretonnes (ce soir c’est fest-noz !).




5ème jour
Réveil à la fraîche : la plupart des duvets de ceux qui ont dormi à la belle étoile ont gelé ! Charlot se charge de réveiller les moins matinaux. Nous rangeons le bivouac et repartons pour le Col du Souchet. L’ascension est assez raide. Pause-graine à l’arrivée avec une vue magnifique sur la Meije. Nous bifurquons ensuite en direction de l’itinéraire des lacs. Quelques lacets nous permettent de rejoindre le Lac Noir en passant à côté du Lac Cristallin. Au Lac Noir, nous en profitons pour piquer une tête (à quasiment 2800m d’altitude, ça n’a pas de prix !).

Repas puis sieste au soleil pour recharger les batteries avant de repartir pour notre point de départ, au Chazelet. Nous nous lançons donc pour une belle phase de descente. La présence de nombreuses pierres rend le tour du Lac Noir assez épique, des cyclistes nous prêtent main forte pour la plus grosse marche. Nous arrivons rapidement au Lac Lérié mais ne nous attardons pas sur place.








La descente qui suit est accompagnée d’une petite frayeur car une soudure (vitale) de la joëlette de Ludo nous lâche. Une réparation de fortune à base de scotch et de corde nous permettra de finir notre trajet dans de bonnes conditions (enfin, toujours un œil sur ladite réparation quand-même...). Le passage un peu technique d’un gué nous permettra d’en valider la solidité. Quelques randonneurs et trailers nous aident pour ce moment.

Nous poursuivons notre route jusqu’au haut du « Sentier des Mules » qui nous offre une superbe vue sur le Chazelet. De là-haut, nous arrivons d’ailleurs à distinguer le camion HCE. Après ce petit intermède, c’est parti pour la descente finale. C’est bien technique, l’amusement et la concentration sont à leur paroxysme ! En bas, une petite montée (un peu dure car on en a plein les pattes) clôture la journée. Nous rentrons ensuite au camping de Villar-d’Arêne.

6ème jour
Après une bonne nuit de sommeil, nous re-préparons nos affaires pour deux jours d’itinérance avec une étape au Refuge des Alpes de Villar-d’Arêne. Pendant que nous préparons les affaires, Pauline sympathise avec un couple d’étudiants américains, attirée par le son de la guitare du garçon : magnifique moment d’émotion lorsque nous finalisons nos préparatifs au son de Radiohead.

Nous partons ensuite en direction du Refuge de l’Alpe par le GR54. Les premiers kilomètres longeant la Romanche sont très roulants. Nous passons un gué par un pont de pierres. Puis c’est parti pour une montée aussi technique que tonique. Nous enchaînons les pierres, les marches, les virages serrés. Des randonneurs et trailers nous aident pour certains passages délicats. Un couple de lyonnais nous suit même jusqu’au sommet. Arrivés en haut, nous faisons notre pause repas.





La vue est incroyable. La fatigue se fait ressentir au sein de l’équipe. Heureusement le refuge est visible de là ! Nous ferons néanmoins une petite sieste sur place. L’après-midi s’annonce plutôt calme. Une petite heure de marche nous permet d’atteindre le refuge. De plus, nous avons une très belle vue sur la Romanche au creux de la vallée ainsi que sur les sommets entourant le refuge, et tout ça sous un soleil magnifique.





Nous arrivons donc en milieu d’après-midi au refuge où nous commandons un petit verre (et même une petite part de tarte pour Pauline). La bière ambrée locale est des plus agréables. Suite au repas, nous projetons un film sur l’association puis un documentaire sur une ancienne édition de notre randonnée (où nous apercevons Jean-Paul avec 6 années de moins, ce qui suscite quelques taquineries...) en compagnie d’autres clients du gîte. Tout le monde est captivé.

7ème jour
Ce matin, Niels, garde-moniteur du parc national des Écrins, se joint à nous pour la journée. L’objectif du jour est d’aller au Col d’Arsine. Avant la randonnée, Niels nous fait profiter de sa longue-vue pour observer des chamois se trouvant sur le massif en face du refuge, appelé (très étonnement) « pic de Chamoissière ». Notre guide nous livre alors un certain nombre d’explications sur les chamois.

La randonnée matinale se fera finalement à 3 joëlettes, Pauline étant très fatiguée. Nous partons donc pour une montée assez raide suivie d’un replat. Sur ce dernier, Niels nous parle avec passion de l’environnement local, ses connaissances semblant aussi pointus sur la faune que sur la flore. On évoque les conséquences envisagées du réchauffement climatique et notamment sur la fonte des glaciers. Nous parlons également des traditions locales, telles que la Fête du Pain Noir. On se rend compte de la rigueur des conditions que les anciens habitants du coin ont pu traverser.



Suite à cela, nous repartons en direction du refuge car le col et le lac d’Arsine semblent peu accessibles à cause des conditions météo. Dans la descente, certains d’entre nous discutant avec passion en oublient de traverser le cours d’eau au niveau du pont. Le passage se fera finalement en aval, les pieds dans l’eau !

Arrivés au refuge, nous profitons des derniers rayons de soleil pour manger en terrasse. Après le repas, nous ne tardons pas à partir afin de réduire notre temps de trempage, d’autant plus que la belle montée de la veille avec ses pierres et marches saillantes est donc devenue une belle descente, pouvant être une vraie patinoire avec la pluie. Malgré ces conditions difficiles, l’excellente adaptation de l’équipe permet de s’en sortir avec brio : on y va progressivement, avec finesse : c’est dans ces moments-là que l’on réalise les vertus de la patience !

Arrivés au camping, le ciel se dégage et c’est l’heure de l’apéro : la joie se lit sur nos visages. En parallèle, on prépare un couscous et un tiramisu : très bonne soirée en perspective ! Pendant le repas, tandis que nous nous délectons avec ces mets, nous en profitons pour faire un tour de table afin de rendre compte de notre expérience. Les nouveaux parlent d’une surprise, les anciens évoquent la magie HCE mais au final tout le monde est unanime : quel esprit de groupe et quelle énergie ! Merci à tous !

Dernier jour
Levés avant le soleil, nous préparons nos affaires avant de nous séparer. Suite au petit-déjeuner, nous replions le Marabout et rangeons tout dans le camion. Les au-revoir sont très durs mais on se rassure en se disant que c’est pour mieux se retrouver dans un nouveau séjour, et au plus tôt de préférence !



Le rendez-vous est d’ailleurs pris pour l’AG qui se tiendra à Vénissieux en novembre !

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Massif du Mont Thabor du 04 au 11 août 2018

Cette belle aventure racontée par Sandrine se situe entre Maurienne et Briançonnais, tout près de l’Italie. Un défi digne des 30 ans de l’association avec l’ascension du Mont Thabor (géant de pierre qui culmine à 3178 m), une équipe de choc, un mulet qui assure, un accompagnateur en montagne qui relève le défi ... tout était réuni pour une semaine exceptionnelle d’amitié, de partage, d’efforts, dans un décor inoubliable.

1er jour :
Arrivés à Modane, alors que nous venions de quitter des chaleurs frôlant les 40°C, nous voilà nez à nez sous une pluie battante ou plutôt j’ose dire, un rideau de douche, des éclairs et surtout de la fraîcheur en perspective, puisque le thermomètre de la voiture annonçait 12°C.
Bonjour le choc thermique ! Mais heureusement cela ne durera pas…
Nous voici au lieu de rendez-vous à Valfréjus, tout à fait au bout de la station, au lieu-dit « le Lavoir », à côté d’une ancienne caserne militaire transformée en fromagerie, ou chacun s’installe avant de passer aux choses sérieuses : L’APERO ! Avec comme à chaque début de séjours : présentation du groupe et topo du séjour présenté par Aurélien, qui sera notre guide de la semaine (Accompagnateur en Montagne).

2ème jour :
Journée de mise en forme avec l’ascension de la Combe des Roches en passant par le col de la Replanette avec un équipage de choc et qui se révélera très rapidement être en Or !
25 personnes, dont 4 joëlettes pour 4 « passagers » admirables (Sophie, Roxane, Alex et Sandrine), 2 « non-passagers » tout aussi admirables (Lénaïk et Sabine).
Puis, traversée jusqu’au refuge du Mt Thabor (2500 m d’altitude) ou chacun apprend vite à se connaître, une belle inertie de groupe se forme comme si nous nous connaissions depuis toujours.

Découverte du refuge, dont pour certains (les plus courageux) se baignent au lac de Ste Marguerite, situer à l’arrière du refuge, histoire de se rafraichir. Et pour d’autres se sera partie de pétanque, relax sur un transat et pour finir séance d’étirements et de relaxation par notre coach accompagnateur actif Vincent. Dans la soirée, nous avons eu la bonne surprise de voir arriver Antoine, un accompagnateur supplémentaire non négligeable et bien apprécié afin de donner un grand coup de main pour l’ascension du Thabor.


3ème jour :
Après une nuit bien méritée, lever aux alentours de 6h (hum, ça pique !) pour une grosse journée avec la montée au col des Méandres (2750 m d’altitude). Montée très technique et peu roulante. Mais rien ne fait peur à notre joyeuse troupe, d’une solidarité inconditionnelle ! Quelques pauses graines s’imposent, pour recharger les batteries de tout ce petit monde non loin du Lac du Peyron. Des paysages et des passages à vous couper le souffle.






Enchainement de sentiers vertigineux et de pierriers, mais nos passagers et nos marcheurs gardent le sourire tellement la faune et la flore restent magiques. Encouragement de nos passagers, fort appréciés par nos accompagnateurs et enfin, nous voici, arrivés au col des Méandres au pied du Mont Thabor pour un repos et un pique-nique tant attendus. Quelques-uns s’autorisent une petite sieste le temps de la digestion, d’autres s’affairent à installer le campement avant que l’orage arrive : il est temps de bivouaquer !





N’oublions pas notre séance d’étirement coachée toujours par Vincent.
Après l’effort, le réconfort…
Vite, vite, quelques gouttes puis l’orage nous gagne, à la queue leu leu, nous nous frayons chacun une place sous la bâche espérant que ça ne dure pas… Alors pour passer le temps, chacun doit proposer un jeu (cartes, jeu d’énigmes, chants etc…), dont un qui nous poursuivra jusqu’à la fin du séjour « Ping » (Elodie) « Pong » (Christine) « Pang » (Esther). Elles se reconnaitront…
Pendant ce temps, Vincent le caméraman prévu pour filmer notre ascension, nous a rejoint et fera petit à petit connaissance avec le groupe.
L’heure du repas se fait sentir et Lionel (l’intendant au séjour) ne l’oublions pas et ses commis commencent à préparer les victuailles. Puis, chacun s’installe sous la bâche, afin de passer la nuit. La météo devrait s’améliorer pour le GRAND jour…

4ème jour :
Voilà LA journée de la semaine tant attendue, avec l’Ascension du Mont Thabor perché à 3178 m d’altitude. Une première pour HCE ! Et grand beau temps au réveil WAOUH !! Toutes les conditions sont réunies pour cette aventure exceptionnelle avec un seul et même but : atteindre le plus haut sommet jamais accompli jusque-là en France, en joëlette. Montée très technique et peu roulante. Nous voici partis cette fois, sans Mainon notre mulet qui restera à surveiller le campement. Toujours en présence de notre caméraman, Vincent. Mais quel est ce drôle d’oiseau qui vole au-dessus de nos têtes… ? Mais c’est un drone… Il nous suivra tout au long de notre parcours.

Pierriers, marches, dévers sont bien sûr au rendez-vous. Un vrai challenge que nous réussirons avec succès ! Au départ, comme une mise en bouche, Il y a de courts passages avec des marches taillées dans le rocher et 2 mètres sur un caillebotis métallique à traverser (garde à ceux qui ont le vertige !).

On passe plusieurs croix plantées le long du chemin, avant d’arriver au sommet ultime. Tout le monde avance chacun à son rythme. Lénaïk et Sabine, nos deux « non-passagers » mais marchantes suivent avec succès le groupe. Nous sommes tous admiratifs devant une telle ténacité à vouloir embrasser le sommet, tout comme le reste du groupe ! Tout se passe à merveille, ce qui fait le grand bonheur d’Aurélien. Nous contemplons la vue. Peu à peu, nous nous approchons de la chapelle du Thabor, mais avant ça nous devons traverser un névé de neige de quoi faire monter l’adrénaline, mais non pensez-vous.... Passage sans trop de difficulté pour ses accompagnateurs chevronnés même pour nos deux nouvelles recrues : Christelle et Anne-Sophie sans oublier nos deux petits jeunes : Théo et Antoine « juniors » (17 ans) toujours prêts et volontaires.




Et nous voilà comme transportés dans les airs au sommet du Mont Thabor. Juste un détail nous sommes montés seulement en 2h15. Incroyable, quelle équipe de choc !!! Nous prenons vite la pose pour la photo de groupe pour les 30 ans d’HCE. Heureux d’avoir atteint notre objectif. Quelle joie d’arrivée là-haut et quelle émotion ! On se sent vraiment tout petit face à l’ampleur de la vue qui s’offre à nous : un panorama sur 360°C. Pour le plaisir, Roxane, Alex et Sandrine font le trajet aller/retour -> chapelle jusqu’à la pointe du sommet à pieds.








Il est temps de redescendre par le même itinéraire au campement où notre pique-nique nous attend sans oublier, Mainon qui sera heureux de nous revoir à l’arrivée. Puis, très longue descente jusqu’au prochain bivouac à mi-chemin du bas de la Vallée étroite (petit changement de programme qui fut apprécié par tout le monde) longeant un petit ruisseau jusqu’au campement. De la verdure et une belle végétation. Quelques vaches sur notre parcours nous regardent dévaler les sentiers…

Nous voici sur notre lieu de campement au pied d’un ruisseau qui nous servira pour faire un brin de toilette (glagla…). Nous sommes heureux d’arrivés et apprécions la végétation. Soirée animée autour du feu, ce soir se sera merguez partie Olé !!!





5ème jour :
Réveil en douceur pour une journée de récupération avec une promenade improvisée par Aurélien dans la vallée, ponctuée par la découverte du Lac Vert, un joyau d’une couleur rare et préservé dans son écosystème. Traversée du village des Granges de la Vallée Etroite pour rejoindre le camp de base par les pistes. Tout finira par une course entre joëlettes jusqu’à l’arrivée entre Sophie et Sandrine, Alex lui a préféré marcher sur les derniers mètres pour se dégourdir un peu les jambes, suivi de près par Roxane et Lénaïk.






Préparation ensuite du repas avec au menu une tortilla améliorée, d’un peu de bière et pour finir un anniversaire surprise pour Théo qui soufflera ses bougies pour fêter ses 17 ans. La soirée se terminera au coin du feu alimenté par nos deux plus jeunes accompagnateurs (Théo et Antoine), avec musique improvisée par Aurélien, Quentin et Matthieu notre joyeux luron qui alimentera nos fous rires collectifs avec ses histoires drôles. Un sacré personnage qui m’hérite d’être connu ! Il y a même Christelle qui s’improvise une danse Africaine. Que de fous rires partagés entre tous…

6ème jour :
Petite journée avec la remontée au Col de la Vallée étroite. Sentier plutôt roulant mais au départ bien pentu et arrivée sous la pluie au refuge du Thabor (acte 2) pour pique-niquer ! Après-midi détente puisque la pluie se déchaîne, sieste pour certains, jeux, lecture… Jusqu’au programme de la soirée : repas servi par les hôtes du refuge. Lionel pourra à son tour apprécier ce moment, un peu de répit ça fait pas de mal ! La soirée s’achèvera par une belote partie et autres jeux de cartes avant de s’endormir profondément. Nous avons même droit à un bras de fer entre Elodie et Sabine, notre championne de France d’escalade s’il vous plait et oui ! De l’énergie à revendre et un rire communicatif, un vrai bout en train !!!


7ème jour :
Réveil en douceur, puisque aujourd’hui nous redescendons au camp de base : « le Lavoir » sur Valfréjus (ça sent la fin, sniff…). Mais avant ça, nous profitons d’une dernière balade en faisant le tour du lac Rond et du lac Long qui entourent les lacs de Ste Marguerite au-dessus du refuge (merci Roxane pour tes infos…). Il y a même Félix (le plus courageux) qui se jette à l’eau... Puis, nous rebroussons chemin en prenant un peu de hauteur comme si nous ne voulions pas quitter ces belles montagnes et prenons les dernières photos le temps du pique-nique.

Arrivés à l’ancienne caserne, certains souhaitent faire un « semblant » de décrassage dans le ruisseau (seul possibilité de se laver durant tout le séjour) et pour d’autres se sera le temps d’acheter quelques produits du terroir à la fromagerie.
Après quoi, nous nous installons autour de la table et buvons à notre victoire !!! Un tour de table pour débriefer de la semaine, c’est généralement le passage de quelques larmes. Un moment intense en émotion. Mais heureusement, Mathieu est là et donne le mot de la fin qui fait rire aux éclats tout le monde bien évidemment !





8ème jour :
C’est le moment des « au revoir », embrassades tour à tour et petit à petit le groupe se sépare dans la fraîcheur matinale (8°C vers 9h30). Le retour à la civilisation va être rude !!!

Je conclurai seulement en reprenant une phrase que Christelle (accompagnatrice active, pour qui se fut son premier séjour HCE) et qui a très bien écrit en synthétisant notre Aventure : « …Se fût une Aventure humaine exceptionnelle à laquelle j’ai eu la chance de participer… Encore une fois, merci la VIE !!! »

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Haute-Ubaye - 28 juillet au 4 août 2018

Et pour la Haute Ub’aïe, atchik atchik atchik, aïe aïe aïe !

La Haute Ubaye, on m’avait dit : « tu vois le Club Med ? ben c’est pareil mais en mieux »
Alors ni une ni deux, je suis allée sur le site du Club Med et je me suis dit que la description augurait de bonnes vacances en perspective.

« Le but dans la vie c’est d’être heureux ; le moment pour être heureux c’est maintenant et l’endroit pour être heureux c’est ici. », […]. Les plus beaux endroits de la planète, mille cultures à découvrir, le plaisir du plein air, les émotions du goût et le sens du partage : voilà la trame sur laquelle nous vous composons les plus belles vacances possibles. » et puis, plus loin : « Pour vous aider à mieux déconnecter et vous reconnecter, nous avons inventé le all inclusive, un forfait comprenant tous les ingrédients des vacances rêvées. Le transport, le transfert, l’hébergement et des repas savoureux, mais aussi toute une gamme de services attentionnés pour vous. Pas de stress. Pas de contraintes. Juste le bonheur de la spontanéité retrouvée. ». Club Med

Pas d’hésitation, je m’inscris si c’est encore mieux que ça !

Tout commence donc sous un marabout monté à la hâte avant l’orage qui approche. L’arrivée de Christophe, notre serre-file en chef, marque le début des festivités.
Un début rafraîchissant et glissant pour toute la troupe !
Particulièrement glissant pour Victoire, dont le pied marin n’a pas résisté à la liqueur d’échalote Vendéenne, résultat : une virée nocturne aux urgences de Briançon pour Victoire, Pierre-Alain et Pauline, deux points de suture à la clé et un coucher à l’aube.
Un début rafraîchissant et glissant qu’on vous disait !
Le lendemain, la météo incertaine incite Yannick, notre G.O., à repousser la journée d’initiation au 3e jour et à commencer "dré dans l’pentu". L’apprentissage de la joëlette « Flexion, piqué du bâton, extension » ce sera pour mercredi !

Le dimanche, nous nous engageons donc vers notre premier bivouac.

Le temps est impeccable (Club Med oblige) tout comme les 700 mètres de dénivelé au cours desquels les biceps de Libert sont mis à contribution grâce au pédalier (le coup des 700m c’était écrit en petits caractères dans le programme non ?), mais cette petite fatigue passagère est balayée par une baignade dans une eau couleur lagon à la température parfaite (environ 13°C qu’y disait le dépliant). Une bonne partie de la troupe, y compris Julie la warrior, y ont barboté.

La nuit en bivouac qui s’ensuit, au milieu des edelweiss qui nourrissent l’émerveillement de notre botaniste Michèle, est étoilée et revigorante.

Le lundi, fin de la montée pour atteindre le lac aux neuf couleurs.


L’évolution de la température étant inversement proportionnelle à l’altitude, les prétendants à la trempette se font plus rares… La descente de l’après-midi finit de décimer les troupes et le matériel : un brancard vrillé, une joëlette cassée et un Charlot épuisé, un beau palmarès !

Pour éviter les courbatures, Benjamin nous régale de sa spécialité rémoise accompagné de ses petits toasts, Camille nous prépare une entrée alliant l’esthétique au gustatif et Christiane prend ensuite la relève avec du poisson frais accompagné de ses pommes de terre, et puis en dessert, des glaces ! Le all inclusive c’était donc ça !

Le mardi, comme tous les matins, notre G.O. nous réveille au son de son bol chantant tibétain. Aujourd’hui, gros challenge : récupérer tous les défauts des deux premiers jours au cours d’une petite balade débonnaire en forêt. L’activité détente (« grosse sieste ») prévue dans le programme à midi est elle aussi la bienvenue.

Le soir, la rencontre fortuite de Francis le roi du pastis (et accessoirement de la soudure) permet à Yannick, moyennant deux tournées, de réparer la joëlette cassée. Pour fêter ça, une petite soirée guitare et dégustation de spécialités en tous genre (un chocolat chaud aux effets surprenants pour Anne-Emmanuelle et Lise, le rhum mémorable de Thomas), est l’occasion de balayer un large répertoire concocté par Nicolas. Ça chantait à tue-tête, encore et encore, et ça se grattait fort, parce qu’il en faut peu pour être heureux ! Et puis, comme le dit tonton Pierre-Jean, alias Pièce Jointe pour les intimes, pour affronter une foutue pente rien ne vaut une bonne descente.

Le mercredi, le réveil est difficile et la pente raide ! Les muscles se crispent, et la pluie pointe le bout de son nez dans la montée de la mort qui tue finale. L’arrivée au col est mémorable, la pluie, le vent, et puis finalement l’orage s’abattent sur la bâche tendue à la va-vite.

Chacun essaie d’une main de manger ce qu’il peut et de l’autre de maintenir la bâche au-dessus de sa tête, et puis c’est reparti au milieu de l’orage qui nous tourne autour (alors là j’ai pas bien compris à quelle activité ça correspondait dans le fascicule du Club Med, en tout cas c’était pas dans la section détente). L’orage laisse finalement la place à un petit soleil réparateur une fois que nous sommes arrivés aux baraquements de Viraysse où nous établissons nos quartiers et posons nos fesses.

Certains optent pour une nuit sous la bâche, d’autres choisissent la chaleur poussiéreuse des baraquements, mais toujours dans la bonne humeur, les gloussements d’Elodie l’attestent jusqu’au bout de la nuit. Matthieu, armé de son sourire et de son rire communicatifs, fait des siennes, elles ont bon dos les pauvres araignées du fort, n’est-ce pas Matthieu !

Le jeudi, toujours le bol chantant tibétain (le Club Med quand ils ont trouvé un bon filon ils l’exploitent à fond, enfin bon) pour nous entraîner jusqu’à la Tête de Viraysse. La vue est spectaculaire, imprenable, ça vaut bien une petite photo des 30 ans un tel panorama !

La descente vers Larche qui s’ensuit est efficace, rondement menée, et terminée juste à temps pour éviter l’humidité dans les pentes raides.

Le montage du marabout quant à lui n’échappe pas à la mare à boue mais c’est de courte durée et c’est finalement sous un ciel clément que la soirée se termine.

Le vendredi, une petite incursion dans le parc du Mercantour, sur un terrain plus que balisé et parsemé de gardes du parc déguisés en marmottes, est l’occasion de se détendre. Pas de stress. Pas de contraintes. Juste le bonheur de la spontanéité retrouvée.

Ben oui c’est ça un séjour Handi Cap Évasion. Ce séjour qui s’est terminé entre pleurs et éclats de rires et ces moments magiques que l’on a partagés (merci à ta maman Matthieu de nous avoir offert ce moment de communion collective autour de ta belle tignasse noire) ont été très justement décrits par Guy au cours du tour de table final. Il me semble que la citation suivante de Tchouang Tseu résume assez bien tes mots : « Avec trop on se perd. Avec moins on se trouve. »

Et bah en tout cas on s’est tous très bien trouvés, ça c’est sûr. Et on remettra cela avec grand plaisir, ça c’est sûr aussi ! Je vous embrasse tous très très fort !

Et pour clore cette semaine de partage (là-dessus le dépliant il enjolivait pas les choses, je dirais même qu’il sous-estimait un peu le truc), Nathalie et Sébastien nous ont régalé de leurs talents, en interprétant une petite chanson reprise en cœur (Francis si tu nous entends, on a pensé très fort à toi pendant cette semaine) :

D’abord des gens qui se rencontrent
Des gens des 4 coins de France
En route pour de nouvelles aventures
Sur les chemins de la Haute Ubaye
Et ça monte encore et encore
C’est que le début d’accord, d’accord
L’instant d’après, le temps se déchaîne
Les gouttes grossissent comme nos cuisses
On se retrouvera jamais seul
A bondir aux claquements de la bâche
Et la pluie tombe encore et encore
L’orage gronde, d’accord, d’accord
Une joëlette vient de tomber
Dans le vide Matthieu s’est jeté
Tous les morceaux à ramasser
Yannick adore les ressouder
Ça casse et recasse, encore et encore
Mais on continue d’accord, d’accord
Tu comptes les mètres qu’il te reste
Tu sens le parfum de tes chaussettes
Tu confonds ton caleçon et ta casquette
Le PQ avec ta serviette
Et ça pue toujours encore et encore
L’déo n’y fait rien d’accord, d’accord,
Le groupe s’est soudé à coups de caillasses
On a transpiré, monté, dérapé
Adieu vaisselle grasse et lèvres fendues
Adieu chaise WC et chaussures mouillées
Mais on reviendra encore et encore
A l’année prochaine d’accord, d’accord.

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Les Balcons du Mont Blanc - 21 au 28 juillet 2018

Passée la ville de Chamonix, nous voilà dans le brouillard, la brume, les averses. Cécile et Isabelle sont déjà sur place. Très vite arrivent Sylvie, habituée à un séjour l’an dernier, Sabine qui avait partagé un week-end il y a quelques années, Rodolphe qui encouragera les accompagnateurs de la voix et du geste, et Arnaud, familier des séjours depuis bien des années. Frédéric nous rendra d’immenses services en prenant soin de Charlot qui, comme tout un chacun, a ses humeurs et ses caprices.
Merveille et Vlera, lycéennes , ainsi que Fanny, Virginie et Antoine participeront activement à la vie de ce séjour.


Repas chaleureux suivi du traditionnel tour de table ; pas si facile pour se reconnaitre entre les Jean Pierre, Luc, Claude, Paul… Un vaste hangar bien aménagé nous permettra des retraites précipitées.

Ce dimanche, c’est la mise en route sur le camping sous l’œil intéressé et curieux des campeurs : Déplier, béquiller, débéquiller, équilibrer, être à l’avant, à l’arrière, dans la corde etc…

Après le passage en gare, nous partageons un sentier avec des trailers en entraînement ou en épreuve. Nous les quittons pour partir en direction du Planet. Étonnement ! Face à un petit pont de bonne facture, Charlot se refuse tout net de franchir le torrent sur ces planches ajourées. On a beau tirer, pousser, encourager, contraindre l’animal, rien n’y fît.

Est-ce l’étroitesse du pont, les jours entre les planches, la bâche étendue sur le sol, les vêtements et autres oripeaux accrochés pour dissimuler les parapets, il faudra se résoudre à l’évidence et faire faire à Charlot un détour pour se retrouver au Planet.



Ce lundi les prévisions météo annoncées sont sures : on va donc mettre à profit ces deux jours pour, face au Mont Blanc, monter aux chalets de Chailloux et au Plan Benoit où nous dresserons le bivouac.
Nous nous retrouvons à Bettey (La Flatière), les uns par le petit train, les autres avec le véhicule Handi Cap Évasion. Sabine tient tête à un contrôleur qui trouve que les billets ne sont pas en bonne et due forme.
Un sentier nous invite à monter au Plan Benoit. La partie Chalet de Chailloux-Plan Benoit se révèle difficile. Il faut prendre l’itinéraire le plus adapté, solliciter l’aide de généreux touristes sur un passage redoutable… et enfin nous sommes en mesure de dresser notre bivouac.
Beaucoup regardent le sommet des Aiguillettes des Houches. Rêveurs puis envieux, ils font timidement part de leur désir de monter sur ce sommet.
Quelques-uns grimpent en reconnaissance. On les suit du regard. De retour, l’ascension leur parait possible. Pourquoi ne partirait-on pas très tôt pour prendre le petit déjeuner là-haut, avant l’arrivée des touristes ? Échange autour du feu. La décision est prise : on ira voir le lever du soleil là-haut.



Même les plus profondément endormis voient des ombres se mouvoir autour du bivouac. C’est l’heure de se lever, de retrouver sa joëlette et son équipage. A 6 heures, à travers les hautes herbes trempées de rosée, nous allons rejoindre le sentier qui nous conduira au sommet des Aiguillettes des Houches. Les premiers lacets sont amples. A mi-chemin, on décide de monter les joëlettes une par une, ce sera mieux pour le moral des passagers et pour la dynamique du groupe. C’est ainsi qu’à 8 heures (comme prévu) tous seront au sommet. Seul Charlot exprimera sa déception et les oreilles dressées, braira depuis le bivouac où il est resté attaché.
Magnifique panorama face au Mont Blanc, Joyeux petit déjeuner préparé par Isabelle. Photo pour immortaliser cette première, particulièrement à l’occasion du 30° anniversaire de Handi Cap Évasion.










A 9h30, nous finissons de plier le bivouac, et c’est la descente dans la vallée via le petit lac noir.

Bis repetita…

Ce mercredi, météo moyenne. Sommet initialement prévu : l’Aiguille des Posettes. Montée d’abord raide, pour se consoler on parle de « rythme récupération active ». Nous franchissons deux petits ponts sans difficultés. Il n’en est pas de même pour Charlot. Solidement campé sur ses pattes de derrière, l’animal reste coi devant tous les encouragements, menaces, intimidations. Même le débâtage n’a aucun effet. On essaye un passage un peu plus en aval. Rien n’y fait. Le temps passe. On rejoint les participants avec le pique-nique puis retour pour « récupérer » Charlot et le décider à nous suivre jusqu’au camp. Surprise, il acceptera le bât et les sacoches.
Arrivé à la Poye, nous optons pour le sentier qui double la route mais épouse tous les creux et bosses du relief. Passages étroits, pentus souvent en dévers avec des lacets extrêmement serrés. Nous sommes tous sollicités pour participer à cette ascension. Et, qui nous a suivis sans encombre, Charlot bien sûr que nous voyons émerger au sommet de la côte !

Ces deux derniers jours, départ à pied du camping jusqu’au hameau de la Poyat pour ensuite rejoindre celui des Granges. Pique-nique et sieste dans un lieu magnifique. Poursuite sur une piste rude et longue. Chaleur étouffante. Sur les alpages de Loriaz, nous nous arrêtons sur l’emplacement d’une ferme balayée naguère par une avalanche. Panorama exceptionnel face aux Aiguilles d’Argentière et celles du Tour, tant au lever qu’au coucher du soleil….










Montée à la Croix de Loriaz et descente vers le vallon de Berard dont nous longerons le torrent jusqu’à sa cascade. Retour via le chemin des diligences.



Dernière soirée, dernier échange. Émotion et simplicité. Quelques- uns nous rappellent leur émotion du premier jour : « qu’est-ce que je fais ici ? ». Entraide dans les tâches diverses et variées qui permettent la connaissance réciproque, soins à la personne, efforts pour se comprendre, échanges d’activités. Finalement ils laissent entendre qu’un autre séjour pourrait bien être le bienvenu.


Merci à tous, d’abord à Cécile pour son dynamisme et son entrain, à Isabelle pour sa bonne humeur, son efficacité et son organisation des bivouacs et à toutes et tous pour le bon déroulement de cette semaine. A bientôt sur d’autres chemins ?
Le temps passe disait-on ! A propos, le camping a organisé une soirée dansante. Faudrait pas manquer ça !

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